ACTIONS PHYSIOLOGIQUES; APPLICATIONS MÉDICALES
Autoconduction. -— Action physiologique des courants à haute fréquence. — Production de ces courants par les machines statiques. — Secours à donner aux personnes foudroyées par les courants.
Autoconduction. — M. d'Arsonval a essayé un nouveau mode d'électrisation des êtres vivants, auquel il donne le nom à' autoconduction ^ et qui consiste à isoler complètement le sujet de la source électrique et à le soumettre aux courants induits qui prennent naissance dans ses propres tissus. Ces courants peuvent acquérir une puissance considérable, et bien qu'ils ne produisent aucune douleur ni aucun phénomène conscient chez l'individu qui en est le siège, ils agissent cependant avec énergie sur la vitalité des tissus.
M. d'Arsonval emploie pour cela un champ magnétique oscillant de très haute fréquence, produit de la manière suivante : Le sujet est placé dans l'intérieur d'un solénoïde, formé d'un câble à lumière bien isolé, enroulé en une ou plusieurs couches sur un cylindre en matière isolante. Ce solénoïde est traversé par la décharge oscillatoire d'un condensateur, formé de 2 à 12 bouteilles de Leyde cylindriques, disposées en deux batteries reliées en cascade, et chargé périodi-
quement par un transformateur donnant environ 15 000 volts, qui est lui-même animé par un alternateur Siemens, sans fer, donnant au maximum 12 ampères et 350 volts, avec une fréquence de 60 périodes par seconde.
On obtient ainsi des courants induits d'une grande puissance, qui peuvent porter à Tincandescence des lampes de 0,1 ampère, sans que la personne qui les tient éprouve la moindre sensation. Ces courants exercent une action énergique sur les phénomènes intimes de la nutrition.
Action physiologique des courants à haute fréquence. — M. d'Arsonval a étudié vers 1890 les effets physiologiques des courants alternatifs à grande fréquence, tels que ceux de M. Tesla. Il avait constaté, dans des expériences antérieures, que, pour les courants de basse fréquence, le nombre des secousses subies par le sujet augmente d*abord avec celui des inversions, et les diverses contractions vont en se fusionnant de plus en plus jusqu'à ce que le muscle reste en contraction permanente : il est alors tétanisé, ce qui exige pour les muscles de l'homme 20 à 30 excitations par seconde. Si l'on augmente encore le nombre des .ondes, on accroît aussi l'intensité des phénomènes d'excitation, mais seulement jusqu'à un certain maximum, qui a lieu entre 2 500 et 5000 excitations par seconde. A partir de cette limite, les phénomènes vont en décroissant indéfiniment. Ainsi, avec des oscillations suffisamment rapides, on peut faire passer à travers l'organisme, sans qu'il soit perçu, un courant qui serait foudroyant si l'on abaissait la fréquence.
M. d'Arsonval a montré ce résultat par plusieurs dis-
positifs ; on peut employer celui de la fig. 2, p. 16, mais on augmente rétincelle en e par Faction d'un électroaimant dont les pôles sont placés à angle droit avec elle. Dans ces conditions, quelles que soient la longueur de l'étincelle en E et la bobine employée, on peut sans inconvénient tenir avec les mains les deux boules de l'excitateur, pourvu qu'on les saisisse lorsqu'elles sont encore au contact et qu'on les y ramène avant de les abandonner.
D'après M. d'Arsonval, on peut expliquer cette innocuité par l'absence d'excitation ou mieux encore en admettant que ces courants exercent sur les centres nerveux et sur les muscles cette action si remarquable étudiée par Brown-Séquard sous le nom d'inhibition.
Production de courants alternatifs à haute fréquence par les machines statiques. — Le D' S. Leduc a obtenu avec ces machines des courants alternatifs à haute tension et à grande fréquence qui présentent des propriétés analogues à celles des courants de M. Tesla, et qui permettent de répéter le plupart de ses expériences. Il suffit de réunir les armatures externes des deux bouteilles de Leyde par un circuit très résistant. En écartant les boules de l'excitateur, on produit une série de décharges oscillatoires, et le circuit est parcouru par des courants alternatifs à haute tension et à grande fréquence.
