‹ Les nuits, suivies des Tombeaux et des Méditations d'Hervey, etcChapitre 60 sur 63 · VERTU · texte numérisé non relu

VERTU

Ne souffrons pas qu'aucun de nos jours s'écoule sans avoir grossi le trésor de nos vertus. 1 , 63.

Ce n'est pas l'astre des saisons, c'est la vertu qui mesure la durée de notre existence. Sans' vertu on meurt jeune après un siècle de vie. J , 1 29.

L'âme est infirme et languissante comme le corps,. Nos vertus les plus pures renferment toujours quelque alliage qui en rabaisse le titre. I, i45.

La vertu , aussi délicate qu'elle est belle , ne peut se mêler dans la foule , que sa constitu{;ion fragile et tendre n'en souffre. Il est rare qu'elle approche d'un monde impur , qu'elle le touche sans se ^alir. 1 , 21 5.

Tout est mortel dans l'homme , excepté la vertu. Elle seule éternise la durée des plaisirs qu'elle procure et les rend immortels comme elle. I, 282.

Les vertus des honnêtes gens du monde ne sont qu'une

DES PENSÉES. ' SqI

fausse apparence, un fard appliqué sur leurs vices; leur visage masque leur cœur, dont la vue serait insoutenable.

Non, jamais l'humanité ne se trouva qu'avec la vertu ,

et l'ennemi de la vertu ne fut jamais le véritable ami de

l'homme. I, 291.

Que la science est frivole , que Fart est vain, quand ils

ne servent pas à la vertu ! II , 63.

Page 1