‹ Les Nombres Indices: de la Variation des PrixChapitre 60 sur 79 · JUS: "S · texte numérisé non relu

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70 kilos et d’une capacité de travail moyenne doit recevoir 3000 calories par jour, à provenir de 100 grammes d’albumine, 60 grammes de graisses et 500 grammes d'hydrates de carbone. Mais plusieurs physiologistes estiment que le régime ci-dessus contient notablement trop d’albumine. Le D' Gigon, qui a étudié cette question d’une manière approfondie, etd’ailleurs dans le but spécial de calculér un nombre indice des prix, arrive à des conclusions passablement différentes et adopte le régime théorique minimum suivant

Hydrates Calories Albumine Graisse de carbone produites À. homme gr. 95,9 87,3 369,6 2716 B. femme (qui travaille) » 75,0 62,0 368, 0 2397 C. enfant de 8 à 15 ans > 58,45 45,38 292 1879 D. enfant de 2 à 7 ans » 31,85 38,75 148,3 1010 E. nourrisson jusqu’à 1 an 1 litre de lait, soit 1033 grammes par jour. 692

Remarquons que les divergences d’opinion entre physiologistes sur la valeur calorifique des aliments et sur le nombre des calories nécessaires à chaque individu ont beaucoup plus d'importance dans le présent problème que dans le problème précédent où l’on n’avait besoin que de chiffres relatifs

et non de chiffres absolus.

On a critiqué d’autre part l’emploi des calories comme critère de la valeur physiologique des aliments. Même au point de vue de la physiologie, a-t-on dit — d’ailleurs avec raison —, la valeur calorifique des aliments n’est pas tout. Il faut tenir compte de leur aptitude à satisfaire aux goûts des consommateurs, de leur facilité d’assimilation, qui varie selon les organismes, le climat, le genre de vie, etc. Il est essentiel surtout de tenir compte de la présence ou de l’absence des vitamines, que l’organisme humain est dans l’obligation de recevoir sous peine de dépérir : il est bien établi aujourd’hui que les jeunes enfants, qui sont nourris

uniquement de lait stérilisé, même en quantité suffisante, finissent par être atteints de troubles graves, tels que le scorbut, de même qu’au temps de la navigation à voiles les marins étaient souvent frappés de scorbut à la fin des longues traversées pour n’avoir consommé que des conserves. Il ne faut pas s’exagérer la gravité de ces objections, car quelle que soit l’importance des vitamines — et peut-être a-t-on surestimé celle-ci par réaction contre l’abus des calculs calorifiques en physiologie alimentaire —, la caractéristique essentielle de l'utilité des diverses denrées pour la satisfaction des besoins de l’organisme humain reste bien la quantité de calories qu’elles sont susceptibles de fournir à cet organisme; en tout Cas les calories sont certainement le meilleur élément de comparaison entre des marchandises aussi différentes que celles qui entrent dans l’alimentation de l’homme,

On a fait observer enfin que le coût d’une calorie varie beaucoup selon l’aliment auquel on la demande et que les ménagères ne tiennent aucun compte de la valeur calorifique des aliments pour le choix des denrées à acheter. En admettant que l’homme adulte ait besoin de deux fois plus de calories que l’enfant de 5 ans, comme le disent les physiologistes, rien ne permet de croire que la ration journalière de l’homme adulte coûtera deux fois plus que celle de l’enfant, si l’un se nourrit de pain, de viande et de pommes de terre, et l’autre de lait, de pain, de farine et de sucre. La difficulté n’est pas contestable, mais on en atténue la gravité en construisant les détails du budget-type d’après la consommation réelle, révélée par des enquêtes, dans le cadre général tracé par les physiologistes. [Il n’en reste pas moins que ce cadre lui-même n’est certainement pas respecté dans la réalité.