Ces courants peuvent être employés en médecine, soit en plaçant le sujet dans le champ magnétique oscillant, soit en l'électrisant à distance par étincelles, soit en mettant une électrode en contact avec la peau.
« Lorsque l'étincelle entre les excitateurs se produit d'une façon continue, on peut tenir les deux électrodes à pleines mains sans percevoir aucune sensation ; mais,
âi€ 3EG0URS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES
si on localise l'action du courant en promenant une pointe métallique mousse à la surface de la peau, le phénomène change complètement. L'action se fait à peine sentir tant que la pointe ne passe pas sur un uerf ; mais aussitôt qu'elle rencontre un nerf sensitif on moteur, les fonctions de celui-ci sont excitées dans toute sa distribution au-dessous de l'électrode; la sensation dans les branches des nerfs sensitifs est tellement nette qu'elle permet de déterminer avec une grande précision les limites de la région innervée par le nerf excité. Un déplacement de l'électrode de moins d'un millimètre suffît pour faire disparaître entièrement toute sensation. Ces courants constituent donc un moyen de localiser l'excitation ner\^euse mieux qu'on n'a pu le faire jusqu'ici, et cette propriété fait espérer qu'ils seront utiles aux physiologistes pour déterminer les localisations fonctionnelles du système nerveux périphérique ou central. »
Secours à donner aux personnes foudroyées par suite d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques à courant continu (1).
Article premier. — Toute personne foudroyée par suite d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques devra toujours, même dans le cas où elle présenterait les apparences de la mort, recevoir avec la plus grande rapidité les soins indiqués ci-après.
^tetnier eaa. — Totff eontmei a eemsé entre le earp9 Oe l« rieUtne et iea eondueteura éieetriquea.
Art. 2. — On appliquera immédiatement le traitement suivant :
(1) Ministère des travaux publics. (Circulaire du 19 août 1895.)
Instruction sur les premiers soins à donner aux foudroyés ^ victimes des accidents électriques^ rédigée par V Académie de Médecine.
On transportera d*abord la victime dans un local aéré où on ne conservera qu'un petit nombre d'aides, trois ou quatre, toutes les autres personnes étant écartées. On desserrera les vêtements et on s'efforcera, le plus rapidement possible, de rétablir la respiration et la circulation. Pour rétablir la respiration, on peut avoir recours principalement aux deux moyens suivants : la traction rythmée de la langue et la respiration artificielle.
1° Méthode de la traction rythmée de la langue. — Ouvrir la bouche de la victime, et, si les dents sont serrées, les écarter, en forçant avec les doigts ou avec un corps résistant quelconque : morceau de bois, manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette, extrémité d'une canne, etc.
Saisir solidement la partie antérieure de la langue entre le pouce et l'index de la main droite, nus ou revêtus d'un linge quelconque, d'un mouchoir de poche par exemple (pour empêcher le glissement), et exercer sur elle de fortes tractions répétées, successives, cadencées ou rythmées, suivies de relâchement ; en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-même au nombre d'au moins vingt par minute.
Les tractions linguales doivent être pratiquées sans retard et avec persistance durant une demi-heure j une heure et plus.
2** Méthode de la respiration artificielle. — Coucher
la victime sur le dos, les épaules légèrement soulevées, la bouche ouverte, la langue bien dégagée.
Saisir les bras à la hauteur des coudes, les appuyer assez fortement sur les parois de la poitrine, puis les écarter et les porter au-dessus de la tête, en décrivant un arc de cercle ; les ramener ensuite à leur position primitive, en pressant sur les parois de la poitrine.
Répéter ces mouvements environ vingt fois par minute, en continuant jusqu'au rétablissement de la respiration naturelle.
Il conviendra de commencer toujours par la méthode de la traction de la langue, en appliquant en même temps, s'il est possible, la méthode de la respiration artificielle.
