‹ Les névrosesChapitre 51 sur 220 · DE LA MÊME A LA MÊME · texte numérisé non relu

DE LA MÊME A LA MÊME

Le souvenir d'un rêve à chaque instant m'arrive Comme un remords subtil à la fois acre et cher. Et pour me soulager il faut que je t'écrive Le redoutable aveu qui fait frémir ma chair :

Sur les bords d'un lac pur où se baignaient des Anges, Dans un paradis vert plein d'arbres qui chantaient Des airs mystérieux sur des rythmes étranges, Je regardais le ciel où mes soupirs montaient.

Les arômes des fleurs s'exhalant par bouffées,

Le mutisme du lac et les voix étoufl'ées

Des sylphides nageant près des séraphins nus,

Tout me criait : « L'amour à la fin t'a conquise 1 »

Soudain, mon cœur sentit des frissons inconnus,

Et tout mon corps s'emplit d'une douleur exquise ! —

82 LES LUXURES

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