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LA DAME EN CIRE

A Félicien Rops.

Je regardais tourner le mannequin, Et j'admirais sa taille, sa poitrine.

Ses cheveux d'or et son minois taquin, Lorsque j'ai vu palpiter sa narine Et son cou mince à forme vipérine.

— « Elle vit donc! » me dis-je, épouvanté : Et depuis lors, à toute heure hanté

Par un amour que rien ne peut occire,

J'ai la peur et la curiosité

De voir entrer chez moi la dame en cire.

Par tous les temps, sous un ciel africain, Et sous la nue inquiète ou chagrine.

Comme un nageur que poursuit un requin. Sans pouvoir fuir je reste à sa vitrine, Et là j'entends mon cœur qui tambourine. J'ai beau me dire : « Horreur ! Insanité 1 » Il est des nuits d'affreuse obscurité,

— Tant je l'évoque et tant je la désire! — Où je conçois la possibiUté

De voir entrer chez moi la dame en cire I

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