D'autre part, il conviendra concurremment de chercher à ramener la circulation en frictionnant la surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps de Teau froide sur la figure, en faisant respirer de l'ammoniaque ou du vinaigre.
MESURES d'ordre TECHNIQUE.
DeWMDiétne cas* — Lm vieiitne est encore en contact avec dem conducteurs éiectriques*
Art. 3. — Avant d'appliquer le traitement indiqué par l'Académie de Médecine, le sauveteur doit chercher à séparer le plus rapidement possible la victime des fils électriques, en évitant d'une manière absolue de toucher soit les fils, soit la victime avec les mains nues.
L'accident peut se produire avec l'une des circonstances suivantes :
A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime.
B. La victime est suspendue.
Selon Tune ou Tautre de ces circonstances, on opérera comme il est dit ci-après :
A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime, — Écartement des fils. — Si le sauveteur peut, sans toucher la victime, écarter le fil à l'aide d'un bâton, d'une canne ou d'un outil quelconque muni d'un manche en bois (a), il le fera en ayant soin :
1** De. ne toucher le fil qu'avec le bâton, la canne ou l'outil muni d'un manche en bois [a),
2° De faire en sorte que le fil, dans cette manœuvre, ne vienne pas toucher le visage ou d'autres parties nues du corps de la victime.
Si le sauveteur ne dispose pas immédiatement d'un bâton, d'une canne ou d'un outil muni d'un manche en bois (a), il devra, avant tout, commencer par se recouvrir les deux mains {b) soit de gants épais (c) soitd'étoflFes sèches (rf) d'une épaisseur suffisante (6-rf). Cela fait il écartera le fil.
{a) Le bois est conseillé parce qu'il est mauvais conducteur de Télectricité et intervient comme corps isolant. Si le manche en bois renferme une tige centrale métallique, il est nécessaire que cette tige soit complètement enveloppée de bois et n'apparaisse sur aucun point.
(b) Souvent il suffira de retirer sa veste, son paletot, etc., de les mettre sens devant derrière, les mains restant à Tîntérieur des manches, qui devront être tamponnées pour former une forte épaisseur entre la peau et le contact à faire. Si on a une blouse, on se Tenroulera autour de la main droite, et autour de la main gauche on enroulera un mouchoir, un gilet, etc.
(c) Gants en laine compacte, de préférence genre dit moufles, au besoin plusieurs paires de gants.
(d) Renseignements sur la valeur isolante des étoffes et des vêtements :
Étoffes, Les étoffes à employer doivent être bien sèches ;
Si, pour écarter le fil, il est nécessaire de toucher la victime, le sauveteur devra également, avant de rien faire, commencer par se recouvrir les deux mains comme il est dit au paragraphe précédent.
Pendant cette opération il devra :
1° Avoir soin que le fil ne revienne pas toucher le visage ou d'autres parties nues du corps de la victime.
2*» Toucher, autant que possible, la victime par des parties qui ne soient pas humides ou en état de moiteur, telles que les aisselles, les pieds, etc.
Après avoir délivré la victime, on s'empressera de débarrasser des fils la voie publique afin d'éviter de ûouveaux accidents.
Déplacement de la victime, — S'il est plus facile de déplacer la victime que d'écarter le fil, on le fera en opérant avec les précautions qui viennent d'être indiquées tant pour le sauveteur (se recouvrir les deux mains (d), ne pas prendre la victime par des parties humides) que pour la victime (éviter le contact du fil avec le visage, etc.).
Si la victime a les doigts crispés sur le fil, le sauveteur ouvrira de force la ou les mains de la victime, en écartant les doigts les uns après les autres et en opérant avec les mêmes précautions que cidessus.
kfi plus convenables sont celles en laine ; la flanelle et les couvertures en laine sont particulièrement convenables.
Les étofifes en fil et en coton sont moins convenables, surtout eii raison de leur faible épaisseur ; avec une épaisseur minimum de 5 millimètres on a toute garantie^ même avec les étofifes les moins convenables.
