‹ Les névrosesChapitre 130 sur 220 · LES'PETITS FAUTEUILS · texte numérisé non relu

LES'PETITS FAUTEUILS

i.eurs cheveux AisoUés où la lumière dort

Jnt la suavité vaporeuse des nimbes,

Et. sur leurs fronts bénis par les anges des limbes,

^emmêlent, tortillés en menus crochets d'or.

Parfois, en tapotant de leurs frêles menottes La planchette à rebords où dorment leurs pantins, Ils poussent des cris vifs, triomphants et mutins, Avec l'inconscience exquise des linottes.

Tout ravis quand leurs yeux rencontrent par hasard La mouche qui bourdonne et qui fait la navette, On les voit se pâmer, rire, et sur leur bavett Saliver de bonheur à l'asDect d'un lézard.

En inclinant vers eux ses clochettes jaspées, Le liseron grimpeur du vieux mur sans enduit Forme un cadre odorant qui bouge et qui bruit Autour de ces lutins en robes de poupées.

Et tandis que venu des horizons chagrins, Le zéphyr lèche à nu leurs coudes à fossettes, L'un s'amuse à pincer ses petites chaussettes, Et l'autre, son collier d'ivoire aux larges graine- La poule, sans jeter un gloussement d'alarme, Regarde ses poussins se risquer autour d'eux, nt le chien accroupi les surveille tous deux l>'un œil mélancolique où tremblote une larme.

LES REFUGES

La campagne qui meurt paraît vouloir mêier Sou râle d'agonie à leurs frais Itabi liages; Maint oiselet pour eux relarde ses voyages, Et dans un gaizouillis semble les appeler.

Le feuillage muet qui perd ses découpures, En les voyant, se croit à la saison des nids; Et la flore des bois et des étangs jaunis Souffle son dernier baume à leurs narines pures.

Mais voilà que chacun, penchant son joli cou, Ferme à demi ses yeux dont la paupière tremble; Une même langueur les fait bâiller ensemble Et tous deux à la fois s'endorment tout à coup :

Cependant qu'au-dessus de la terre anxieuse Le soleil se dérobe au fond des cieux plombés Et que le crépuscule, embrumant les bébés, Verse à leur doux sommeil sa paix silencieuse

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