‹ Les nocesChapitre 83 sur 110 · LA CONSEILLÈRE, LE JOURNALISTE · texte numérisé non relu

LA CONSEILLÈRE, LE JOURNALISTE

LA CONSEILLÈRE Comment, monsieur, avec votre travail

si absorbant, — la Noce vous a attiré?

Je suis content de m'arracher un instant à la sottise.

LA CONSEILLÈRE

Votre tâche est chose sérieuse et vous la biffez d'un seul trait; vous en parlez avec humeur, c'est chose sérieuse.

LE JOURNALISTE

Des choses sérieuses, il n'y en a pas ; tout est provisoire :

convictions, opinions, idées.

LA CONSEILLÈRE Pourtant, la Vérité — ?

LE JOURNALISTE

Pas même son ombre !

LA CONSEILLÈRE

Elle dépend tellement de chacun ; mais quoi, vous désertez vous-même votre poste ?

LE JOURNALISTE

Madame, ce n'est qu'un poste d'octroi, ma faction n'est que duperie, labeur inutile des Danaïdes.

LA CONSEILLERE Vous allez beaucoup dans le monde — ?

Par ennui.

On se laisse prendre dans l'engrenage, — oui, je vais beaucoup dans le monde; une partie de whist, un souper, des connaissances, des amis.

Les jours passent, les années, celui-là meurt, cet autre manque ; l'homme se leurre de rêves et de songes, et par ennui, endosse son frac, — je suis venu à la noce, et quoique tout ne m'ait pas plu, je suis cependant content d'être venu.

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