SCÈNE PREMIÈRE
FLAMBARDIN entre de gauche, deuxième plan, cherchant dans ses poches.
Sabre de bois! qu’ai-je donc fait?... C’est un peu fort!... Comprenez-vous ? Je mets ce matin la petite Clara dans mon portefeuille... Sa photographie veux-je dire... avec une lettre d’elle... et ce soir, je ne retrouve ni l’une ni l’autre ! Je suis très-vexé... très-vexé !... Mais ce qui me console c’est que je vais la revoir, Clara ! Il y aura après-demain à minuit cinq, trois ans qu’elle est partie jouer la comédie au Caire... Ah I je n’oublierai jamais la scène déchirante des adieux au chemin de fer de Lyon. Mes sanglots... ses sanglots, nos sanglots et le sifflet plaintif de la locomotive... Oui !... cette séparation me fut pénible... affreusement pénible... Figurez-vous un homme dans la nécessité de se défaire d’un Rubens! Clara était un magnifique Rubens! Mais je mentirais si je ne disais pas que je l’avais complètement oubliée au bout de dix-neuf jours... lorsqu’hier, ô surprise I je reçois d’elle une lettre m’annonçant qu’elle m’attendra ce soir à neuf heures, chez Brébant, cabinet n° 13 !... Quelle chance ! je vais rentrer en possession de mon Rubens !
11 <o frotto les mains do satisfaction* EDMOND, entrant du fond côté gaucho, à part.
On est de bonne humeur !... Tant mieux !
FLAMBARDIN, & part. «
Sapristi ! mon neveu !