DE MES SOIFS ÉTANCHÉES
Car no'r.s
nvnns eu pour npnrnrhpr rlet counes
pic,,,, s '■
Des lèvres plus tendues que vers des baisers ; Coupes pleines si vite vidées...
Les plus grandes joies de mes sens Ç'ont été des soifs éianchées...
Il est des boissons qu'on prépare Avec le jus des oranges pressurées
Des citrons, des limons, Et qui rafraîchissent parce qu'elles sont
A la fois acides et douceâtres.
J'ai bu dans des verres si m,inces
Qu'on pensait les briser avec sa bouche
Avant même que les dents ne les touchent
Et les boissojis semblent nieilleures là-dedans^
Car presque rien de nos lèvres ne les sépare.
J'ai bu dans des gobelets élastiques
Qu'on pressait entre ses deux mains
Pour en faire monter le vin jusqu'à ses lèvres.
J'ai bu des sirops lourds dans de grossiers verres d'auberges,
Aux soirs des jours où j'avais marché sous le soleil ; —
Et parfois Veau très froide des citernes
Me faisait mieux sentir, après, l'ombre du soir.
J'ai bu de l'eau qu'on avait gardée dans des outres
Et qui sentait la peau de chèvre goudronnée.
J'ai bu des eaux presque couché sur la rive Des ruisseaux où j'aurais voulu me baigner — Les deux bras nus plongeant dans l'eau vive Jusqu'au fond, où l'on voit les cailloux blancs s'agiter...
Et la fraîcheur m'entrait aussi par les épaules.
Les bergers buvaient Veau dans leurs mains i Je leur appris à l'aspirer avec des pailles.
Certains jours je marchais au grand soleil, L'été, durant les heures les plus chaudes, Cherchant de grandes soifs à pouvoir élancher.
Et vous souvenez-vous, mon ami, qu'une nuit, 'durant notre affreux voyage, nous nous sommes relevés, transpirants, — pour boire, à la cruche de terre, l'eau qu'elle avait faite glacée?
Citernes, puits cachés où descendent des femmes. Eaux qui n'ont jamais vu la lumière; goût de l'ombre. — Eaux très aérées. — Eaux anormalement transparentes, et que je souhaitais azurées, — ou mieux vertes, pour qu'elles me parussent plus gelées — et légèrement aniséesr
Les plus grandes joies de mes sens Ç'ont élé des soifs éfanchces.
Non ! tout ce que le ciel a d'étoiles, tout ce qu'il y a de perles dans la mer, de plumes blanches au bord des golfes, je ne les ai pas encore toutes comptées.
Ni tous les murmures des feuilles ; ni tous les sourires de l'aurore ; ni tous les rires de l'été. — Et maintenant encore que dirai-je ? — Parce que ma bouche se tait, pensez-voias que mon cœur repose ?
0 champs baignés d'azur!
0 champs trempés de miel !
Les abeilles viendront, lourdes de cire...
J'ai vu des ports obscurs où l'aube était cachée
derrière le treillis des vergues et des voiles.
Le départ furtif des barques, au matin, entre
les coques des grands navires. On se courbait pour passer sous les câbles tendus des amarres. — La nuit j'ai vu partir des galions sans nombre, s'enîonçant dans la nuit, s'enfonçant vers le jour.
Ils ne sont pas si brillants que les perles ; ils ne sont pas si luisants que l'eau ; les cailloux du sentier pourtant brillent. Réceptions douces de la lu-
mière dans les eentiers couverts où je marchais.
Mais de la phosphorescence, Nathanaël, ah 1 quo diral-je ? La matière est infiniment poreuse à l'esprit, acceptante de toutes les lois, obéissante ! transparente de part en part. — Tu n'as pas vu les murs de cette cité musulmane rougir le soir, s'éclairer faiblement la nuit. Murs profonds où la lumière durant le jour s'est déversée ; muTS blancs comme le métal à midi (la lumière s'y thésaurise) ; dans la nuit vous sembliez la redire, la raconter très faiblement. — Cités, vous m'avez semblé transparentes ! vues de la colline, de là-bas, dans la grande ombre de la nuit enveloppante, vous luisiez, pareilles à ces creuses lampes d'albâtre, images d'un cœur religieux — pour la clarté qui les emplit comme poreuses, et dont la lueur suppure autour comme du lait.
Cailloux blancs des routes dans l'ombre ; réceptacles de clarté. Bruyères blanches dans les crépuscules des landes ; dalles de marbre des mosquées ! fleurs des grottes des mers, actinies! Toute blancheur est de la clarté réservée.
J'appris à juger tous les êtres à leur capacité de réception lumineuse ; certains qui dans le jour surent accueillir le soleil, m'apparurent ensuite, la nuit, comme des cellules de clarté. — J'ai vu des eaux coulant à midi dans la plaine qui, plus loin, sous les roches opaques glissées, y firent ruisseler des trésors amassés de dorures.
