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Nev! York médical journal, 10 mars

phate de fer, et il se forme du phosphate bibasîque de sodium et de fer, qui est soluble, neutre, sans eflFet par conséquent sur le suc gastrique et le suc pancréatique, légèrement purgatif et cholagogue. Cette action purgative est même si nette, qu'il est nécessaire d'user de quelque précaution quand on administre l'aromatine aux tuberculeux diarrhéiques ou ayant des tendances à la diarrhée. Linthicum a traité par cette méthode un certain nombre d'anémiques pendant un temps variable, en moyenne sept semaines; il a constaté une amélioration notable avec augmentation de 25 à 30 p. 100 dans le nombre des hématies et de 8 à 9 p. 100 dans la teneur du sang en hémoglobine. Cette méthode intéressante mérite d'être expérimentée sur un plus grand nombre de sujets, car il est possible qu'elle donne des résultats satisfaisants.

4° Méthode par le sang défibriné

Les deux formes de cette méthode ont l'une et l'autre pour but de remplacer la transfusion intra-veineuse, difficile à exécuter, quelquefois dangereuse, par des injections sous-cutanées dans le premier cas (hémothérapie), et dans le second cas (hémentéroclyse) par des lavements de sang défibriné.

A. — Hémothérapie.

Ziemssen emploie le sang humain, Dominici le sang de chien, Hasse le sang d'agneau ; il est nécessaire, dans tous les cas, que l'individu ou l'animal auquel on emprunte le sang soit absolument exempt de toute maladie infectieuse (syphilis, tuberculose, morve, rage, etc.). Le sang tiré habituellement de la veine médiane céphalique, est reçu dans un vase stérilisé, chauflFé au bain-marie à 37**-38*» G. (pas au-dessus), et fouetté avec une baguette stérilisée afin de l'oxygéner et de le défibriner. On injecte d'un seul

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coup 25 à 30 centimètres cubes, et l'injection peut être répétée deux ou trois fois par jour; Ziemssen a même injecté jusqu'à 350 grammes de sang en 14 injections. L'injection, toutes les précautions antiseptiques étant prises, doit se faire profondément à la cuisse ou dans le dos de préférence ; il faut en même temps pratiquer des massages énergiques pour faire cheminer sous la peau le sang injecté. L'injection étant douloureuse, il est bon de chloroformer, si faire se peut, le malade. On met de la glace sur la région où l'injection a été faite.

Comme phénomènes consécutifs, on observe de la douleur, assez durable, des ecchymoses, quelquefois de la lymphangite , des abcès, des phlegmons , ou même de l'hyperthermie passagère. On observe aussi, au bout de un à deux jours, des globules rouges (quand il s'agit d'injection de sang humain) dans le canal thoracique et la lymphe, et de Thémoglobinurie (quand il s'agit de sang d'animal).

L'indication la plus formelle de l'hémothérapie est Thémorrhagie grave avec syncope menaçant la vie. On constate alors un retour à la connaissance, avec augmentation du nombre des hématies et de leur teneur en hémoglobine, recoloration assez rapide de la peau et des muqueuses. On peut également utiliser avec succès ce procédé dans Tanémie grave progressive.

B. — Hémentéroclyse,

Ce procédé a été imaginé par Antiq pour éviter les inconvénients de l'hémothérapie (douleur, abcès) et les difficultés qu'on éprouve à trouver une personne saine, qui se prête à l'émission. On emploie le sang de bœuf parfaitement sain, que l'on défîbrine; la dose est de 1^5 grammes que l'on fait chauffer au bain-marie à 37°- 39^ C. Il est bon d'administrer, quelques instants avant l'hémentéroclyse, un lavement évacuant; s'il y a des coliques, on peut ajouter trois à auatre gouttes de lauda-

num au lavement de sang; ce dernier doit être gardé aussi longtemps que possible et même complètement. Généralement, on administre un lavement de sang tous les soirs pendant huit jours, puis on interrompt le traitement pendant quelques jours pour reprendre ensuite la série; la médication peut être, avec ces interruptions, continuée pendant longtemps sans amener d'irritation rectale. Soa indication est surtout l'hypoglobulie et l'aglobulie, et Thypohémoglobie. On constate rapidement une amélioration de Tétat général, avec augmentation des hématies et de l'hémoglobine.