Vêtements. Par analogie avec ce qui vient d'être dit, il faut prendre les draps en laine compacte de préférence et, dans le cas d'emploi de blouses en coton ou en toile, s'arranger pour avoir largement Tépaisseur minimum indiquée.
B. La victime est suspendue. — Prévoir sa chute et prendre à cet effet les précautions convenables. — A Taide d*une échelle ou de tout autre moyen, on tâchera de s'élever jusqu'à la victime et de la délivrer en prenant pour la toucher ou pour toucher les fils les. précautions indiquées ci-dessus.
Cette opération est surtout urgente et doit êtretentée par les moyens les plus rapides, si la victime est en contact avec deux fils différents.
Si elle est suspendue à un seul fil ^ le danger immédiat qu'elle court est moindre et l'on a un peu plus de temps, ce qui permet d'opérer d'une façon plus sûre. Quand on aura atteint la victime, on la suspendra par des cordes ou on l'accrochera par ses vêtements ^ et on la descendra en évitant qu'elle soit mise de nouveau en contact avec les fils.
Si on ne peut éviter la chute, on prendra les précautions nécessaires pour l'amortir et la rendre aussi inoifensive que possible au moyen de matelas, de bottes de paille, etc., étendus sur le sol.
Si on ne peut atteindre la victime et la dégager, prévenir l'usine le plus vite possible.
Art. 4. — Dans aucun cas, le sauveteur ne doit toucher un fil sans s'être recouvert les deux mains comme il est expliqué à l'article 3.
Si des rails sont placés sur le sol, il doit éviter de les toucher même avec ses chaussures.
Alors même que les deux mains sont recouvertes, conformément aux prescriptions, le sauveteur ne doit, en aucun cas, toucher simultanément deux fils différents et il s'abstiendra de toute manœuvre qui mettrait la victime en contact avec deux fils différents. Les personnes étrangères au semce, à moins d'être
très exercées au maniement des fils et appareils électriques et d'en connaître parfaitement toutes les causes de danger, ne doivent en aucun cas :
1° Couper un ou plusieurs conducteurs électriques;
2° Chercher à établir un court ciixuit.
Ces opérations ne peuvent être faites utilement et sans danger que par les personnes compétentes.
En se conformant exactement aux précautions indiquées ci-dessus, le sauveteur ne court aucun risque, quand bien même il ressentirait accidentellement quelques secousses.
Secours à donner aux personnes foudroyées par suite d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques à courants alternatifs ou redressés.
Article premier. — Toute personne foudroyée par suite d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques, devra toujours, même dans le cas où elle présenterait les apparences de la mort^ recevoir avec la plus grande rapidité les soins indiqués ci-après :
Rremier cas* — Toitf eantaet a ees9é etêtre le ootys Oe la vieUme et iem conducieurm éieeiriqttesm
Art. 2. — On appliqueraimmédiatement le traitement suivant :
Instruction sur les premiers soins à donner aux foU" droyés^ victimes des accidents électriques^ rédigée par V Académie de Médecine,
On transportera d'abord la victime dans un local aéré où on ne conservera qu'un petit nombre d'aides,
trois OU quatre, toutes les autres personnes étant écartées.
On desserrera les vêtements et on s'efforcera, le plus rapidement possible^ de rétablir la respiration et la circulation.
Pour rétablir la respiration, on peut avoir recours principalement aux deux moyens suivants : la traction rythmée de la langue et la respiration artificielle.
1° Méthode de la traction rythmée de la langue. — Ouvrir la bouche de la victime et, si les dents sont serrées, les écarter en forçant avec les doigts ou avec un corps résistant quelconque : morceau de bois, manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette, extrémité d'une canne, etc.
Saisir solidement la partie antérieure de la langue entre le pouce et l'index de la main droite, nus ou revêtus d'un linge quelconque, d'un mouchoir de poche par exemple (pour empêcher le glissement), et exercer sur elle de fortes tractions répétées, successives, cadencées ou rythmées, suivies de relâchements, en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-même au nombre d'au moins vingt par minute.
