HISTORIQUE
Il est assez curieux de constater qu’en 1905, Von Pirquet et Schick, dans leur description de la Maladie du sérum, ne fassent pas mention des névrites postsérothérapiques bien que deux observateurs allemands, Engelmann en 1897 et Grünberger en 1904, en aient rapporté chacun un cas sans toutefois oser mettre en cause le sérum.
De même, Roux, Martin et Chaïilloux, Dubreuilh, Béclère, Chambon et Ménard, semblent ignorer les polynévrites postsériques, tandis que Gangolfe et Gardère, dans leur observation (1908) hésitent pour létiologie entre la toxine tétanique et le sérum antitétanique.
Et il faut arriver à 1910, soit quelque quinze ans après l’apparition de la méthode sérothérapique, pour voir Thaon attirer l’attention du Congrès de médecine international en publiant son observation. Pourtant, en 1911, Pobservation de Vincent et Richet fils, en 1912, le cas cité par Cauchois ne soulèvent aucune discussion.
Puis, c’est la guerre qui voit le triomphe de la sérothérapie. Les indications se multiplient par la force des événements et les techniques changent : chaque blessé suspect reçoit son injection préventive, tandis que pour
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un traitement eurateur, moins timoré, on emploie Îles très hautes doses (Etienne. Traitement du tétanos).
Devant un emploi aussi intensif de sérum, comment s'étonner de la recrudescence des accidents qui nous intéressent !
En i917, Richardson, en 1918, Dycke en rapportent plusieurs cas. En 1919, Lhermitte publie dans la thèse de Durand trois cas observés pendant la guerre au centre neurologique de Bourges et met en cause la toxicité du sérum, tandis qu'Halipré, dans la thèse de Goujard, interprétant les trois cas de Lhermitte et un cas personnel, incrimine l’anaphylaxie.
Alors que, jusqu’à cette date, les accidents avaient paru bien localisés au membre supérieur (paralysies amyotrophiques du plexus brachial à type supérieur), en 1920, Etienne et Benech publient un cas de névrite de la jambe droite après injections multiples de sérum antitétanique ; alors que ces accidents semblaient l’apanage du sérum antitétanique, le même jour Etienne rapporte de mémoire une observation consécutive à des lavements
de sérum antituberculeux de Marmoreck.
Puis, chaque année apportant son tribut, c’est en 1921 Marchal ; en 1922, Benech et Brenas, Ingelrans, Minet et Derveaux ; en 1923, Marchal encore, Sicard et Cantaloube, Mouriquand, Dechaume et Ravault, Morichau- Beauchant, Sézary et Dessaint, Etienne et Braun ; en 1924, Sainton, Descouts et Le Clerc, Souques, Lafourcade et Terris, Babonneix, Sicard, de Gennes et Coste, Morichau-Beauchant et Fagart, Souques, Lafourcade et Terris de nouveau ; en 1925, Cot et Pasteur, André-
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Thomas, Rimbaud, Barré et Gillard, Binet et Hoche, Martin-Sisteron,
Et la nature du sérum varie et la localisation des accidents diffère, établissant définitivement que ces accidents ne sont pas obligatoirement localisés au plexus brachial et ne sont pas le propre du sérum antitétanique — fait que confirment encore les observations que nous tenons de l’oblisgeance de M. le Professeur Etienne — mais constituent une nouvelle manifestation de la maladie du sérum de von Pirquet et Schirk.
Séméiologie
Les accidents névritiques ont toujours un début tardit et semblent nécessiter une véritable période d’incubation, variable d’ailleurs, de 4 à 10 jours lorsqu'ils apparaissent après une première injection chez un sujet vierge de toute injection sérique ; de 10 à 20 jours, quand ils sont consécutifs à une réinjection ou à un traitement sérique curateur.
Le malade attire l’attention du médecin sur des douleurs plus ou moins vives avec sensation de fourmillements ou d’engourdissement d’un ou plusieurs membres ou sur une $êne fonctionnelle, début de parésie, lui interdisant certains mouvements sans cependant provoquer de douleur.
Ces premiers symptômes sont le plus souvent précédés ou accompagnés d’autres accidents : prurit, urticaire, voire arthralgie, ou, tout au contraire, débutent d’emblée.
Déjà le mal est installé et rapidement progresse les jours suivants.
Ainsi, dès le début de leur apparition, nous voyons les accidents affecter une prédominanc: soit motrice, soit sensitive.