‹ Les noces de Figaro (volume 2)Chapitre 6 sur 74 · GIRA ÉLIRE · texte numérisé non relu

GIRA ÉLIRE

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persi OR ER BI SE I De la reprise des « Noces de Figaro », il faut surtout rete- | nir l’interprétation de Mme Ninon Vallin dans le personnage de la comtesse. Sa technique et sa musicalité lui ont | permis de se jouer de toutes les difficultés de ce rôle redoutable. Mme Henriette Boni (Suzanne) a fait valoir un timbre : d'une rare qualité. Mlle Demure (Chérubin), Billot (Figaro), Gilbert Moryn (le Comte), Salmond (Basile) et Deguil (a (Bartholo) recueillirent leur part des applaudissements prodigués par une salle archi-comble. Sous la baguette du maître Razigade, l'orchestre sut conserver à la partition de Mozart | sa grâce et sa légèreté. |

La compagnie de Suzanne Sarabelle s'est produite dans un spectacle chorégraphique qui comportait deux parties bien différentes, les danses classiques du début s’opposant aux danses populaires de la fin. La maîtrise du chef Ivan Clustine s’est affirmée autant dans la qualité de la danse que dans le dessin des costumes et le jeu des lumières.

Cette troupe, si eile n’est pas nombreuse, ne compte que des étoiles de la danse. La vedette en est Suzanne Sarabelle qui, après tant d’autres, interpréta notamment « La Mort du Cygne ». Mais son cygne à elle est noir...

Samedi, « La Traviata» servit de début à un jeune ténor, M. Majoufre, venu du Midi précédé d’une bonne réputation. L'émotion d'un premier contact avec le public lyonnais sembla le priver d’une partie de ses moyens. Une seconde expérience lui sera certainement plus favorable.

Très belle interprétation de Violetta par Mme Henriette Boni, aux aériennes vocalises, et de M. Valère Blouse, d’Orbel piein d’autorité.

Et le spectacle se termina par un divertissement où le goût sûr de notre maîtresse de ballet, Mme Baldi, conduisit une fois de plus au succès Mlles Bonaudo, Uxaut et Artigue.

par Louis BEYDTS

Cahiers, ça n’est pas les mots. Le

style, c'est la tournure, c'est le mouvement de l'âme, ses frémissements, ses hardiesses, son élan rendu sensible ». Et je me rappelais cette définition lumineuse en ecoutant Les Noces, où l’âme en effet de Mozart se découvre à nous tout entière,

Suffit-il d’ailleurs de dire qu'elle s’y découvre alors qu'elle s'y 1mpose, alors qu'à tant de pages — et non les moins belles -— elie se substitue, après s’y etre fralerneljement identifiée, au génie même de Dbeaumarchais. C’est avant tout une pièce politique que lauteur du Barbier avait ambitionne décrire, une pièce étroitement tressée dintrigue ei de ‘salire, assez urôle pour masquer son amertume, assez gaie pour emousser sa cruauté. Sous les apparences du regret, dans la sécheresse du libertinage, sy mélaient furlivement Ja passion et le désir : IMozart allait y taire entendre la propre voix de l'amour.

A un chef-d'œuvre d'esprit, Mozart superpose un chet-d ceuvre uemotion; à un chef-d'œuvre authentiquement français, un chet-d'œuvre typiquement universel. Et tous les cœurs ici peuvent se reconnaîire à travers la tiévreuse impatience de Chérubin et l’ardeur épanouie de Suzanne, comme dans la mélaneolique résignation de la Comtesse.

La Comtesse, voilà le personnage qui, sans doute, nous apporte le plus merveilleux témoignage du génie divinateur de Mozart. Beaumarchais avait dédaigné de pénétrer cette âme déchirée. Or, Mozart nous la révèle.

