SCÈNE VII
FLAMBARDIN, ÉLÉONORE.
ÉLÉONORE
Ces enfants sont insupportables !...
FLAMBARDIN.
Ne m’en parle pas.
ÉLÉONORE
C’est à vous rendre fou! ma parole... Je me suis mise à table avec une faim de loup... à présent ça ne me dit plus...
• FLAMBARDIN.
Tu ne te sens pas le courage de casser une patte à cette volaille?
Non, certes.
ÉLÉONORE
FLAMBARDIN.
Tu y goûteras bien tout de même?
ÉLÉONORE
Non!., non!.. Je. n’y toucherai pas. Tout ce vacarme, tout ce mouvement.. Je suis assourdie!
FLAMBARDIN.
Allons donc! Voyons, tu mangeras bien...
ÉLÉONORE
Mais non, vraiment; mon estomac s’y refuse.
FLAMBARDIN.
Alors ce n’est pas la peine de la découper pour moi tout seul.
ÉLÉONORE
Découpe-la tout de même.
FLAMBARDIN.
Mais non ! mais non !
ÉLÉONORE
Mais si! mais si! découpe...
FLAMBARDIN.
Non! décidément.
ÉLÉONORE
Voyons. ..
FLAMBARDIN.
Ma sœur, j’ai mieux que cela à te proposer... Si nous allions faire une partie d’oreiller comme les enfants. Hein ?
ÉLÉONORE
Ma foi! c’est une idée.
FLAMBARDIN.
N’est- ce pas?
ÉLÉONORE, se retirant de table.
Oui. Décidément je vais me coucher. Demain je me lève-
rai de très-bonne heure. (Fausse sonie.) On ne dit pas bonsoir?
FLAMBARDIN, s’est levé.
Mais si I Tu sais bien que tu seras toujours ma grosse louloutte en sucre.
Il l’embrasse.
ÉLÉONORE.-
Et toi mon gros chienchien chéri, (a part.) Je n’ai que le temps de me pomponner.
' FLAMBARDIN, h part.
Je n’ai que le temps d’enfiler mon habit. (Haut.) Bonne nuit! à demain.
Fausse sortie.
ÉLÉONORE
A demain. (Fausse sortie.) Bonsoir, petit frère.
FLAMBARDIN.
Bonsoir, petite sœur !
Éléonore sort. Flambardin feint do sortir.