MORT
La trace du voî de l'oiseau ne s'efface pas plus vite dans les airs, ni le sillon du vaisseau sur les ondes, que la pensée de la mort dans le cœur de l'Homme. I, 45, 4&
Quelque masque imposant que l'orgueil prête aux héros 1 de la gloire et de la vanité, leur grandeur empruntée se dément : la vertu seule a de la majesté dans les bras de 1» mort. I, 58.
Nous cherchons et nous fuyons la mort. Semblables à deux époux mal assortis et toujours mécontens l'un de l'autre, l'âme et le corps se querellent tant qu'ils sont Unis : faut-il se séparer, ils se désespèrent. I, 71.
Où est-elle la mort) toujours future ou 'passée; dès qu'elle est présente elle n'est déjji plus. I, 97.
Victime de sa folle imagination et malheureux par son erreur, l'homme invente une mort qui n'est point celle que la nature a faite , ef , par ta crainte d'une seule , il en éprouve mille. I, 98.
Cest diminuer la crainte de la mort que de rabaisser lé prix de la vie. I, iol
La mort n'est terrible que pour le crime : c'est de lui qu'elle emprunte son masque effrayant, c'est lui qiu' aiguise le tranchant de son glaive. I, 108.
En naissant nous commençons à mourir. 1 , 110.
Non, la vie n'est point en-deçà, elle ne commence qu'audelà du tombeau. La mort nous blesse pour nous conserver : frappé de sa main, l'homme tombe et se relève : ses fers sont brisés : il est fibre , il est roi ; il s'empare des cieux. I, 11 3.
Les débris de l'homme sont semés dans l'étendue de la nature. La mort est partout , excepté dans la pensée de l'homme. I, 121.
La mort est un bien , elle nous immortalise. I , a33.
Quiconque a pensé sérieusement à la mort ne se la donne jamais. Notre devoir , notre gloire est de fuir tou* jours devant elle, sans jamais la perdre de vue. I, 37 a.