Mais, NathaTiaël, je ne veux te parler ici que des choses, — non point de
l/iNVISIBLE RÉALITÉ — Car
... comme ces algues merveilleuses lorsqu'on les sort de l'eau ternissent...
ainsi... elc.
— L'infinie variété des paysages noué démontrait sans cesse que nous n'avions pas encore connu toutes les formes de bonheur, de méditation ou de tristesse qu'elles pouvaient envelopper. Je sais que, certains jours d'enfance, lorsque j'étais encore parfois triste, dans les landes de la Bretagne, ma tristesse parfois s'est soudain échappée de moi, tant elle se sentait comprise et reçue en le paysage — et qu'ainsi devant moi je la pouvais délicieusement regarder.
La perpétuelle nouveauté.
Il fait quelque chose de très simple, puis dit : Je compris que cela n'avait jamais été ni fait, ni pensé, ni dit. — Et soudain, tout me parut d"une virginité parfaite. (Tout le passé du monde complètement absorbé dans le moment présent.)
ao juillet, 2 h. du maiin.
Lever. — Dieu est ce qu'il faut le moins faire attendre, criais-je en me levant ; si tôt levé qu'on soit, on voit toujours de la vie qui circule ; plus tôt couchée, elle s'était moins que nous fait attendre.
'Aurores vous étiez nos plus chères délices. Printemps! aurores des étés!
Printemps de tous les jours, aurores!
Nous n'étions pas encore levés Lorsque les arcs-en-ciel parurent...
...et jamais assez matinales, Ou pas vespérales alors
Autant qu'il faudrait pour la lujie...
Sommeils^
J'ai connu les sommeils de midi, l'été — les sommeils du milieu du jour — après le travail commencé de trop bonne heure ; les sommeils accablés.
Deux heures : — Enfants couchés. Silence étouffant. Possibilité de musique, mais n'en pas faire. Odeur des rideaux de cretonne. Jacinthes et tulipes. Lingeries.
Cinq heures : — Réveils en sueur ; cœur battant ; frissons ; tête légère ; disponibilité de la chair ; chair poreuse et que semble envahir trop délicieusement chaque chose. Soleil bas ; pelouses jaunes ; yeux éclos dans la fin du jour. O liqueur de la pensée vespérale I Déroulement des fleurs du soir. Se laver le front d'eau tiède ; sortir... Espaliers ; jardins enclos de murs au soleil. Route ; animaux revenant des pâtis ; coucher de soleil inutile à voir — admiration déjà suffisante.
Rentrer. Reprendre le travail, près de la lampe.
Nathanaël, que te dirai-je des couches ?
J'ai dormi sur les meules ; j'ai dormi dans les sillons des champs de blé ; j'ai dormi dans l'herbe, au soleil ; dans les greniers à foin, la nuit. — J'accrochais mon hamac aux branches des arbres ; j'ai dormi balancé par les flots ; couché sur le pont des navires ; ou sur les couchettes étroites des cabines, en face de l'œil slupide du hublot. — Il y eut des couches où m'attendaient des courtisanes ; d'autres où j'attendais de jeunes garçons. Il y en avait tendues d'étoffes tellement molles qu'elles semblaient s'instrumenter, ainsi que mon corps, pour l'amour. — J'ai dormi dans des camps, sur des planches, où le sommeil était comme une perdition. J'ai dormi dans des wagons en marche,
sans me départir un instant du sentiment du mouvement.
Nathanaël, il y a d'admirables préparatifs au sommeil ; il y a d'admirables réveils ; mais il n'y a pas d'admirables sommeils, et je n'aime le rcve quo tant que je le crois réalité. — Car le plus beau sommeil ne vaut pas
le moment où l'on se réveille.
Je pris l'habitude de dormir en face de ma fenêtre grande ouverte, et comme immédiatement sous le ciel. Dans les trop chaudes nuits de juillet, j'ai dormi complètement nu sous la lune ; dès l'aube le chant des merles me réveillait ; je mo plongeais tout entier dans l'eau froide et m'enorgueillissais de commencer très tôt ma journée. — Dans le Jura, ma fenêtre s'ouvrait au-dessus d'un vallon qui bientôt s'est empli de neige ; de mon lit, je voyais la lisière d'un bois ; des corbeaux y volaient, ou des corneilles ; de bon matin me réveillaient les clochettes des troupeaux ; près do ma maison était la fontaine oià des vachers les menaient boire. Je me souviens de tout cela. —
J'aimais, dans les auberges de Bretagne, le contact des draps rudes et de lessive qui sentait bon. — A Belle-Isle les chants des marins m'éveillaient ; je courais à ma fenêtre et voyais les barques s'éloigner ; puis je descendais vers la mer.