L'indice des prix de détail des denrées alimentaires calculé par combinaison des règles de la physiologie alimentaire avec les données de l’expérience journalière conserve inévitablement un caractère théorique et risquera de ne pas

représenter exactement la variation des dépenses alimen- {aires des milieux sociaux considérés. En temps normal 1] est done préférable de s’en tenir à la détermination du régimetype par voie d'enquêtes. Mais à des époques anormales, lorsque la consommation est de nature à varier beaucoup d’un ménage à un autre, même dans les milieux homogènes à tous égards, et que les prix relatifs sont très dispersés, l’application de la méthode du budget théorique est parfaitement justifiée. C’est avec raison que les Etats de l'Europe centrale, et en première ligne l’Allemagne, ont fait usage de cette méthode pour la détermination de leurs indices des prix de détail. L'Office Statistique du Reich a fixé a priori, mais en s'inspirant des données de l’expérience, le besoin normal pour 4 semaines d’une famille composée de 2 adultes et de 3 enfants, de 1 1/2, 7 et 12 ans. Le calcul a montré que le régime ainsi fixé correspondait à 11490 calories, alors que le besoin normal d’après les principes de la physiologie n’était de 10000 calories, si l’on admet avec Zuntz qu'il fallait 3000 calories pour l’homme, 2400 pour la femme, 2250, 1500 et 900 pour chacun des trois enfants. M. Meerwarth a fait observer (1) que cet excès de valeur calorifique du budget fixé provenait surtout de la trop grande quantité de pain incluse dans le budget.

On peut rattacher à la méthode du budget théorique la tentative de détermination d’un indice des prix de détail des denrées alimentaires en Allemagne commencée en 1898 par Jastrow dans la revue « der Arbeitsmarkt » et poursuivie dans la suite par Galwer. Jastrow, puis Calwer sont partis d’un budget réel, la ration hebdomadaire du soldat de marine allemand dans les ports allemands, et ils ont admis a priori que la capacité de travail d’un ouvrier étant comparable à celle d’un soldat de marine, on pouvait prendre, comme dépense hebdomadaire d’une famille ouvrière composée de

(1) Schmoller's Jahrbuch, 1921, p. 750.

2 adultes, et de 2 enfants, le triple de la ration hebdomadaire du soldat de marine. On a objecté à juste titre que cette ration contient plus de viande, donc plus d’albumine et de graisse que celle de la moyenne des ouvriers, La valeur calorifique de cette ration se trouve alors être trop forte (elle correspond en effet à 4018 calories par jour pour l’homme adulte, provenant de 125 gr. d’albumine, 104 gr. de graisse et 614 gr. d’hydrates decarhone, au lieu de 3000, 100, 60 et 500, chiffres habituellement admis). La viande à une influence trop grande, et il manque au contraire des denrées effectivement importantes, telles que les légumes verts et le poisson. Le D' Calwer a reconnu lui-même le défaut de sa méthode et depuis mai 1921 il calcule le coût d’une ration réduite ne correspondant plus qu’à 2245 calories par homme équivalent et par jour (provenant de 45 gr, d’albumine, 33 gr. de graisse et 430 gr. d’hydrates de carbone).

d) Comparaison des résultats donnés par les différentes méthodes de détermination des poids

Les cas où il est possible de comparer les résultats donnés par les différentes méthodes de détermination des poids dans les indices des prix de détail des denrées alimentaires sont peu nombreux, parce qu’en général les auteurs de ces indices n’ont pas eu le choix entre plusieurs méthodes. Je n’ai trouvé que les exemples suivants où la comparaison soit possible.

L'Union Sud-Africaine a remplacé à partir de janvier 1921 un budget familial établi à la suite d’une enquête sur les dépenses de 326 employés de chemin de fer, ayant un salaire annuel de 240 à 300 £, par un budget calculé par la méthode de la consommation globale jugée plus exacte (1).

(1) Social Statistics, n° 3, p. 11.

Pour vérifier que le changement de méthode ne rendrait pas inutilisables les indices sur lesquels les salaires de l’Union reposaient dans une très large mesure, on calcula les indices par les deux méthodes pour les trois derniers mois de 1920 :

Rs 1920 :

1910 Octobre | Novembre Décembre RS RES PR ne Budget familial. 1.000 12774 | 1.769 1.722 Consommation globale.| 1.000 1.759 | 1.753 1.697

De même à Bombay, malgré des divergences considérables entre les poids des différents éléments dans les deux méthodes, on constate que les nombres indices ne diffèrent pas dans une mesure appréciable :

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