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TRANSMISSION D'ÉNERGIE PAR COURANTS DIPHASÉS

groupe étant relié à la ligne, il faut, pour relier le second, saisir le moment où il y a concordance des phases. Pour cela, on réunit les secondaires des deux paires de transformateurs en opposition, à travers les lampes à incandescence, dont Textinction indique la concordance des phases.

La ligne est en grande partie aérienne ; elle est alors formée d'un fil de bronze silicieux, supporté, à l'aide de doubles cloches en porcelaine, par des poteaux protégés à la base par une spirale de ronces métalliques. Les fils sont croisés tous les 300 mètres, afin d'éviter les efifets d'induction sur les fils téléphoniques, placés à mi-hauteur des mêmes poteaux. Une petite partie de la ligne souterraine est formée de câbles sous plomb, disposés dans un caniveau en bois goudronné. De puissants parafoudres sont placés en divers points de la ligne, ainsi qu'à toutes les stations.

Les électromoteurs actionnés par les courants diphasés sont du type décrit plus haut; ils servent presque tous à commander, par courroies, des ventilateurs de mines; ils fonctionnent jour et nuit, avec deux arrêts de 13 minutes pour le graissage et le nettoyage. La plupart de ces appareils sont abandonnés à eux-mêmes, dans une cabane située en pleine forêt ; un gardien de ronde les visite seulement toutes les six ou huit heures. La transmission électrique a donc permis d'employer ces stations réceptrices très simples au lieu de construire, pour chaque ventilateur, une usine avec chaudière et machine à vapeur exigeantun personnel beaucoup plus nombreux, et rendant en outre le transport du charbon, l'amenée de l'eau et l'enlèvement des cendres beaucoup plus coûteux.

30 i STATION A COURANTS TRIPHASÉS D'ERDING.

Station à courants triphasés dTrding. — La station d'Erding (Autriche) a été installée récemment par la maison Siemens et Halske, de Berlin ; elle produit des courants triphasés k haute tension. La force motrice est fournie par la Sempt, petit cours d'eau qui se jette dans Tlsaar à Moosburg ; une turbine horizontale, de la Société Augsburger Maschinen Fabrik produit, avec une hauteur de chute de 1,70 mètre, une puissance de 60 chevaux, à la vitesse de 35 tours par minute; un arbre de transmission commande, à Taide de poulies et de courroies, deux dynamos à courants triphasés Siemens et Halske, donnant chacune 40 kilowatts à 750 tours ; une seule machine absorbe toute la puissance de la turbine : ces machines sont décrites plus haut (page 73).

La figure 126 montre le schéma général de la distribution. On voit en ED le collecteur de la dynamo excitatrice, en RW le rhéostat de cette machine et en DM rinduit de Talternateur à courants triphasés ; rinstallation est identique pour les deux machines. De chacune d'elles partent trois câbles qui se rendent au tableau de distribution, figuré au-dessus ; chacun des deux circuits renferme un interrupteur MS à trois lames, avec coupe-circuit fusibles, des indicateurs d'intensité kk et un voltmètre V. Ce dernier appareil n'est pas placé directement sur le circuit à haute tension; mais il est disposé sur un indicateur de phases PV, qui se compose de deux transformateurs de faible puissance, dont les fils primaires sont intercalés sur les circuits à haute tension et les fils secondaires disposés de façon que les différences de potentiel s'ajoutent pour le synchronisme des deux machines. Trois lampes à incandescence, placées au-dessus

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de cet indicateur, servent pour le contrôle ; le voltmètre V est situé sur le fil secondaire et peut être intercalé sur les divers circuits au moyen d'un commutateur. On voit à la partie inférieure de l'appareil des plombs fusibles placés sur les circuits à haute tension.

Trois fils partant de l'usine se rendent à la ville d'Erding, située à 3 ou 4 kilomètres. Cette canalisation est formée de câbles en cuivre nu, de 16 mm*, portés par des isolateurs à huile, placés eux-mêmes sur des poteaux de 12 à 13 mètres de hauteur ; la distance des fils est de 70 centimètres, celle des poteaux d'environ 40 mètres. Pour éviter l'influence des phénomènes atmosphériques, on a fixé au sommet des mâts, de cinq en cinq, une pointe métallique en communication avec la terre.

En arrivant à Erding, la canalisation se divise en deux parties; le courant à haute tension alimente cinq transformateurs, dont 3 de 10 kilowatts et 2 de 5 kilowatts, placés en des points différents. Les fils secondaires de ces appareils sont réunis en quantité et forment le circuit de distribution, qui comprend les appareils d'utilisation des abonnés. La plupart des rues possèdent trois lignes ; celles qui ont moins de huit lampes n'en contiennent que deux.

. Les transformateurs se composent de trois noyaux verticaux formés de lamelles de fer réunies aux deux bouts : sur ces noyaux s'enroulent directement les circuits secondaires, que recouvrent les fils primaires. Chaque appareil est porté par un socle en fonte placé sur un pilier en maçonnerie et protégé par une enveloppe cylindrique en tôle : des ouvertures livrent passage aux câbles et permettent la libre circulation

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de l'air. Une plaque, située près de la porte, est munie des plombs fusibles des deux circuits. Le rendement électrique est de 96 p. 100; la température intérieure ne dépasse pas 50 à 60** C.

La canalisation secondaire est fixée en partie sur la façade des maisons, à une hauteur de 6 mètres environ ; elle porte quinze paratonnerres, formés chacun de deux plaques de charbon parallèles et peu écartées : la plaque supérieure porte un noyau de fer mobile dans un solénoïde, qui est relié d'une part avec ce noyau, d'autre part avec la terre ; la plaque inférieure communique avec la canalisation. En cas de décharge atmosphérique, un arc jaillit entre les deux plaques et le circuit se ferme par le sol : le noyau est alors attiré par le solénoïde et l'arc se rompt brusquement.

Le circuit secondaire alimente des lampes et des moteurs. L'éclairage des rues utilise 97 lampes à incandescence de 16 bougies et 6 régulateurs de 12 ampères ; le montage de ces derniers est représenté au centre du schéma (fig. 126). Le nombre total des lampes actuellement en service est d'environ 600. L'usine et les habitations des mécaniciens emploient 12 lampes de 16 bougies, alimentées par un transformateur spécial. Un rhéostat placé sur le circuit secondaire de cet appareil permet de maintenir la différence de potentiel constante, nécessaire pour les lampes, quel que soit d'ailleurs le voltage nécessité à l'usine par les pertes sur la ligne.

Les moteurs électriques ne sont utilisés que pendant le jour, l'énergie totale étant employée le soir pour l'éclairage.

L'énergie électrique est fournie à forfait, au prix de

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