Dans les deux airs sublimes qu'elle chante, dans l'extraordinaire récit qui précède le second d’entre eux, se reilètent toutes les nuances, s animent tous les ressorts de l’amour, « sans aucun mélange importun (c est Stendhal qui parle) de majesté ou de tragique ». Par miracle de la musique, plus sûrement encore qu'avec des mols, nous touchons le fond d'un pauvre cœur de femme, avec sa foi dégue et ses vaines espérances, son sourire feint ct ses larmes voilées.

“De l'héroïne mozartienne, Mme Ninon Vallin demeure la plus admirable interprète qui se puisse imaginer.

Les nobles splendeurs de son chant sont autant de grâces heureuses, et sa maîtrise elle-même garde la douceur familière d'un enchantement. Je \parlais l'autre jour des chanteurs cinspirés. Il n'est pas de minute où ce don de l'invention vocale ne se manifeste chez Mme Vallin, pas de minute où elle ne «trouve» une s0norité, un accent personnels, l'une ou l'autre toujours prodigicusement accordés aux suggestions de la musique. Mais à l'ombre de cette séduc-

I E style », note Barrès dans ses

tion A In base de ce caprice, quelle

réflexion et quelle gravité, quelle loyauie et quelle science ! Et leur union est tellement idéale qu’on ne sait plus où commencent et finissent les prestiges de l’art ou les dons de la nature.

La Suzanne de Mme Geori Boué nous montre, de l’exquise artiste que nous avons accoulumé d’applaudir dans des rôles dramatiques, un aspect inatiendu, mais non moins ravissant. Musicicnne accomplie, elle chanie dans un style parialt, dispensant toule la légèreté er tout le charme que requiert altcrnativement la partition de Mozart. Quant à la comédienne, clle déploie une vivacité et un esprit sans pareils, qui consesvent au texte de Beaumarchais ses plus entraînantes vertus.

Aussi le succès de Mme Geori Boué a-t-il été considérable, qu'a légitimement partagé M. Roger Bourdin. On n'avait jamais entendu M. Bourdin dans Figaro à l’Opéra-Comique, où il tenait habituellement le rôle du Comte avce une autorité qui, d’ailleurs, ne facilite pas la tâche de ses remplaçants. La sûreté de son talent est telle que sa réussite n’a pas été moins éclatante aujourd’hui. Sa voix s’adapte à merveille au personnage du rusé barbier, si propice d'autre part à mettre en valeur ses qualités scéniques, que l’on sait exceptionnelles par leur infaillible intelligence et leur “piltoresque variété.

Le Chérubin que représente Mlle Maud Sabatier touche par sa naïve gentillesse et sa constante application. Et quand je disais plus haut que la succession de M. Bourdin serait lourde, je ne pensais pas que, sous la perruque du Comte, M. Enya trouverait le moyen de se faire remarquer. Ce n’est, hélas ! ni par sa voix, gutturale en diable, ni par son jeu emprunté, mais seulement par un grasseyement tellement obstiné qu'il prend l'allure d’une provocation,

Aux côtés de M. Froumenty, solide Bartholo, Mme Madeleine Mathieu interprèle Marceline avec la drôlerie Ja plus efficace, sans céder jamais au mauvais goût si fréquent dans cet emploi. Et l’on ne saurait trop reconnaître l’empressement dévoué avec lequel, sur une scène où elle connut jadis les plus brillants succès, la vaillante artiste a consenti à figurer un rôle aussi modeste.

Pour la même raison, il était émouvant dé retrouver M. René Lapelleteric, qui trace de Basile une silhouette très caractéristique et s'affirme une fois de plus le chanteur accompli, dont le souvenir est resté si flatteusement vivace chez les habitués de la salle Favart,

La représentation, qui se déroule dans une mise en scène plaisamment animée de M. Max de Ricux, était dirigée par M. Louis Fourestier, plus

sig jamais souple, attentif et vivant,

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PCT PEER HEOEPAN LO

Opera-comique en 4 actes.

Traduit di Vitation

pur MM. 3. BARBIER «| Mich] CARRE. Musique de A: W: MOZART.

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