‹ Les nuits, suivies des Tombeaux et des Méditations d'Hervey, etcChapitre 52 sur 63 · PLAISIRS · texte numérisé non relu

PLAISIRS

Ne t'appuie point sur la^ terre : ses biens sont plus frêles que les roseaux; toujours armé d'une pointe pénétrante qui déchire, le plaisir, en s'enfuyant, nous perce le cœur et le laisse sanglant et désespéré. I, 87.

Ce n'est que dans la tristesse que l'homme sait les apprécier. I, 95.

Combien de fois, dans les transports même du plaisir, sommes-nous tentés de demander : n'y a-t-il rien de plus? que le plaisir est pauvre et borné! I, 100.

Nos plaisirs les plus vifs n'atteignent jamais au bonheur; ce ne sont que des consolations de nos maux, qui nous rendent la force de souffrir. I, i45.

L'amour du plaisir est inséparable de l'homme : la vertu là plus héroïque ne peut que régler ce penchant, et non pas le détruire. I, 254-

Qu'est-ce que le plaisir? c'est la vertu sous un nom plus gai. Je ne lui donne pas encore un titre assez noble : la vertu est la tige, le plaisir est la fleur qu'elle produit; et les ennemis de l'honnête Epicure ne furent que des calomniateurs insensés. I, i5g.

Le ciel nous vend tous les biens : le plaisir n'est point donné gratuitement à l'homme; il n'en jouit que par droit de conquête. Le travail est le prix que le Créateur y a mis. I, 268.

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