Les tractions linguales doivent être pratiquées sans retard et avec persistance durant une demi-heure, une heure et plus.
2® Méthode de la respiration artificielle, — Coucher la victime sur le dos, les épaules légèrement soulevées, la bouche ouverte, la langue bien dégagée.
Saisir les bras à la hauteur des coudes, les appuyer
assez fortement sur les parois de la poitrine, puis les
écarter et les porter au-dessus de la tête, en décrivant
un arc de cercle, les ramener ensuite à leur position
J. Lefèvrb. — Nouv. électr. 15
primitive, en pressant sur les parois de la poitrine.
Répéter ces mouvements environ vingt fois par minute, en continuant jusqu'au rétablissement de la respiration naturelle.
Il conviendra de commencer toujours par la méthode de la traction de la langue, en appliquant en même temps, s'il est possible, la méthode de la respiration artificielle*
D'autre part, il conviendra concurremment de chercher à ramener la circulation en frictionnant la - surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps de Teau froide sur la figure, en faisant respirer de l'ammoniaque ou du vinaigre.
MESURES d'ordre TECHNIQUE.
Detiutiéwe eas. — La victime est enetnre en contact avec tes conducteurs éiectriques»
Art. 3. — Avant d'appliquer le traitement indiqué par l'Académie de Médecine, le sauveteur doit chercher à séparer le plus rapidement possible la victime des fils électriques, en évitant d'une manière absolue de toucher soit les fils soit la victime avec les mains nues.
L'accident peut se produire avec l'une des circonstances suivantes :
A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime ;
B. La victime est suspendue.
Selon l'une ou l'autre de ces circonstances, on opérera comme il est dit ci-après.
A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime, — Écartement des fils, — Si le sauveteur peut, sans avoir à toucher la victime, écarter le fil à l'aide d'un
bâton, d'une canne ou d*un outil quelconque muni d'un manche en bois (à), il le fera en ayant soin :
1° De ne toucher le fil qu'avec le bâton, la canne ou l'outil muni d'un manche en bois [a) ;
2* Défaire en sorte que le fil, dans cette manœuvre, ne vienne pas toucher le visage ou d'autres parties nues du corps de la victilne.
Si le sauveteur ne dispose pas immédiatement d'un bâton, d'une canne ou d'un outil muni d'un manche en bois (a), il devra, avant tout, commencer par se recouvrir les deux mains {b) soit de gants épais (c), soit d'étoffes sèches {d) d'une épaisseur suffisante (6-rf). Cela fait, il écartera le fil.
(a) — Le bois est conseillé parce qu'il est mauvais conducteur de Télectricité et intervient comme corps isolant. Si le manche en bois renferme une tige centrale métallique, il est nécessaire que cette tige soit complètement enveloppée de bois et n'apparaisse sur aucun point,
(b). — Il suffira souvent de retirer sa veste, son paletot, etc., et de les mettre sens devant derrière, les mains restant à Tintérieur des manches, qui devront être tamponnées pour former une forte épaisseur entre la peau et le contact à faire. Si on a une blouse, on se Tenroulera autour de la main droite et, autour de la main gauche, on enroulera un mouchoir, un gilet, etc.
(c) — Gants en laine compacte, de préférence genre moufles ; au besoin plusieurs paires de gants.
(d) — Renseignements sur la valeur isolante des étoffes et des vêtements :
Étoffes, Les étoffes à employer doivent être bien sèches ; les plus convenables sont celles en laine ; la flanelle et les couvertures en laine sont particulièrement convenables.
Les étoffes en fil et en coton sont moins convenables, surtout en raison de leur faible épaisseur; avec une épaisseur minimum de 5 millimètres on a toute garantie, même avec les étoffes les moins convenables.
