‹ Les noces d'un Jacobin: journal d'Alcibiade CeyratChapitre 3 sur 15 · A MONSIEUR A. BORD · texte numérisé non relu

A MONSIEUR A. BORD

f J'ai oublié le nom de ce poëte du XVI» Siè-

de qui écrivait en tête de son livre : « Petit livre, je t'ai mis au monde, je t'ouvre la barrière vers ce grand univers ; va, marche, cours et ne t'arrête que quand tu auras rencontré la Postérité. Mais, avant de te mettre en course, va saluer mon ami. »

Cela était dit en vers médiocres et l'auteur lui-même n'était pas un aigle. C'est encourageant pour mon humble prose ; et si ce livreci veut aller à la postérité j'en suis fort aise, d'abord parce qu'il paraît que c'est une action douce et louable pour un ouvrage que de passer à la postérité ; ensuite, parce que cette postérité sera peut-être bien aise d'apprendre gaîment, par les amours du sans-culotte Alci-

biade et de la belle Éléonore, les détails de la vie la plus intime de la Société jacobine et maçonnique de la Révolution. Mais, surtout, je serais heureux que cet ouvrage dise à nos petits-enfants quelle affectueuse estime j'ai pour vous.

Ch. D'HÉRICAULT

Paris, Juin l88^

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