5° Méthode pau les dérivés du sang

Cette méthode répond en partie à celle qui a été préconisée par les partisans de la théorie de Bunge; toutefois, aux hématogènes alimentaires on a substitué des préparations artificielles plus riches en fer et dans lesquelles on s'est efforcé de présenter le fer sous une forme organique assimilable. La plupart de ces préparations sont tirées du sang et résultent de divers traitements imposés à l'hémoglobine. La question est de savoir si cette hémoglobine ainsi traitée est réellement assimilable; on serait tenté de répondre par la négative si l'on considère les résultats, souvent fâcheux, de l'ingestion du sang frais, dans les abattoirs, comme cela se pratique encore quelquefois; mais d'autre part, il est avéré, malgré l'opinion du professeur Bergeron, que les pulpes de viande crue et les jus de viande fraîche obtenus par simple pression peuvent intervenir très efficacement dans le traitement des différentes formes de l'anémie. 11 existe donc certains procédés grâce auxquels le fer de l'hémoglobine peut être directement assimilé. Il ne semble pas malheureusement que les produits industriels dérivés du sang soient tous dans ce cas; la plupart même ne sont pas des combinaisons organiques de fer et, comme le dit Rosenstein, « ne renferment les

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matières du sang que dans leur nom». Il ne sera donc question ici que des préparations ayant une certaine valeur thérapeutique.

Les plus intéressantes de ces préparations sont à base d'hémoglobine, jnatière riche en fer, mais qu'il est difficile de préparer et de conserver. Il existe cependant un grand nombre de marques commerciales, parmi lesquelles on peut mentionner :

Vextrait d'hémoglobine de PfeufFer, masse sirupeuse, rouge, contenant 30 p. 100 d'hémoglobine et des traces d'oxy- et de méthémoglobine ; Y hématogène de Fortuna, et Vhémoglobine albuminale de Theuer, qui contiennent de l'hémoglobine et de la méthémoglobine ; enfin les hémoglobines de Deschiens, qui se présentent sous forme de sirop, de vin, ou de dragées, ces dernières réservées particulièrement aux enfants.

Les préparations qui contiennent de la méthémoglobine en proportions notables déterminent parfois des troubles gastriques avec constipation ; en tout cas, les insuccès paraissent beaucoup plus fréquents que les succès avérés et il convient de ranger en conséquence la plupart d'entre elles dans le groupe des produits dont parle Heschell, qui ne font pas de mal parce qu'ils sont à peu près inertes.

Les véritables préparations d'hémoglobine sont plus actives : elles causerft rarement de la constipation, de l'anorexie et sont bien supportées par la plupart des malades, sauf cependant quand il existe des troubles gastriques antérieurs d'une certaine gravité. Elles ont donné des résultats assez encourageants dans la chlorose, l'anémie primitive ou secondaire et dans un certain nombre d'états cachectiques; dans la tuberculose au début, elles paraissent assez utiles, de même que dans la convalescence des maladies infectieuses, surtout de l'enfance, et enfin dans l'impaludisme et l'anémie des pays chauds.

