CHAPITRE II
Témiskamingue
§ 1 Ville-Marie.
\ îsités, pour la première fois, au mois de juin 1844, par le P. Laverlochère. suivi plus tard par les Pères Garin, Clément, Paillier, Armand, Lebret, Pian, Déléage, Mourier, Guéguen. auxquels succédèrent les Pères Poitras, Prévost, etc., les Indiens des environs du lac Témiskamingue, en quelques années, passèrent à peu près tous au catholicisme. Hares furent ceux que les superstitions, les prestiges des magiciens ou des jongleurs, et la passion poui les liqueurs alcooliques retinrent dans les ténèbres de l'infidélité.
Cette mission des Oblats, de plus en plus consolante, allait devenir le principe d'un mouvement vital qui ne cessa de croître, et le foyer
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intense d'une colonisation improvisée en pleine solitude, niais prédestinée à un épanouissement aussi vaste qu'étonnant. Avec les lumières surnaturelles, les pionniers de l'Evangile apportaient les avantages de la civilisation à ces régions presque entièrement inexplorées avant leur arrivée.
A mesure que les progrès de la Foi s'étendaient et s'affermissaient, la fondation d'un établissement fixe paraissait de plus en plus nécessaire. Elle fut autorisée par une lettre du Très Révérend Père Général, en date du 20 octobre 1862. Les Evêques du Canada applaudirent à cette initiative, dont ils auguraient un bien considérable pour les âmes et même pour la prospérité matérielle du pays.
Commencée le 12 mai 1863, sur la rive occidentale du lac, en face du fort de la Compagnie de la baie d'Hudson, la maison, en simples planches, ne fut terminée qu'à l'automne. Elle était loin d'être un palais, quoiqu'une partie dût provisoirement servir aussi de chapelle. Ces débuts furent humbles.
— Nous sommes entrés dans notre demeure, le 14 octobre, écrivait le P. Pian. Pour tout mobilier nous n'avions qu'un banc Nous concilions tranquillement sur le plancher, les pieds tournés vers la cheminée, sans crainte de faire une chute. Si sainte Thérèse avait visité notre habitation, elle n'aurait certainement rien trouvé de contraire à la pauvreté.
Peu à peu, ce gîte, si modeste à l'origine, prit de plus amples proportions, pour répondre aux nécessités de l'apostolat.
Quelques années plus tard, l'établissement émigra sur la rive orientale. A l'oratoire succéda, alors, une jolie chapelle, en pierres et en briques, ayant vingt-deux mètres de long et dix de large, avec une voûte gracieuse, un autel de style gothique, de grandes statues, des vitraux coloriés, et une flèche élancée qui se voyait de loin, sur les eaux du hic
En même temps, les Pères bâtirent un presbytère, suffisant pour une communauté, et un couvent-hôpital, confie aux Sœurs Grises.
Dans le voisinage, des maisons s'élevèrent les unes après les autres. Cette agglomération s'appela, d'abord, village de la Baie des Pères, à cause du charmant petit golfe qui est en contre-bas, et que l'on désignait ainsi depuis que les Oblats résidaient sur ses bords. Puis ce centre de population, ayant pris quelque apparence de cité, devint Ville-Marie.
§ 2 La Colonisation.
De la mise en valeur de ces importantes contrées, destinées à un prospère avenir, s'occupèrent spécialement le P. Gendreau, d'abord économe
de notre collège d'Ottawa, président de la Société de colonisation du Témiskamingue, et son confrère, le P. Poitras, directeur de la même Société.
Le P. Gendreau.
En reconnaissance de leurs éminents services, le Gouvernement donna leurs noms, ainsi que ceux de Mgr de Mazenod, de Mgr Guigues, du T. R. P. Fabre. Supérieur général, du P. Laverlochère, du P. Tabaret, et de quelques autres Oblats. à plusieurs des cantons riverains du lac Témiskamingue et de la rivière Ottawa (1).
Il n'entre pas dans notre plan de parler en détail de cette entreprise hardie que le succès couronna. On en trouvera un exposé intéressant et très développé, dans l'ouvrage de M. Arthur Buies, UOutaouais (in-12, Québec, 1889), p. 126-146.
(1) Voir la carte dans le t. II, p. 50.