ACTE I, SCENE H
CARASCO.
Comiue au vieux temps il défend l'innocence,...
Sans lui faire payer de droits; Mélange heureux d'amour et de vaillance, Tl cache en vain son nom et ses exploits; Car s'il défait un instant son armure,
Chacun soudain va s'écrier :
Voilà , voilà le chevalier De la triste figure !
QUITTERIE EF (;\RASCO , Fnseinhie. )
Voilà , voilà le chevalier De la triste figure.
QUITTERIE
Attendez donc ! je me rappelle maintenant... On m'a dit qu'hier soir... deux personnes pareillesà celles dont vous me parlez.... ont demandé l'hospitalité au seigneur Gamache.
CARASCO.
Vivat ! mon voyage est terminé. C'est un bri^ve gentilhomme à qui la lecture des romans a fait tourner la tète et battre la campagne ; mais j'ai promis à sa nièce Inésille, dont je suis amoureux, de ramener son oncle au logis , et il y reviendra , quand je devrais l'y contraindre en champ clos ; car je suis ici avec armes et bagage.
QUITTERIE
Quoi ! vous voulez vous battre contre lui ?
CARASCO.
Non pas!... il m'est déjà arrivé malheur pour avoir voulu le tenter; mais j'ai ici un ami sur lequel je compte pour me rendre ce service. Puisque-
vous êtes de ce village , vous devez connaître Basile Olivetto.
QUITTERIE
Si je le connais! pauvre Basile !... quoi ! monsieur , vous êtes.. ?
Son ami, son camarade, Samson Carasco, bachelier
et de plus votre serviteur... Ce cher Basile! un
brave garçon , un peu querelleur , un peu mauvaise tète -, c'est ce qu'il me faut; mais surtout un cœur...!
QUITTERIE
Ah ! monsieur , je vois que vous le connaissez bien.
CARASCO.
Enseignez-moi bien vite sa demeure.
QUITTERIE
Hélas !... il n'en a plus... Il est eu prison.
CARASCO.
Qu'est-ce que vous m'apprenez là.. .-^ Basile en prison!... Il faut l'en faire soitir à l'instant , ou mon projet ne peut réussir. Quel est l'alcade du village.?
QUITTERIE
C'est le seigneur Gamache.
CARASCO.
Je vais lui parler en lui remettant ma lettre...
QUITTERIE
Vous n'obtiendrez rien... c'est lui qui a fait arrêter Basile... \ une légère dispute qui s'est élevée à la fête du village lui a servi de prétexte... Il n'était pas fâché de s'en défaire, parce qu'il le déleste... et pour-