Vêtements. Par analogie avec ce qui vient d'être dit, il faut prendre les draps en laine compacte de préférence et, dans le cas d^emploi de blouses en coton ou en toile, s'arranger pour avoir largement l'épaisseur minimum indiquée.
Après avoir délivré la victime, on s'empressera de débarrasser des fils la voie publique afin d'éviter de nouveaux accidents.
Coupure du fil, — Si le sauveteur ne peut écarter le fil, il devra le couper à l'aide d'un outil tranchant à manche non métallique j comme une hache à manche de bois sec.
Il fera successivement deux coupures en deux points situés de part et d'autre de la victime.
Il n'est pas nécessaire de couper le fil près de la victime ; il est préférable de le couper près des poteaux de suspension, de façon que les parties restant adhérentes à ces poteaux ne touchent pas le sol ou ne le touchent que sur la plus petite longueur possible.
Pendant que l'on coupe le fil, il faut veiller à ce qu'il ne rebondisse pas et n'aille toucher ni la victime ni le sauveteur. On pourra dans ce but maintenir le fil sous le pied par l'intermédiaire de matières isolantes, telles que bois sec, planches, fagots, bottes de paille, vêtements secs, cordes sèches, etc.
Dégagement delà victime, — Si on ne peut effectuer les coupures des fils électriques dans les conditions qui viennent d'être indiquées, si le sauveteur est obligé de toucher la victime et s'il y a crispation des membres de la victime, des doigts par exemple, l'opérateur, avant de rien faire, devra commencer par se recouvrir les deux mains soit de gants (note c), soit d'étoflFes sèches d'une épaisseur suffisante (notes b et rf).
Puis il ouvrira de force la ou les mains de la victime, en écartant les doigts les uns après les autres.
Pendant cette opération : !• Avoir soin que le fil ne revienne pas toucher le visage ou d'autres parties nues du corps de la victime. 2® Toucher autant que
possible la victime par des parties qui ne soient pas en état de moiteur, telles que les aisselles, les pieds, etc.
B. La victime est suspendue. — Prévoir sa chute et prendre à cet effet les précautions convenables.
A l'aide d'une échelle ou de tout autre moyen, on tâchera de s'élever jusqu'à la victime et de la délivrer en coupant le fil.
Le seul instrument convenable dans ce cas pour couper un fil est une cisaille; mais, comme le manche est généralement métallique, il faudra, avant d'employer cet outil, ou bien se couvrir les deux mains, comme il est expliqué à l'article 3, ou bien entourer le manche de l'instrument d'une épaisseur suffisante d'étoflfes sèches (note d).
Quand on aura atteint la victime, on la suspendra par des cordes ou on l'accrochera par ses vêtements et on la descendra, en évitant qu'elle soit mise de nouveau en contact avec les fils.
Si on ne dispose d'aucun moyen pour arriver à la victime, ou si, disposant d'une échelle, on ne possède pas un instrument convenable pour couper le fil et opérer comme il vient d'être expliqué, on devra prévenir l'usine le plus vite possible.
Art. 4. — Dans aucun cas, le sauveteur ne doit toucher un fil sans s'être recouvert les deux mains, soit de gants épais (note c), soit d'étoffes sèches d'une épaisseur suffisante (notes b et rf).
Si des rails sont placés sur la voie publique, il doit éviter de les toucher même avec ses chaussures.
Même les deux mains étant recouvertes conformément aux prescriptions, le sauveteur ne doit, dansaucun caSf toucher simultanément deux fils différents et il doit
s^abstenir de toute manœuvre qui mettrait la victime en contact avec deux fils différents.
Les personnes étrangères au service, à moins d'être très exercées au maniement des fils et appareils électriques et d'en connaître parfaitement toutes les causes de danger, ne doivent, en aucun cas, chercher à établir un coùrt-circuit .
Cette opération ne peut être faite utilement et sans danger que par des personnes compétentes.
En se conformant exactement aux précautions indiquées ci-dessus, le sauveteur ne court aucun risque, quand bien même il ressentirait accidentellement quelques secousses.