‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 4)Chapitre 26 sur 52 · CHAPITRE III Saint-Gerlach (Hollande · texte numérisé non relu

CHAPITRE III Saint-Gerlach (Hollande

Première étape du noviciat du INord à INeerbeek-

Entre Maestricht et Ruremoude, dans le Limbourg hollandais, à peu près à égale distance de ces deux cités florissantes, se trouve la petite ville de Beek, formée de l'agglomération de plusieurs hameaux, dont l'un des plus considérables s'appelle Néerbeek, ou Beek d'en bas. C'est là que, après les décrets d'expulsion, fut, d'abord, transféré le noviciat de notre province du nord de la France, le 12 novembre 1880.

D'apparence modeste, le gîte se composait d'un corps de bâtisse complété par deux ailes. A côté, un jardin })otager ; en arrière, un verger ; le tout enclos, selon la mode du pays, d'une haie d'épines.

On eut assez de peine pour aménager, dans cette maison aux proportions restreintes, une chapelle, un réfectoire, une cuisine, une salle de noviciat, des dortoirs pour les novices et les Frères convers, des chambres pour les Pères.

Malgré la résolution prise par tous de se contenter de peu, on souffrit d'être si à l'étroit ; mais on était heureux, cependant, car, sur cette terre de liberté, ni agents de police, ni gendarmes ne venaient troubler la paix intérieure, ou interrompre les saints exercices préparatoires à la vie religieuse et à l'apostolat.

Si la Hollande est en majorité protestante, le Limbourg, au contraire, est profondément catholique. Ceux qui n'accomplissent pas le précepte pascal sont une infime minorité, et on les montre du doigt comme des rebelles aux lois divines. La plupart des hommes communient même cinq ou six fois par an. Non seulement le peuple assiste à la messe, les dimanches et les fêtes d'obligation, mais il l'entend aussi en ces anciens jours de fête, que seules les âmes adonnées spécialement aux pratiques de piété, connaissent encore ailleurs.

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"La villa Straabeek-

Dans une belle et riche vallée qui se prolonge des bords de la Meuse jusque près d'Aix-la-Chaj^elle, à huit kilomètres à l'est de Maestricht, on rencontre le village de Houthem, dont l'église possède le tombeau de saint Gerlach, noble guerrier devenu ermite et patron de la contrée.

En poursuivant sa route, le voyageur aperçoit plusieurs gracieuses villas émergeant de la verdure, sur les flancs du coteau. L'une d'elles, la villa Straabeek, fut construite, vers 1840, par le général de Céva, puis habitée par son gendre, M. Van der Maesen de Sombreff, député du Limbourg et ministre.

Isolée de toute bâtisse étrangère, mais rapprochée de la station du chemin de fer ; entourée de pelouses, de bosquets et de grands arbres; elle était mise en vente, en 1881, et semblait toute prête pour abriter une communauté.

Durant un pèlerinage aux reliques de saint Gerlach, les exilés de Neerbeek découvrirent ce nid charmant que la Providence leur réservait, et cet immeuble fut acquis, le 8 octobre de la même année. Le noviciat s'y installa, le 4 novembre suivant, fête de saint Charles et du vénéré Fondateur de notre Congrégation.

Des manifestations de joie saluèrent, à Houthem, l'arrivée des proscrits, car, pour cette chrétienne population, la présence d'une communauté religieuse était comme un gage permanent de la bénédiction de Dieu.

Dans les murs de la villa régénérée, les chants sacrés succédèrent aux chants profanes, et le recueillement aux vaines conversations du monde. Cette différence profonde entre le genre de vie de ses habitants actuels et celui de ses propriétaires d'autrefois, amena aussi le changement du nom de la demeure elle-même. On ne l'appela plus la villa Straabeek, mais la maison de Saint-Gerlach.

Ainsi transplanté dans un site des plus favorables à la prière et à la méditation, le noviciat prospéra de plus en plus. Très nombreux furent les jeunes Oblats, novices ou frères convers, qui s'y formèrent aux vertus de leur sainte vocation : ils se chiffrent par centaines.

L'ancienne villa ne suffisant pas à loger un personnel qui augmentait sans cesse, on dut l'agrandir à diverses reprises.

Après avoir reconstruit à neuf tous les locaux, en 1887, on y ajouta,

EXPANSION AU DEHORS A LA SUITE DES EXPULSIONS

deux ans plus tard, une vaste salle de récréation de vingt mètres de long, sur huit de large ; un dortoir de dimensions égales ; des caves ; des citernes ; plusieurs ateliers : couture, cordonnerie, menuiserie, forge, serrurerie, reliure, et horlogerie même. Cette amélioration était des plus importantes pour la formation professionnelle des Frères convers, plus capables ainsi de rendre d'utiles services à nos divers établissements, surtout dans les missions étrangères.

Le P. Favier.

Maître des Novices.

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