‹ Les noces vénitiennes drame en cinq actesChapitre 47 sur 83 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ORSEOLO, ALBONE.

ORSEOLO, uns rmr Albone, l'etilunl <W plut <-» plei.

Ah! prends garde, Faliero... ils rôdent autour de loi!»

ALBONE, à pnn, rtint.

Le méchant père! comme je vais le gronder!

ORSEOLO, de nfimr.

Prends garde... l'homme qu’ils arrêtent* c'est ma main qui le saisit ; l'homme qu’ils abattent, c’est ma main qui le terrant; l'homme qu’ils frappent, c’est nia main qui le tue!

ALBONE, a part, l’ara nfant nir la pavnta de» pied*.

Je le gronderai après l'avoir embrassé!...

ORSEOLO* de même.

Prends garde, prends sarde... Tu succomberas par eux et lu ne périras que par moi, Galieno Faliero !

(Eb m moment, AlbnM trt * <U«I païu-h-c Rtr mu prr* pour l’ambraaiar. — Au nom da Galien», clin recale avec korredr.)

ALBONE, reculant.

Ah!

ORSEOLO, M retournant.

Albone!... (courant * «n*.) Ah! mon Dieu! qu'est-ce donc?...

ALBONE, rbrrcbaot a a* dominer.

Ce n’est rien... non, mon père... je vous assure... vous pouvez me croire... («'foMimt.) An!...

ORSEOLO, •*« drôrifoir.

Albone!... Ah! mon Dieu!... évanouie! — Les mains glacées!.. (ippabot.) Géroidmot Géronimo!... (Prwad mOn» d’AIb»nc.) Ah! chère enfant!... (a Géronimo qui e*im.) Mon flacon!

Gf.RONIHO, routant a m mruMr.

Jésus Maria! (a OtmoIo, Vint en f»i<aot r«i»rrr le Pjrn* • Albroiis) Je

n’aurais pas dû lui parler de vos fatigues.... ni de votre santé!

— elle en a été tout émue!...

ORSEOLO

Tais-toi, elle revient à elle!

ALBONE, poiMnt doutourenacn.i.'Bt la main nr au* Iront.

Ah!

ORSEOLO

Ma fille!

ALBONE, A part, en U> rrcueuaitaaat.

Mon père!... Ce n’éluil pas un rêve!

ORSEOLO

Je m'en veux du mal que je te fais! .. Le (lèvre du travail m’emporte malgré mon âge, mais je ne travaillerai plus autant, si tu dois en souffrir!... Voyons, regarde-moi !... voyons, embrasse-moi. (n l'«ai>raM*.) Tu es mieux, n'est-ce pas?

(GérotMiBO M retire. )

ALBONE, m levant.

Oui, beaucoup mieux. . . (a pan. ) Ali ! j 'étouffe !

ORSEOLO, me antiété.

Tu es bien pile, mon Dieu!

A LU on b. •

Ma pâleur habituelle. — Ma mère était bien pille aussi !

ORSEOLO, doulo u roula m«at.

Oui! .. — et voilà pourquoi je donnerais mes titres, mon rang, ma fortune, le palais où je suis né, pour te voir, comme autrefois, fraîche et rose... jeune surtout! — Ah! tu ne sais pas tout ce que je souffre parfois en te regardant!... Tiens, écoute... Tu es tout ce qui me reste enfin!... Tout ce qui me reste de mon (ils... de mon pauvre et malheureux tiiuppo!.., je n'ai que toi! — Je veux que tu sois heureuse!...

ALBONE, te dnmiatnt.

Mais je le suis, mon père!... En vérité, oui! — Tenez, voyez, je souris!

ORSEOLO

Ah! ne souris pas ainsi! — C’était le sourire de la mère! — Elle était pâle comme toi... Elle me souriait aussi quand je lui parlais!... et elle s'est laissée obstinément mourir, douce, calme, silencieuse et souriante!... Ah! quand je pense à cela, Albone, je sens le froid de la mort me prendre au cœur... car tu es calme, comme l'était ta mère... douce, silencieuse et souriante comme elle, et tu as un secret!... Oh! ne mens pas!...

— Venise m'absorbe; mais je le suis avec mon cœur! — Enfin qu’as-lu?... Pourquoi es-tu si pâle députe deux niois?... 4 >oui quoi si triste?... Je Fai vue souvent regarder la mer et .pleurer, pourquoi?... Ah! tu vois bien qu'il y a là un mystère... et ce mystère m'effraye, m’épouvante, me tue!

ALBONE.

Vous me torturez en tue parlant ainsi, mon père!

ORSEOLO

Alt ! j'ai si peur que Dieu me châtie en toi!

ALBONE.

Vous u 'avez pas de crime à expier.

ORSEOLO, Imiawat.

J'ai mon ambition!

ALBONE.

L'ambition des grands cœurs!

ORSEOLO

Oui, une succession de sommets qui fatiguent les plus forts! .. • Je l’ai montée, ma montagne!... Oui, nuit et jour!— et j’ai gravi avec mes pieds, avec mes ongles, avec mes dents I — les sueurs

m'inondaient, k* soleil me brûlait, mes cheveux blanchissaient, je montai*!.. — L'ambition comprimait mon cœur et gonflait ma pensée... elle me poussait au sommet, j’escaladai le sommet! — Alors, satisfait du destin et content de moi-même, je me retournai... — je cherchais une main pour m'applaudir, un coeur pour m'aimer... Hélas! la mort avait moissonné derrière moi!... Toi seule me restais!... j’ai donc reporté sur toi toute la tendresse que j'avais volée aux autres!... Putsie t’ai aimée pour toi-méme; — puis pour moi! — l/amour oes aïeux, c'eat un peu l’amour des mères! ... Tu vois, tu peux parier! (um la «ata.) Voyons!... c’est aujourd'hui l'anniversaire de ta naissance... demande ton bouquet de fête à ce pauvre vieillard qui serait si heureux de mourir pour ton bonheur!

ALRONE, l'afipajant »ur *no

Mon bouquet?... Eh bien ! oui, je le demande... Je te demande de ne pas signer de sentence de mort aujourd'hui?

orseolo.

Que veux-tu dire?

Al. BON B, »inno»i.

Ah ! voilà le despote et le tyran qui reparaissent sous le père.— Tu es presque un roi, je peux bien avoir l'autorité d une reine... la meilleure part de son pouvoir, la clémence?

ORSEOLO, aiu-ndri.

Chère eufaut !

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