VI PREFACE
Ce problème est singulièrement complexe; par exemple, pour nous en tenir à la moelle épinière, nous trouvons, dans la substance grise ^ des séries diverses de cellules interposées entre le lieu d'arrivée probable des racines postérieures sensitives et le point de départ bien connu des racines antérieures motrices; mais, de plus, les divers étages de la substance grise sont reliés entre eux et avec les diverses parties de l'encéphale. Par Tembrj^ologie, par l'étude des dégénérescences, l'anatomie est arrivée à localiser dans les cordons blancs les diverses commissures entre les centres gris; mais le point toujours à élucider était le mode de connexion de ces fibres, aussi bien que de celles des racines postérieures, avec Taxe gris, c'est à dire avec les cellules nerveuses.
Ces connexions ont lieu dans une « substance fondamentale » interposée entre les cellules, et qui paraît constituée par un fin réseau émané des prolongements protopiasmiques ramifiés des cellules nerveuses. C^est sur ce réseau que, depuis plus de trente ans, se concentre l'attention des histologistes. Sa finesse, sa disposition serrée, le rendaient inextricable tant que les réactifs employés pour son étude en coloraient indifi'éremment toutes les fibrilles. Comme pour débrouiller un écheveau de fil, il eût fallu pouvoir suivre un seul prolongement protoplasmique de cellule nerveuse, rendu visible au milieu de ses voisins non révélés par le réactif. C'est par un artifice semblable que Tétude des dégénérescences avait permis de trouver, dans les cordons blancs, des faisceaux bien distincts par leurs connexions et leurs fonctions. Pourrait-on espérer que de même, parmi les cellules nerveuses des centres gris, il serait possible d'en rendre visibles quelques-unes seulement qui, alors, pourraient être Suivies dans' leurs ramifications et connexions, comfne éléments de l'inextricable réseau, et qui pourraient ainsi être débrouillées par cela même que les