‹ Les négociations du président Jeannin (volume 2)Chapitre 2 sur 12 · AVIS DU LIBRAIRE · texte numérisé non relu

AVIS DU LIBRAIRE

En réimprimant cette nouvelle édition des Négociations du président Jeannin , il nous a paru nécessaire de la collation* ner sur les manuscrits de la bibliothèque du Roi. Notre travail n'a point été infructueux : non seulement il nous a fourni l'occasion de corriger un grand nombre de fautes graves , ainsi que Ton pourra s'en convaincre par Y erratum qui suit le présent avis , mais il en est résulté une découverte fort importante. En effet , aucune des éditions des Négociations du président Jeannin n'est complète. Il y manque toute la correspondance depuis le 25 novembre 1607 jusqu'à la fin de l'année. Cette lacune coupe la correspondance diplomatique précisément à l'époque où elle offre le plus d'intérêt , c'est-à-dire- lorsque Henri IV est sur le point de former une ligue avec les Etats des Provinces-Unies.

Nous avons lu avec attention la partie restée inédite jusqu'à ce jour , et nous croyons pouvoir affirmer qu'aucune raison de politique n'a pu dans le temps en interdire la publication. Un fait incontestable c'est que cette lacune existe dans toutes les éditions de Jeannin ; mais cornaient l'expliquer ? Il n'en est parlé dans aucune bibliographie, pas même dans la Bibliothèque historique du pèreLelong, si riche en remarques de ce genre.

Il est probable que la partie assez considérable qui manque a du former à elle seule un cahier du manuscrit , que ce cahier a été perdu , que l'impression n'a pas laissé d'être continuée , et que l'ouvrage a été mis en vente sans que l'imprimeur Le Petit se soit peut-être aperçu qu'il étoit tronqué. Ce qui donne du poids à cette conjecture , c'est le peu de soin qui , en général , a présidé à l'exécution typographique. H n'est pas une seule page où l'on ne trouve des phrases t. i3. a

ij AVIS BU LIBRAIRE.

qui n'ont aucun sens raisonnable ; vice qu'on a pu jusqu'à présent attribuer à l'obscurité du langage du temps , mais qui vient le plus souvent de fautes d'impression. C'est ainsi qu'on a mis connaître pour consiste ; imposés pour imputer; du trafic pour de celui; bientôt pour bien fort, etc. , etc. Toutes ces fautes sont reproduites dans les diverses éditions, et on y trouve de plus celles qui appartiennent à chaque imprimeur; en sorte que l'édition in-folio qui porte la date de i656 est encore la moins mauvaise.

Il nous & semblé utile de prévenir les difficultés qu'un grand nombre de noms de convention offrent k la lecture , en Tes remplaçant par ceux des personnages qu'ils représentent. En cela nous n'avons fait que terminer ce qui avoit été commencé dans une bonne partie de l'ouvrage» Pour donner un exemple de la nécessité d'un pareil travail , nous citerons un passage tel qu'il a été imprimé dans Jes autres éditions , et que Ton retrouvera avec les véritables noms à la page 184 de ce volume.

« Nous sommes plus mal édifiés des Asperges que jamais, « la Pomme prenant ouvertement l'affirmative pour le Ser- « gent, et disposant comme il lui plaît du Fruit, comme je u crois que VEspine vous aura mandé. Nous avons su que « le Maître du verger fait tenir à la Buglose, touchant ce « qui se fait oh est le Cicomore, des langages tout conte tr aires à ceux que l'on tient de sa part k la Fleur et au « Bouton. » Cependant il est des cas où le personnage auquel la lettre est adressée est lui-même représenté par un nom fictif, et à la troisième personne : comme le changement de ce nom auroit entraîné de grandes altérations dans ' le texte , nous avons indiqué le véritable nom en note , afin de ne pas obliger le lecteur à recourir à' la clef qui se trouve au commencement des Négociations du président Jeannin.

Cette clef est elle-même très-incomplète; nous avons eu lieu de le recoimoître à mesure que nous nous enfoncions dans notre travail. C'eut été manquer notre but que de .

▲VIS DIT LIBRAIRE. llj

donner notre édition avec les imperfection^ que nous avions signalées, dès lors que nouç nous étions déterminés à la rendre plus correcte et plus complète qu'aucune de celles qui ont paru jusqu'à ce jour. Excités par cette émulation , nous n'avons pas craint de fouiller dans les manuscrits de la bibliothèque du Roi : quelque* aride que fût ce travail , nous en avons été amplement récompensés par la satisfaction de pouvoir faire connoître à nos lecteurs un grand nombre de noms de personnages et de lieux désignés dans tontes les éditions précédentes sous des dénominations fictives, et qui ne donnent point de clef à l'aide de laquelle on puisse les reconnaître. JCntr'autres citations nombreuses que nous pourrions faire en ce genre, nous nous bornerons à celles-ci i la maison de la bibliothèque pour le Pape ; la Muscade pour Amsterdam ; Gonesse pour don Pedro de Tolède , etc. , etc. Nous aimons à croire qu'on nous saura quelque gré d'un travail qui tend à faciliter l'intelligence d'un grand nombre de passages de la correspondance du président Jeannin , qu'il seroit parfois impossible d'entendre sans cette sorte de traduction.

J. L. F. Foucault.

Principales Jautes corrigées dans le premier volume seulement, d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi.

On lit dans la présente édition. Leçons des autres éditions.

T. XI , p. 481 , lig. 6, en et point consiste* . cennoUre. ——p. 488 , 1. 16 , on. loi a imputée* ...... imposes.

— — ibid., 1. a^, et les assureront. ...... et les assurera.

— P- 4S9> 1* 10, S. M. s'engage au secours \

particulier qu'elle ordonnera, f Ce pasfage manque.

se remettant S. M. )

5i4, 1.. 19» sans rien prétendre au*

fruits sans rien prendre auxjruits»

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