‹ Les nuits d'Espagne operacomique en deux actesChapitre 16 sur 57 · II : 1 li " !'• ' i : >; * rit; ! il A · texte numérisé non relu

II : 1 li " !'• ' i : >; * rit; ! il A

Enfin, j’en suis amoureux fou! je ne dors plus! Depuis un nioiSj, majôr, j’ai remué ciel et terre pour 1 là' retrouver. Toutes les maisons de taf ville, toutes los villas (tes environs, ij*»! tout exploré; je n’ai plus d’espoir que dans ces fameuses courses, qui, vous le savez, attirent d’ordinaire à Cadix toute l’Andalousie... Pour y aller, major, il n’y a pas de folie que je n’eusse faites! au besoin, j’aurais déserté! j’aurais fait sauter* la forte-* Hesse! < < U . •» .•» $ j • . ... •

' t, .r-u u - .il > LE major. ’ c i'ii'f 1 '-

Corbleu ! veux-tu bien te taire! venir me parler de déserter ! ét'fjqürtiricôiiilon!'

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Mais, major, vous avez été jeune?

„ ■■ LE MAJOR

Jamais!

, „ PRANCK.

vous avez aimé ?

LE MAJOR

Jarpais !

FRANCK

Comment ! pas la moindre aventure ?

LE MAJOR

Pas la moindre! ou du moins^.,

FRANCK

Ah! i

' If. major.

Une seule, mais dont le dénoûment fut si tragique...

■- " 1 « ’ !! FRANCK. « tV

Vous m’effrayez. ’ • •

LE MAJOR

, Tu vas en juger...

FRANCK

Voyons, contez-moi ça, mon bon major!..

; LE MAJOR. , t O

L’histoire remonte à mon premier voyage en Espagne.,, J’avais vingt ans... j’étais jeune et joli garçon... comme toi,.. Ün soir, aux environs de Barcelonne, sept ou huit coquins, armés d’escopettes et de bâtons, fondent sur moi commo des foroe-

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LES NUITS U’ESpK’ONK.

nos... J*' m’apprête à leur répondre par nue pantomime britannique... (n fait mine de boter. ) Mais les lâches, abusant de leur nombre, ne me donnent pas le temps de me reconnaître... ils me renversent brutalement dans la poussière, après m’avoir volé ma bourse et mon manteau, et, me laissent pour mort sur la place. Quand je revins à moi, j'étais dans les bras de la plus appétissante senora...

FRANCK, riant.

Ah! ah! ah! c'est tout un roman !

nn if . le major. :• •• 1 1

> Elle m’apprit qu’elle se nommait Clorinde ; que le pavillon mauresque, où elle m’avait conduit à grand’pelne, était un asilè discret où elle se plaisait à rêver; 1 que j’y pouvais rester sans crainte quelques jours pour me remettre de cet assaut, sop frère, et unique parent, le seigneur Badajos y Montes, y Flores, etc., étant pour Je. moment à la cour, et qu’avec beaucoup de précautions, pour ne pas éveiller les soupçons de ses gens, elle trouverait moyen de m’y nourrir !.. J’y passai huit jours. Ah ! mon, cher, huit jours d’amour, de mystère, d'ivresse et de fruits confits. La malheureuse, pour ne pas se compromettre, ne trouvait que cela à m'apporter... avec des biscuits. Je vivais au sein de l’extase et de la frïhgaïé!,. Enfin, un beau jour, n’y tenant plus, je me décidai à quitter ce pavillon... de sucrerie...

3 uand tout à coup : cric! crâèrj’entends la porte qui se ferm£*à ouble tour, et derrière’ cette porte, une voix masculine qui me crie : Infâme séducteur, tu li’Stêras là sang boire ni mpnger jusqu'à ce que tu aies réparé l'honneur de rha soeur. Je tombai anéanti !.. La nuit j’eus la fièvre, lç déliré; le lendemain, ce fut plus fort que moi, et, à travers la porte, je criai à mes bourreaux : Qu’on me donne à mahger,tet je signe tout !

■’ FRANCK

Et vous avez signé ?

Et j’ai signé

LE MAJOR

Ah! ah! ah!

FRANCK, riant.

le MAJOR. .01(1

Mais le soir même, comme tu le penses bien, je plantai là le seigneur Badajos et sa sœur, et quelques jours après je voguais à pleines voiles vers l’ Angleterre*

FRANCK. 'i'i’MI (!•' ?E7 "’I

Et après quinze ans de service dans les Indes, vous voilà de

retour en Espagne ?

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LE MAJOR

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