LE COEUR GUERI
CHANT ROYAl
Celle que j'aime est une enchanteresse
A.U front pudique, aux longs cKeveux châtains ;
Compagne et sœur, ma muse et ma maîtresse,
Elle ravit mes soirs et mes matins.
Svelte beauté, sensitive jolie,
Elle a l'œil tendre et la taille qui plie;
Moi, le suiveur des funèbres convois,
J'ai frémi d'aise au doux son de sa voix,
Et maintenant que l'amour m'électrise,
Toujours, partout, je l'entends, je la vois;
Mon pauvre cœur enfin se cicatrise.
LES RKKUGKS.
Geste pensif et qui vous intéresse, Bouche d'enfant sans rires enfantins, Wrangeté jusque dans la caresse, Heffards profonds, veloutés et lointains. Joue inquiète et quelquefois pâlie Par la souffrance et la mélancolie.
Tête française avec un air suédois, Pied de gazelle, et jolis petits doigts Par qui toujours la musique est comprise : Aussi, je l'aime autant que je le dois, Mon pauvre cœur enfin se cicatrise.
Elle a comblé mon esprit d'allégresse,
Purifié mon art et mes instincts,
Et maintenant, mon âme qui progresse
Plane au-dessus des rêves libertins.
Je suis calmé, je suis chaste; j'oublie
Ce que je fus! ma chair est ennoblie ;
Je ne suis plus le poète aux abois
Qui frissonnait d'horreur au fond des bois,
J'aime la nuit, qu'elle soit noire ou grise,
Et, bénissaïit le philtre que je bois,
.Mon pauvre cœur enfin se cicatrise.
La destinée, hélas! est bien traîtresse. Mais je souris quand môme à mes destins, Car, dès ce jour, an lieu de ma détresse, J'ai la saveur des mystiques festins.