LA FEMME QUI CHERCHE
Depuis six mois qu'elle éiait sa femme, elle se persuadait avoir eu assez d'occasions de reconnaître qu'elle n'inspirait à lord Glenmour qu'une affection commandée par le devoir et soutenue par la délicalesse. Les riches cadeaux dont il l'accablait ne servaient qu'à la raffermir dans celte conviction. 11 cachait, sous la magnificence de ses dons , la pau~ vretédesessenlimenls. EUeélait flattée en reine par un courtisan; mais elle, la femme, n'avait jamais éveillé en lui l'amour qu'elle croyait avoir le droit d'inspirer. Lord Glenmour lui semblait un dieu qui n'avait pas encore daigné prendre pour elle la transformation qui le ferait aimer. Celle persuasion, de jour en jour mieux établie en elle par une succession de faits qu'elle croyait irrécusables, la minait sourdement. Et ne prévoir aucun terme à cette existence contrainte ! n'était-ce pas une affreuse situation pour une jeune femme qui avait imaginé, à qui l'on avait dit sans doute que son mariage avec lord Glenmour , un des plus beaux, un des plus élégants gentilshommes anglais, la rendrait Ja femme la plus heureuse du monde? Convaincue du faible attachement qu'il avait pour elle, elle restait toujours au-dessous de ses efforts quand elle essayait maintenant de triompher d'elle-même, et ses maladresses valaient encore moins que son indifférence. Celte dernière journée lui avait été une preuve de