Parmi les produits dérivés, il faut mentionner la feiTOsomalose qui parait avoir un effet assez actif. C'est une poudre brune, sans odeur ni saveur accusée, soluble dans

Teau; il y en a deux formes commerciales, l'une contient 2 p. 100 de fer, Tautre 3,46 p. 100; la première est préférée pour les enfants, la seconde pour les adultes. On prépare ce produit en traitant Talbumose parle chlorure ferrique ; dans Testomac, il y a dédoublement de la somatose et du fer, lequel se combine avec Tacide chlorhydrique gastrique; cette préparation est donc à la fois ferrugineuse et alimentaire. Suivant F. Werner, St. Klein et d'autres cliniciens, elle présente, sur les produits de même ordre, l'avantage de ne pas noircir les dents, de ne pas diminuer l'appétit, de ne causer ni vomissements, ni douleurs d'estomac, ni enfm de diarrhée ; mais cette dernière circonstance est souvent plus nuisible qu'utile dans le traitement des anémiques et des chlorotiques. Les doses quotidiennes sont de 5 à 10 grammes pour les enfants, de 15 à 20 grammes pour les adultes, dans de l'eau, du lait, de la soupe, du chocolat; ces doses représentent 3 cuillerées à<;afé, plus ou moins pleines suivant Tâge, que Ton prend le matin, à midi et le soir.

Ce médicament a été appliqué avec succès au traitement de la chlorose et de l'anémie, et particulièrement (St. Klein) au traitement de la pseudoleucèmie des enfants; dans tous les cas, il y a eu amélioration générale rapide, avec augmentation du nombre des globules rouges, du taux de l'hémoglobine et du poids du corps; dans l'anémie pseudoleucémique, le sang a repris son aspect normal et la rate a considérablement diminué de volume ; dans les cas légers, la guérison a été obtenue au bout d'un ou deux mois; mais dans les plus graves, il y a eu des complications qui ont relardé le rétablissement.

En présence de ces résultats cliniques concordants, il faut admettre que la ferrosomatoseestun bon hématogène, encore qu'il soit nécessaire de la manier avec prudence, surtout dans la pratique infantile, car, chez les anémiques pseudoleucémiques, il y a parfois intolérance. Les observations faites en France surtout chez les adultes montrent que ce médicament est assez bien digéré et qu'il ne passe

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qu'en partie dans les fèces. Une certaine quantité de fer est donc fixée, maison ignore encore sous quelle forme et par quel mécanisme.

Le Fersan, albuminate acide contenant du fer et du phosphore en combinaison organique, est un nouveau produit tiré des globules rouges du sang de bœuf frais. Les hématies, isolées par centrifugation, sont traitées par l'acide chlorhydrique étendu; la matière obtenue renferme tout le fer et le phosphore des hématies et se présente sous forme d*une poudre brun-chocolat, légèrement salée, à réaction acide, soluble dans l'eau et ne coagulant pas par la chaleur, et qui renferme 3»%? de fer p. 1000. Le Fersan n'est dédoublé que dans l'intestin, et ne détermine. ni anorexie, ni troubles gastriques, ni constipation, et est bien accepté partons les malades; d'ailleurs, contenant 80 p. 100 de matières albuminoi'des solubles, il dépasse le pouvoir nutritif de la somatose et est presque totalement assimilé. On remploie à la dose de 1 à 3 cuillerées à café par jour, dissous dans une petite quantité de liquide froid; tous les véhicules d'ailleurs sont convenables, eau pure, lait, bouillon, thé, cacao. Il existe aussi des pastilles contenant de 08%2o (enfants), à O^^SO de Fersan (adultes), trois à quatre par jour, et des biscui^ts au Fersan, réservés aux enfants.

Par suite de sa richesse en fer et en phosphore et de sa grande digestibilité, le Fersan est indiqué dans la chlorose, l'anémie et les maladies consomptives. Kornauth et Ton Czadek, Silberslein, Kornfeld ont montré que, à la dose de 3 cuillerées à café par jour, pendant deux à trois semaines, il augmente considérablement le nombre des globules rouges et la proportion d'hémoglobine. Pollak s'en est également très bien trouvé dans la tuberculose au début et les convalescences. Knfin Laumonier^ Ta appliqué avec succès au traitement de l'atrophie infantile, après sevrage.

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