— Il y a des habitations merveilleuses ; dans aucune je n'ai voulu longtemps demeurer. Peur des
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portes qui se referment, des traquenards. Cellules qui se reclosent sur de l'esprit. La vie nomade est celle des bergers. — (Nathanacl, je mettrai dans les mains ma houlette et lu garderas mes brebis à ton tour. Je suis las. Toi tu partiras maintenant ; les pays sont tout grands ouverts et les tioupeaux jamais rassasiés bêlent toujours après de nouvelles pâtures.)
— Nalhanaël, parfois me retinrent d'étranges demeures. Il y en eut au milieu des forêts ; il y en eut au bord des eaux ; il y en eut de spacieuses. — Mais sitôt que, par habitude, je cessais de les remarquer, que je n'étais plus étonné d'elles, requis par l'offre des fenêtres, et que j'allais comnaencer à penser, je les quittais.
(Je ne peux t'expliquer, Nalhanaël, ce désir exaspéré de nouveauté ; il ne me semblait point effleurer, déflorer aucune chose ; mais ma subite sensation était du premier coup si intense qu'elle ne s'augmentait ensuite par aucune répétition ; de sorte que, s'il m'arriva souvent de retourner aux mêmes villes, aux mêmes lieux, c'était pour y sentir un changement de jour ou de saison, plus sensible en des lignes connues — et si, lorsque je vivais à Alger, je passai chaque fin de jour dans le même petit café maure, c'était pour percevoir l'imperceptible changement, d'un soir à l'autre, de chaque être, pour regarder le temps modifier, mais lentement, un même tout petit espace.)
A Rome, près du Pincio, au ras de la rue, par ma fenêtre grillée, pareille à celle d'une prison, des vendeuses de fleurs venaient me proposer des roses ; l'air en était tout embaumé. A Florence, je pouvais, sans quitter ma table, voir le jaune Arno débordé. — Sur les terrasses de Biskra, Meriem venait au clair de lune, dans l'immense silence de la nuit. Elle était enveloppée tout entière d'un grand baïck blanc déchiré qu'elle laissait tomber en riant sur le pas de la porte vitrée ; dans ma chambre l'attendaient des friandises. — A Grenade, ma chambre avait, sur la cheminée, au lieu de flambeaux, deux pastèques. A Séville, il y a des patios ; ce sont des cours de marbre pâle, pleines d'ombre et de fraîcheur d'eau ; d'eau qui coule, ruisselle et fait au milieu de la cour un clapotis dans une vasque...
Un mur, épais contre le vent du Nord, poreux à la lumière du Midi ; une maison roulante, voyageuse, transparente à toutes les faveurs du Midi... Que serait une chambre pour nous, Nathanaël ? un abri dans un paysage. —
Je te parlerai des fenêtres encore : à Naples, des causeries sur les balcons, des rêveries le soir près des robes pâles des femmes ; les rideaux à moitié retombés nous isolaient de la société bruyante du bal. Il y eut des paroles échangées, d'une si désolante délicatesse qu'après on restait quelque temps
liO LES NOURRITURES
sans parler ; puis montait du jardin l'intolérable parfum des fleurs d'orange, et le chant des oiseaux des nuits d'été ; et puis ces oiseaux môme par instants se taisaient ; alors on entendait très faiblement le bruit des vagues.
Balcons ; corbeilles de glycines et de roses repos du soir ; tiédeur.
(Ce soir une bourrasque lamentable sanglote et ruisselle contre ma vitre ; je m'efforce de la préférer à tout.)
Nathanaël, je te parlerai des villes :
J'ai vu Sniyrne dormir comme une petite fille couchée ; Naples, comme une lascive baigneuse, et Zaghouan, comme un berger kabyle, dont l'approche de l'aube a fait rougir les joues ; Alger tremble d'amour au soleil, et se pâme d'amour dans la nuit.
J'ai vu dans le Nord des villages endormis au clair de lune ; les murs des maisons étaient alternativement bleus et jaunes ; autour d'eux s'étendait la plaine ; dans les champs traînaient d'énormes meules de foin. On sort dans la camp>agne déserte ; on rentre dans le village endormi...
Il y a des villes et des villes ; parfois on ne sait pns ce qui a pu les bâtir là. — Ohl villes d'Orient, du Midi ; villes aux toits plats, blanches terrasses, où, la nuit, les folles femme^s viennent rêver. Plai-
sirs ; fêtes d'amour ; lampadères des. places, qui font, quand on les voit des collines voisines, comme tuie phosphorescence dans la nuit.
Villes d'Orient ! fête embrasée ; rues qu'on appelle là-bas des rues saintes, où. les cafés sont pleins de courtisanes et où des musiques trop aiguës les font danser. Les Arabes vêtus de blanc y circulent, et des enfants — qui me semblaient beaucoup trop jeunes, dis .>> pour connaître déjà l'amour. (Il y en eut dont les lèvres étaient plus chaudes que les petits oiseaux couvés.)
