‹ Les Nouvelles Méthodes d'AnesthésieChapitre 18 sur 36 · IMPORTANCE DU ROLE DE L'ANESTHÉSISTE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DU ROLE DE L'ANESTHÉSISTE

En France, une anesthésie se présente souvent sous l'aspect d’une lutte engagée entre un patient asphyxique et un apprenti anesthésiste congestionné par l’effort.

En Angleterre, aux Etats-Unis, le visiteur étonné assiste presque toujours à une narcose facile, sûre, sans à-coup, harmonieuse.

Pourtant les Anglo-saxons ont employé longtemps les mêmes agents chimiques que nous. Avec l’éther, le chloroforme, ils obtenaient déjà des résultats bien supérieurs aux nôtres.

L’explication en est simple. C’est que ces pays qui contribuèrent tant à la création et au perfectionne-

e générale, sont restés en avance

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ment de l’anesthési

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sur nous. Ils ont reconnu depuis longtemps Fimpor- {tance du rôle de l’anesthésiste.

Chez eux, des médecins n’ont pas craint de se consacrer uniquement à l’étude de l’anesthésie; leurs travaux et leur expérience pratique ont abouti à la création d'appareils perfectionnés, à la découverte de nouveaux produits anesthésiques et à ladministration d’anesthésies impeccables.

En France on a trop tendance à croire que le facteur agent chimique est le seul important, que lanesthésie est une recette dont on peut confier l’exécution au premier venu.

— Avoir pour tout contrôle l'exploration de quelques réflexes, l’aspect du visage et des impressions plus ou moins vagues sur le pouls et la respiration.

-—— Doser le narcotique « grosso modo » selon les réactions du patient ou parfois celles du chirurgien.

— Voir surgir à chaque instant des incidents auxquels on ne remédie qu’en en provoquant d’autres.

— Avoir toujours sous la main l’ouvre bouche et la pince à langue :

Voilà à quoi se borne chez nous, pour l « anesthésiste moyen », toute la question de l’anesthésie.

Quand il croit la posséder, après quelques douzaines d’anesthésies, l'étudiant français cède sans regret le tabouret à un nouveau catéchumène: il n’a en effet aucun goût pour un rôle généralement considéré comme inférieur.

En Amérique, au contraire, l’anesthésiste est de

beaucoup le principal collaborateur du chirurgien.

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Il a toutes les initiatives ct l’entière responsabilité de Panesthésie.

Le chirurgien s'occupe intégralement de l’acte opératoire; il considère l’anesthésiste comme un spécialiste avec lequel il discutera, le cas échéant, les risques généraux d’une intervention.

Quelques chapitres nous serons nécessaires pour donner une idée des bases, de la technique et de l’organisation de l’anesthésie aux Etats-Unis.

Phases de l'anesthésies.

Pour établir une technique sûre, donnant constamment de bonnes anesthésies, pour prévoir les difficultés, les supprimer ou y remédier, les Américains ont compris qu’il fallait s’appuyer sur des bases objectives.

Ils ont précisé l’action physiologique des anesthésiques, ils ont analysé les processus de la narcose, ils ont étudié les réactions du patient et établi des critères permettant de mesurer sa tolérance. En un mot ils ont créé une véritable science de l’anesthésie.

Pour eux, la narcose se divise en quatre stades

Le premier, qui correspond au début (à linduction), est caractérisé par l’analgésie et l’atténuation du réflexe cornéen.

Le deuxième stade, ou stade d’excitation, est caractérisé par des mouvements des globes oculaires.

Le stade suivant est le plus intéressant : c’est le stade de l’anesthésie chirurgicale complète. Dès le début,

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les mouvements des globes oculaires s’atténuent prosressivement, puis font place à la fixité. On peut le subdiviser en 4 degrés. Dans les 3 premiers, les réflexes disparaissent dans un ordre bien déterminé; dans le dernier la respiration s’arrête.

Le quatrième stade correspond à l’apée; on ne doit jamais y arriver.

Voici un tableau résumant les signes qui caractéri-

sent les différents stades d’anesthésie (Voir ci-contre).

Le shock anesthésique

Pour les Américains, le shock anesthésique englobe toutes les perturbations, même les plus légères, qui surviennent au cours de l’anesthésie. Ils en distinguent plusieurs degrés progressifs basés sur l’observation objective et systématique du patient.

L’anesthésiste possède ainsi des points de repère ‘qui lui permettent d'apprécier la moindre défaillance. - Averti d’un premier degré de shock qu'aucun signe extérieur ne révèle, il évitera l'accident grave, qui pourrait survenir.

Ce contrôle est basé sur la mesure toutes les 5 minutes de la tension artérielle (maxima et minima), du pouls et du rythme respiratoire.

Voici, d’après le Dr M. B. Sanders, les caractères des 3 degrés du shock anesthésique

1 degré

15 % d'augmentation dans la fréquence du pouls sans changement de la tension artérielle; ou : 10 %

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