‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 58 sur 75 · COLAS · texte numérisé non relu

COLAS

Il commence : « Quand les trois Rois... »

BENOIT. *

Ah ! c’est, certe, bien vrai ! . ;

Hélas ! mon Dieu ! qui le croirait Que j’aie si peu de mémoire Pour oublier si tût l’histoire !

Quan lé tray Ray uron randu (*) Tied iiou srevice ù bon Gésu ,

Hélo ! mon Di ! y-élian predu,

Si n’avion pù apri d’un Ange A reprandre un chcmain étrange.

Quand les trois Rois eurent rendu Tout leurs services au bon Jésus, Hélas ! mon Dieu ! ils étaient perdus, S’ils n’avaient pas appris d’un Ange A reprendre un chemin différent.

Car Hérode, pi qu’un tiran, (*)

S’i vegliai maussacrai l’Anfan , Hélo ! mon Di ! cé bonne jan N’arian-t-i pû predu la vie Queman le-»-ami du Messie?

THINE

Mai le bon DI an preni soain , (’)

E lé condusi ben a poain ;

Hélo! mon Di ! se je beliain

Car Hérode, pis qu’un tyran,

S’il voulait massacrer l'Enfant, Hélas ! mon Dieu ! ces bonnes gens N’auraient-ifs pas perdu la vie Comme (étant) les amis du Messie ?

* THINE

Mais le bon Dieu en prit soin.

Et les conduisit bien i point ; . ;;

Hélas ! mon Dieu ! si nous mettions

LHUILIER

An li lote nelra fiance,

On ne nô fera y ji nuisance.

BEXAT.

Quan Hérode se vi Irompay Dé Môge, que s’élian sauvai, Hélo ! mon Di ! tô désandai I dessi quatre fay : « J ’an jure De me vangi de cel’injure ! »

En lui toute notre confiance,

On ne nous ferait jamais nuisance.

Page 1