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de l’ensemble de l’activité économique; celle-ci peut être moins variable que de tels indices ne Le font supposer.
Le professeur Wesley Mitchell a étudié ensuite les variations de prix des marchandises groupées de la manière suivante :
a) 18 produits de la ferme (céréales, riz, pommes de terre, coton, jute, café, thé, etc.);
b) 10 produits animaux (animaux de boucherie, lait, œufs, peaux, suif et lard, soie, laine);
c) 10 produits forestiers (bois divers, produits résineux, caoutchouc) ;
d) 19 produits minéraux.
Comme on pouvait s’y attendre, l’évolution des prix des produits de la ferme est sous la dépendance étroite de la quantité des récoltes, elle-même en relation avec les circonstances atmosphériques; elle est sans aucun lien avec l’évolution générale des prix. Les produits animaux subissent, mais beaucoup moins que les produits de la ferme, l'influence du temps; néanmoins il arrive souvent que leurs prix ne suivent pas l’évolution générale. Les produits forestiers ont souvent des variations d’une amplitude considérable, en opposition ou non avec l’ensemble des prix; dans ce dernier cas l'amplitude de leurs variations est très supérieure à celle des variations générales. Des quatre groupes étudiés, seul le dernier, celui des produits minéraux, suit l’évolution de l’activité économique générale. Les résultats numériques d'ensemble sont les suivants :
Produits Produits Produits Produits de minéraux forestiers animaux la ferrae | 1890-1899 100 100 100 100 Moyenne des. } 1900-1909 125 143 124 119 Pr Peur | 4910-1943 127 173 145 145 L 1890-1896 — 27 — 13 — 24 — 43 D 1896-1907 + 45 75 4 53 4 49 D de heisbe cn LOT LOUE EEE SRE SN à 1908-1913 + 18 + 18 + 24 + 11 A a ba me Re 0 87 70 82 Changement moyen d'année en année 7,0 7,4 8,9 8,2
Le professeur Wesley Mitchell a enfin montré quil y à des différences caractéristiques dans les fluctuations des prix des marchandises, selon que celles-ci sont achetées par les consommateurs pour la satisfaction des besoins familiaux, ou qu’elles sont achetées par des industriels ou des commerçants pour les besoins de leur industrie ou de leur commerce. Il a comparé les variations de prix de 28 marchandises du premier groupe (pain, beurre, fromage, bœuf, mouton, sucre, étoffes de coton et de laine, verrerie, savon, etc.) et de 28 marchandises du second groupe (filés de coton, cuir, pétrole, cuivre, rails d'acier, acide sulfurique, papier, etc.).
Les résultats de cette comparaison sont les suivants :
Produits pour la consom-|Produits pour l’industrie
mation individuelle et le commerce
De 1900-1909 108 118 1 10-1913 319 425
TR 1890-1896 — 22 — 26 ombre de points | 4 296-1907 DE OYA + 44 ou d HA en 1907-1908 ct SA 1908-1913 — 9 + #4 A 31 si
Changement moyen d'année en année 3,4 4,
On voit que les produits de la première catégorie ont des prix plus constants que ceux de la seconde catégorie, parce qu’ils sont destinés à la satisfaction de besoins plus ou moins constants, et que n’influence pas la situation économique générale.
Il y a donc des liens d’abord entre matières premières et produits manufacturés correspondants, puis entre les matières premières et enfin entre les produits manufacturés. Il est intéressant de rechercher lesquels de ces liens sont les plus étroits. Si pour la période 1891-1913, on examine les différences moyennes entre les prix relatifs, d’abord des principales matières premières et des produits manufacturés correspondants, ensuite des divers produits manufacturés entre eux, on trouve les chiffres suivants :
Coton brut et tissus de Tissus de coton et tissus COLOR M ses 20,7 points HENTANOMER TR rm 5,3 points
Laine brute et tissus de Tissus de coton et outils TOMATE EEE nsc 8,9 — PACE ren manne ee 7,8 — Fonte en gueuses et outils Tissus de coton et pain 6,9 — d'acier 4,007 Tissus de coton et souliers 6,7 —
Blé et pain RESUME Tissus de laine et outils Peaux et souliers ..........…… 31,6 — A'ACICL EN REP mr ee 6,1 — CŒx Tissus de laine et pain. 7,8 — Moyenne 180 Tissus de laine et souliers 8,1 —
Outils d'acier et pain. 9,4 — Outils d’acier et souliers 96 — Pain et souliers... 4,7 —
Moyenne 7,9 —
Ainsi la ressemblance entre les fluctuations de prix des matières premières et des produits finis correspondants est beaucoup plus faible que la ressemblance entre les fluctuations de prix de produits finis faits de matériaux différents. On trouve par exemple 31,6 points de différence entre les prix relatifs moyens des peaux et des souliers et seulement 4,7 points de différence entre les prix relatifs moyens du pain et des souliers ; 20,7 points de différence entre les prix relatifs moyens du coton brut et des tissus de coton, et seulement 7,8
points de différence entre ceux des tissus de coton et des outils d'acier. La ressemblance entre l’allure des variations de prix des produits manufacturés s'explique d’ailleurs par le fait déjà noté que ces prix sont bien plus constants que ceux des matières premières.
Tel est l’ensemble des constatations (1) faites par le professeur Wesley Mitchell. Il convient de remarquer qu’elles ne portent que sur les prix d’avant-guerre. Il est certain que les conclusions exposées ne sont plus exactes pour les prix de la période de guerre ou d’après-guerre, et surtout que la valeur relative des affinités relevées n’est plus la même. Il en faut retenir cependant que l’on doit rejeter toute proposition a priori, et que pour déterminer la nature des marchandises dont il y a lieu de comprendre les prix relatifs dans le calcul d’un nombre indice des prix à but donné, il est nécessaire de rechercher d’abord s’il y a parmi elles des groupes dont les membres ont des fluctuations de prix en harmonie les unes avec les autres. A moins qu’il ne s’agisse d’un indice à but très spécial, il faut choisir des marchandises dans chacun de ces groupes, sans exclure certains d’entre eux, comme on le fait souvent, par exemple pour les produits manufacturés.
En dehors des groupes dont les variations de prix ont une allure propre et dont l’existence a été signalée par le professeur Wesley Mitchell, il faut signaler dans les pays à monnaie dépréciée le groupe des marchandises directement sensibles à l’action du change.
Le Federal Reserve Board a compris dans son indice des prix de gros en France des matières premières, des produits pour la consommation individuelle (« consumer’s goods ») et des produits pour la consommation industrielle et commerciale (« producer’s goods »). On a représenté sur le
(1) M. Wesley Mitchell a montré en outre que ces constatations suffisaient à expliquer d’une manière très satisfaisante les divergences signalées plus haut entre six indices différant par le nombre de leurs éléments.
graphique n° 21 la variation des indices partiels relatifs à ces trois groupes. Les trois diagrammes se ressemblent dans leurs grandes lignes, mais les trois indices partiels ont souvent des valeurs assez différentes les unes des autres. De plus l’allure des trois diagrammes présente des différences bien caractérisées. Comme le professeur Wesley Mitchell l’avait
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