‹ Les nuits italiennes contes nocturnesChapitre 35 sur 47 · COMME ON S'INSTRUIT EM VOYAGEANT · texte numérisé non relu

COMME ON S'INSTRUIT EM VOYAGEANT

N. 1. Justement! quelle bêtise! on vous a raconté l'histoire de ce général français qui entra, et leur dit : Canaille...

N. 2. Oui, oui... Ali 1 çà... qu'est-ce ;que je disais donc, avant cela?...

N. 1. Vous parliez du sang de ce saint...

N. 2. Non, non... oui, pour revenir, j'allai chez mon correspondant. Attendez, je vais vous* dire son nom... C'est un Livournais... Micali ! Micali; il a une jolie femme le coquin! une brune, avec des yeux grands comme ça...

N. 1. Et vous... eh?...

N. 2. Oh ! non, non! Elle me faisait bien des mines quand j'arrivais chez elle; quelquefois elle disait : Non, c'é Micali, non, c'ê Micali; vous comprenez?

N. 1. Tiens, parfaitement. J'ai gardé deux ans un mat- Ire d'italien, à Paris ; trois francs le cachet.

N. 2. Moi, je n'ai jamais appris... je ne le parle cependant pas, je ne lo parle pas comme le français, maisjo me fais comprendre.

N. 1. C'est une langue si aisée.

N. 2. Mois je no dis pas cela; aisée, quand on sait l'espagnol.

N. 1. Oh! c'est presque lo même chose; Seiior, en espagnol; en italien, Signer.

N. 2. Moi, je connais l'espagnol d'enfance; ma mère était de Bayonne, et mon père de Perpignan...., M. Micali me dit : Eh bien, si nous avons fait une erreur, nous la réparerons; au Tond, c'est un honnête homme... Nous prîmes la plume, et nous chiffrâmes... Un compte de trois ans, Monsieur I

N. 1. Ali ! il ne faut pas laisser vieillir les comptes !

N. 2. Jo sais bien ; mais que voulez-vous ! Bref, nous nous arrangeâmes pour trente-deux écus... Je perdis seize ou dix-sept francs... Tiens, je me souviens que nous fûmes voir cotte fameuse grotte des chiens, ce jour-là; je payai la voiture.

N. i. Ah ! vous avez vu la grotte des chiens ? N. 2. Parbleu ! oui. J'ai pour principe, en voyage, do tout voir... Ah! celte grotte!

N. 1. Vous aviez un chien?

K. 2. Oui, le chien de l'auberge, Flora, une belle chienne. Elle fut à l'agonie. t N. 1. Elle ne mourut pas?

N. 2. Grâce à moi; mais ellesouffrit, lapauvrebete; ah!

N. 1. Le nôtre est mort sur la place. Un beau chien, Pluta... Ah çà ! connaît-on pourquoi cette grotte fait mourir les chiens ?

N. 2. Oui; ça s'explique facilement... Voyez-vous: il y a dans la grotte... C'est unmédccin qui m'a expliqué cela, il. Vascagli, un jeune homme qui fait bien ses affaires à Kaples ; il gagne de douze à quinze mille francs par an : c'est comme le double à Paris. Il y^a dans la grotte un air volcanique, une vapeur qui étouffe les hommes. Maintenant, approchez un chien... 51. Vascagli nous disait... Il parle français comme vous et moi. Son pore était au service dos Français, pendant le règne de Murât. II nous disait donc, le fils...

N. 1. Ah ! voici la douane !,.. elle monte à bord. J'entends le voix du capitaine; nous allons débarquer... Pressons-nous un peu, on va faire l'appel... Dites-moi, où. mangez- vous à Livourne ?

N. 2. AlGiardinelto.

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