R AS PO
La salle des Tortures?
ORSEOLO
Les murs ont aussi leur éloquence, Raspo.
RASPO.
Votre Excellence connaît le cœur humain. Ah! pas toujours cependant... elle a cru aux fables de Spolat^. Je Payais envoyé à Segna, c’est vrai. On l’y a retenu prisonniètf^ c’est possible. Doua Albone a obtenu sa liberté en obtenant lu sienne, et elle vous la imposé comme gardien du palais . je le veux bien. Mais comment se fait-il que cet homme, — qui n’est pas un sot, — soit resté six mois à Segna sans avoir jamais entrevu le visage du capitaine Noir?... Pourquoi évite-t-il toute allusion à ce bandit?... Pourquoi salue-t-il d'une certaine façon de certains hommes qui sont sous la surveillance des deux conseils?... Voyons, Votre Excellence, quelles preuves vous faut-il encore?.,. Enfin, n ai-je pas intercepté une lettre de lui adressée aux Uscoques?... lettre insignifiante, c^est vrai , pour nous qui n en avons pas la clef, niais très-importante peut-être pour ces bandits. — Tout à l’heure enfin, il s’est trouvé sur le passage de Galieno. 11 était masqué. Il ne lui a pas parlé. Mais, en l'apercevant, il a laissé tomber son mouchoir comme par méganle, mais d'un air significatif.
ORSEOLO, «pu» »wir rtflWtlii.
Je te l’abandonne.
RASPO, ravi.
Ainsi une bonne petite promenade sur le pont des Soupirs... lui et moi?...
11 n’est pas au palais.
ORSEOLO
RASPO.
C'est juste. Il a eu l'honneur de conduire dona Albone à la mess * de minuit, à l'église du Rédempteur. J’y vais.
ORSEOLO
Sois prudent.
RASPO.
Soyez tranquille. Votre Excellence. Je ne ferai pas comme cet imbécile de Jacopo qui a noyé un marchand calabrais croyant jeter aux poissons de la Giudeôca un gentilhomme vicentin. Soyez tranquille.
bRSEOLO.
Ah!... remets ces dépêches aux courriers et ces ordres aux seigneurs criminels de nuit.
(R»H* wv)