Les névropathies à Bagnères-de-Bigorre
Vous me demandez d'écrire une préface pour présenter au public le livre que vous venez de faire sur la station de Bagnères-de-Bigorre. Est-ce Lien utile ? Je ne le crois pas. Votre avis au lecteur indique d'une manière très précise et très claire le but que vous avez visé, et les divers chapitres de votre ouvrage que j'ai lus avec la plus grande attention et le plus grand plaisir, démontrent d'une manière péremptoire et définitive la valeur thérapeutique de Bagnères-de-Bigorre dans un grand nombre de maladies chroniques. A quoi donc vous servirait une préface pour une œuvre qui est essentiellement viable , très complète et que vous pouvez présenter au public comme un père présente son enfant? Ne vous semble-t-il pas qu'une simple lettre confraternelle dans laquelle je me contenterais de vous dire mes
Il LETTRE-PREFACE
impressions personnelles, serait ici plus à sa place qu'une exposition didactique qui m'obligerait à faire une dissertation scientifique trop longue et peut-être trop ennuyeuse ? Acceptez ma proposition et laissez-moi prendre la forme opistolaire qui , tout en me permettant d'obéir à ma fantaisie . ne m'empêchera pas d'émettre une opinion sérieuse et raisonnée sur votre (Buvre.
Dans les diverses pérégrinations que j'ai faites à Bagnères-de-Bigorre, j'ai pu apprécier la valeur de ses sources, si nombreuses et si variées, l'excellence de ses installations balnéaires , la pureté de son air vivifiant aussi tonique que sédatif, le charme de ses paysages enchanteurs et l'aménité de ses habitants. J"ai eu souvent avec vous de longues conversations dans lesquelles j'ai cherché à vous démontrer que cette merveilleuse station devait être le rendez-vous des névropathes, des arthritiques, des herpétiques, des malades que les intoxications et les infections ont dégradés, de tous ceux enfin qui présentent une altération dans les échanges organiques et un trouble quelconque dans leur nutrition. Je ne parle pas , bien entendu , des malades qui ont besoin de recourir à vos sources spéciales de Laba^sère, de Salies, etc., si justement vantées €t si utiles. Je vous expliquerai dans un instant
LETTilK-PRKFACE III
pourquoi je les sépare de toutes celles que vous possédez. Pour le moment, laissez-moi vous dire que je fais cette sélection dont vous saisirez la portée, parce qu'elles renferment des substances médicamenteuses très caractérisées qui leur donnent une action spécifique ne convenant qu'à des cas bien, déterminés.
A l'occasion de votre livre qui contient tant de faits intéressants venant à l'appui d'une thèse qui m'est chère , permettez-moi d'entrer dans quelques considérations dont l'orthodoxie peut être contestée, et que, pour ce motif, je dois vous exposer avec la plus entière franchise et la plus grande sincérité.
Il y a déjà longtemps que j'ai défini l'hydrothérapie une méthode de traitement dans laquelle on emploie l'eau à des températures variables et sous toutes ses formes. A mon sens, cette médication, pour être complète et répondre à toutes les exigences de la thérapeutique moderne, doit pouvoir disposer de tous les procédés balnéaires. Les établissements thermo-minéraux et les établissements hydrothérapiques proprement dits sont absolument similaires ; il n'existe entre eux d'autres différences que celles dont je vais avoir l'occasion de parler tout à l'heure. Les douches générales ou locales , chaudes ou froides , les lotions, les affusions, les bains entiers ou partiels,