LA BALLADE DU DÉSESPÉHÉ
Qai frappe à ma porte & cette heure?
* — Ouvre, c'est moi. — Quel est ton nomV Oa n'entre pas dans ma demeure, A minuit, ainsi sans façon I
Ouvre. — Tpn noin'/ — La neige tombe; Ouvre. «- Ton nom? — Vite, ouvre-moi.
— Quel est ton nom? — Alil dans sa tombe Un cadavre n*a pas plus froid.
J'ai marché toute la journée De Touest à Test, du sud au nord.
À Tangle de ta cheminée Laîsse-raoi m'asseoir. — Pas eacor.
Quel est ton nom? — Je suis la gloire Je mène àTimmortalIté.
— Passe, fantôme dérisoire!
— Donne-moi Thospitalité.
Je suis Tamour et la jeunesse.
Ces deux belles moitiés de Dieu.
— Passe ton chemin I ma maîtresse Depuis longtemps m'a dit adieu.
Je suis Fart et la poésie, On me proscrit; vite, ouvre. — Non'.
Je ne sais plus chanter ma mie* Je ike sais même plus son nom. .
— Ouvre-moi « je suis la richesse, £t j'ai de Tor, de Tor toujours; Je puis te rendre ta maîtresse-
— Peux-tu me rendre nos amours?
— Ouvre-moi, je suis la puissance.
J'ai la pourpre. — . Vœux superflus !
Peux-tu me rendre rexistence De ceux qui ne reviendront plus?
— Si tu ne veux ouvrir ta porte Qu'au voyageur qui dit son nom, '
Je suis la Mort! ouvre; j'apporte Pour tous les maux la guérison.
LES ^U1TS D'UlViî^K.
Tu peux entendre à ma ceinture Sonner les clefs des noirs caveaux;
J'abriterai ta sépulture De rinsulte des animaux. ^
— Entre chez moi, maigre ttraiigère, Et pardonne à ma pauvreté.
C'est le foyer de la misère
Qui t'offre l'hospitalité.
Entre, je suis las de la vie.
Qui pour moi n*a plus d*avenir; Tavais depuis longtemps Tenvie,
^on le courage de mourir.
Entre sous mon toit, bois et mauge, Dors, et, quand tu Réveilleras,
Pour payer ton écot, cher ange. Dans tes bras tu m'emporteras.
Je t'attendais, je venx te suivre.
Où tu m'emmèneras — j'irai;
Mais laisse mon pauvre cliien vivre Pour que jé puisse être pleuré.
Diqitized bv Goo <2Lc
A ARSÈNE HOUSSAYK
Mon dier Aradoe,
Faites-moi le plaîsîr d'accepter la d«^dicace de ces petites pages. Quelques-unes ont à vous remercier de l'accueil que ▼ou» wen bien touIu leur faire quand vous dirigiei le recueil liospitalier de l'Artiste. C'est de vous que m'est venu le premier encooragenent, et, bien que m bonnes paroles soient vietnes de quinze ans, le souvenir m'en est resté Jeune.
Votre bien dévoué
HBimT MuncBR.