Villes du Nord ! débarcadères ; usines ; villes dont la fumée cache le ciel. Monuments ; tours mobiles ; présomption des arcs. Cortèges cavalcadants dans les avenues ; foule empressée. Asphalte luisante après la pluie ; boulevard oîi les marronniers s'alanguissent ; femmes toujours vous attendant. Il y avait des nuits, des nuits tellement molles qu'au moindre appel je me serais senti défaillir.
Onze heures. — Clôture ; strident bruit des volets de fer. Cités — la nuit, dans les rues solitaires, quand j'y passais, des rats, très vite, regagnaient •les égouts. On voyait, par les soupiraux des caves, des hommes à moitié nus faire le pain.
* . — G cafés! — 011 notre démence s'est continuée
U2 LES NOURRITURES
très avant dans la nuit ; l'ivresse des boissons et des paroles enfin venait à bout du sommeil. Cafés 1 dl y en avait de pleins de peintures et de glaces, riches, et oîi l'on ne voyait rien que des gens très élégants ; d'autres, petits, où l'on chantait des couplets comiques et oîi des femmes, pour danser, relevaient très haut leurs jupons.
En Italie, 11 y en avait qui se répandaient sur les places, les soirs d'été, et où l'on prenait de bonnes glaces au citron. En Algérie, il y en avait un où l'on fumait du kicf et oii je faillis me faire assassiner ; l'aîi d'après, il était ferme par la police ; car il n'y venait que des gens suspects.
Cafés encore... O! cafés maures! — parfois uii poète conteur y raconte longuement une histoire ; que de nuits suis-je venu, sans le comprendre, l'écouter!... Mais à tous, certes, je te préfère, lieu de silence et de lin de journées, petit café de Bab el Derb, hutte de terre, à la limite de l'Oasis, car, plus loin, tout le désert commençait — d'où je voyais, après un jour plus haletant, une nuit plus pacifique descendre. Près de moi, s'extasiait un monotone jeu de flûte. — Et je songe à toi, petit café de Sliiraz, café que célébrait Hafiz ; Hafiz, ivre du vin de l'échanson et d'amour, silencieux, sur la terrasse où l'atteignent des roses, Hafiz qui, près de l'échanson endormi, attend, en composant des yere, attend le jour toute la nuit..
(Je voudrais être né dans un temps où n'avoir à chanter, poète, que, simplement en les dénombrant, toutes les choses. — Mon admiration se serait posée successivement sur chacune et sa louange l'eût démontrée; c'en eût été la raison suffisante,)
Nathanaël, nous n'avons pas encore ensemble regardé les feuilles. — Toutes les courbes des feuilles...
Feuillages des arbres — grottes vertes — percées d'issues ; fonds déplaçablcs aux moindres brises ; mouvance ; remous des formes ; parois déchiquetées ; monture élastique des branches ; balancement arrondi ; lamellicules et alvéoles...
Branches inégalement agitées... c'est parce que l'élasticité diverse des brindilles, faisant diverse leur force de résistance au vent, fait diverse aussi l'impulsion que le vent leur donne... etc. — Passons à un autre sujet... Lequel.^ — Puisque pas de composition, il ne faudrait ici pas de choix... Disponible 1 Nathanaël, disponible 1
— et par une attention subite, simultanée de tous les sens, arriver à faire (c'est difficile à dire) du sentiment même de sa vie, la sensation concentrée de tout l'attouchement du
dehors... (ou réciproquement). — J'y suis ; là, j'occupe ce trou, où s'enfoncent :
dans mon oreille : ce bruit continu de l'eau ; grossi, puis apaisé de ce vent dans ces pins; intermittent des sauterelles; etc.
dans mes yeux : l'éclat de ce soleil dans le ruisseau ; le mouvement de ces pins...
(tiens un écureuil)... de mon pied qui fait un trou dans cette mousse, etc.
dans ma chair : (la sensation) de cette humidité ; de cette mollesse de mousse ; (ah I quelle branche me pique .►>...) de mon front dans ma main ; de ma main sur mon front ; etc.
dans mes narines :... chut! l'écureuil s'approche), etc.
Et tout cela ensemble, etc., en un petit paquet ; — c'est la vie ; — est-ce tout ? — Non ! il y a toujours d'autres choses encore.
Crois-tu donc que je ne suis qu'un rendez-vous de sensations P — Ma vie c'est toujours : cela, plus moi-même. — Une autre fois je te parlerai de moimême. — Je ne te dirai pas non plus aujourd'hui la
RONDE
DKS DIFFÉRENTES FORMES DE l'eSPRIT
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RONDE