‹ Les nouvellistesChapitre 41 sur 139 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

:;. Ibid., II. L22-23.

par l'autorité qu'ils se sont peu à peu acquise, ont le privilège de pouvoir infirmer ou confirmer les nouvelles en cours. Actuellement encore n'entendonsnous pas chaque jour :

« Oh! ceci doit être vrai: je l'ai lu dans tel journal ».

Car il en était des nouvellistes, comme il en est aujourd'hui des journaux : quelques-uns s'étaient fait la réputation, non seulement d'être généralement bien informés, mais de ne donner les nouvelles qu'avec prudence et esprit critique.

Yoiei donc l'heure des réflexions :

Les nouvelles, dit-il, ne sont bien assurées,

Qu'à ces heures-là seulement,

Et l'on n'y croil parfaitement Que quand par tels ou tels elles son! avérées,

Qui souvent ont l'honneur de voir Des gens que leur emploi conduit à tout savoir.

Comme toutes les sociétés de spécialistes, ces bureaux en étaient arrivés à se créer un vocabulaire et un langage particuliers. C'est encore Donneau de Vizé qui nous renseigne à ce spjetet de la manière la plus curieuse :

Pour s'expliquer, ils ont beaucoup de termes. Comme : •• Aujourd'hui sur le bureau Nous n'avons rien mis de nouveau ». — « La Compagnie a toutes ces nouvelles ». — > Sur le bureau l'on en mit hier de belles », Ou ■ le bureau doit s'ouvrira l'instant ». — « On doit tantôt en examiner telles, Carie bureau n'est encor que de tant », — ■■ Telle nouvelle n'est pas mûre », — ■ Telle est aujourd'hui dan- son plein », — » Telle est aux abois ». et « Demain Telle seulement sera sûre ». —

« Tels ne sachant rien des premiers, Ne sont que de francs regrattiers, Et les bonnes toujours leur étant inconnues Ils ne savent que les menues, Qu'ils débitent tous les derniers '. »

Dans la plupart des jardins et des promenades publics s'étaient formés des bureaux de nouvellistes, dont plusieurs étaient renommés. Donneau de Vizé les nomme les « grands bureaux », « ces fameux bureaux », ou bien encore : « ces bureaux si célèbres par les grandes affaires qui s'y traitent2 ». Et le charme de l'entretien devait y être des plus vifs; car le Mercure cite tel « gentilhomme champêtre », jadis familier de ces réunions, et qui, revenu dans ses terres, où il recevait de nombreuses correspondances, ne cessait d'envoyer régulièrement les nouvelles « de la campagne », — nous dirions : de province — au bureau parisien qu'il avait fréquenté; témoignage de sa reconnaissance pour tant d'heures agréables passées dans ce plaisant commerce.

L'auteur des Mœurs de Paris divise les « politiques » des promenades publiques en trois classes : la première comprend d'anciens militaires, de vieux officiers aimant à rappeler leurs campagnes, mais surtout à commenter les guerres nouvelles qui se déroulaient sur les frontières, impatients qu'ils sont d'apprendre les marches et les hauts faits des armées.

La seconde classe se recrutait parmi les bourgeois

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