METHODE DE COX
Cox a modifié d'une façon avanta2;euse la méthode au bichlorure de mercure de Golgi, et Ta appliquée avec succès à l'étude de l'écorce cérébrale. Nous nous sommes servi de cette méthode avec profit, pour l'examen de la corne d'Ammon et du cervelet, et très souvent elle nous a permis de compléter les détails fournis par la méthode au chromate d^irgent. En voici le résumé :
1° Immersion de morceaux frais, pas très gros de centres nerveux pendant 2 à 3 mois et plus dans le liquide suivant : Bichromate de potasse à 5 0/0 20
Bichlorure de mercure à 5 0/0 20
Eau distillée 30 à 40
Chromate de potasse à 5/0 à
réaction fortement alcaline 16
2° Lavage des pièces entières pendant environ une demiheure dans l'alcool à 90° pour les débarrasser de l'excès de suWimé qui se précipiterait ultérieurement dans les coupes sous formes d'aiguilles cristallines.
3° Montage des pièces et coupes comme pour la méthode de Golgi.
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4° Lavage à l'alcool à 90° (36° Cartier), essence de girofles et baume; pas de couvre-objets.
La méthode de Cox donne comme la méthode au chromate d'argent de meilleurs résultats chez les animaux jeunes. Nos plus belles préparations ont été faites avec l'écorce cérébrale, la corne d'Ammon et le cervelet de lapins 'de 20 à 30 jours. Les coupes présentent sur un fond jaune les cellules et les fibres imprégnées d'un dépôt noir plus ou moins grisâtre.
L'avantage principal de la méthode de Cox est de colorer un grand nombre de cellules et de ne pas donner lieu à des précipités dans les parties superficielles des pièces. Elle se prête très bien à l'imprégnation dans leur totalité, de cerveaux de cobaye nouveau-né, de rat ou de souris de i mois. Ce qui est précieux aussi dans cette méthode, c'est qu'on peut colorer ensuite les coupes par le carmin de Grenacher ou l'hématoxyline.
Du reste^ les renseignements fournis par la méthode de Cox sont les mêm.es que ceux de la méthode de Golgi. Il est à remarquer seulement que les plus fines collatérales y apparaissent, grâce à la faible opacité du précipité métallique, plus pâles que dans les préparations au chromate d'argent.
ADDENDUM
De toutes récentes recherches faites sur les embryons de mammifère et de poulet nous ont amené à modifier quelque peu le schéma des collatérales horizontales des radiculaires postérieures décrites à la page 21 et suivantes.
La branche principale et les branches de bifurcation ascendante et descendante ne donnent pas des collatérales ayant même longueur et même destination.
Nous avons vu, en effet, que les collatérales des radiculaires postérieures étaient les unes longues et les autres courtes.
Les collatérales longues partent de la tige principale et de la portion de ses deux branches qui est voisine de la bifurcation; elles constituent un faisceau antéro-postérieur qui traverse radialement la corne postérieure pour se porter vers les cellules radiculaires de la corne antérieure. En se terminant, elles forment un plexus qui embrasse le corps et les ramifications protoplasmiques de ces cellules. Ces collatérales servent de voie ordinaire aux réflexes. Cest notre voie sensitivo-motrice, la voie reflexo-motrice de Kcelliker.
Les collatérales courtes naissent du reste du trajet des fibres de bifurcation ascendante et descendante et se portent comme
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les terminaisons de ces fibres, à travers la substance de Rolande vers les cellules de la colonne de Clarke et de la tête de la corne postérieure, cellules qu'elles entourent de leurs ramifications terminales.
Les inductions physiologiques que nous avions tirées des faits observés conservent toute leur valeur malgré cette modification : Les excitations faibles parviennent aux cellules radiculaires antérieures d'un segment limité de la moelle par les fibres collatérales longues; les excitations fortes dérivent en outre parles collatérales courtes pour se transmettre, par l'intermédiaire de la colonne de Clarke, à la voie cérébelleuse ascendante, et, grâce aux cellules commissurales de la corne postérieure, sow :(u faisceau fondamental du cordon latéral du même côté, soit au cordon antéro-latéral du côté opposé.
Bien que par les méthodes anatomiques on ne soit pas encore arrivé à démontrer Texistence d'une voie spéciale, supplémentaire de la voie cérébelleuse, et destinée à la transmission des excitations sensitives à longue distance^ c'est à dire au cerveau,, on se trouve de par les faits (brièveté des voies fournies par les radiculaires postérieures dans la moelle, absence totale de leur entrecroisement), obligé à admettre cette voie. Elle serait établie par les cylindres axes très longs de cellules spéciales dites sensitives centrales, siégeant dans tous les points de la moelle et du bulbe où viennent se faire les terminaisons des radiculaires postérieures. Ces cylindres axes, après s'être entrecroisés dans le bulbe au niveau du ruban de Reil, ou, comme le croit van Gehuchten, tout le long de la moelle au niveau de la commissure antérieure, iraient porter l'excitation aux panaches périphériques des cellules pyramidales du côté opposé (i).
(i) Le lecteur modifiera aisément par la pensée, dans le sens de cette description, les indications des figures 2, 3 et 6.
La liste bibliographique suivante ne contient que les travaux se rapportant d'une façon toute particulière à la conception actuelle de la structure du système nerveux, ou basés sur les résultats des nouvelles méthodes d'examen. Nous avons cité même les travaux les plus récents dont nous avons eu connaissance.