‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 4)Chapitre 45 sur 52 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Glencree

§ 1 "La sympathie des grands.

Placé dans un site abrupte et sauvage, quoique plus rap})roché de Dublin, le j^énitencier de Glencree ne cessait pas, non plus, de progresser.

Déjà, en 1863. le vice-roi de l'Irlande était venu, entouré d'un brillant cortège, lui faire une visite officielle. Après un examen très détaillé, ils s'était déclaré charmé, et, de retour à .Dublin, avait envoyé aux Pères un don considérable pour Tccuvrc.

Ces marques de sym[)athie de la plus haute autorité civile du pays se renouvelèrent ])lusicurs fois.

Malgré sa position au milieu des montagnes de Wicklow, le Reformatory de Glencree reçut, en outre, des visites fréquentes de la part de beaucoup de persomiages distingués, non seulement catlioli(|ues, mais protestants.

On y vit plusieurs lords, entre autres lord Campden, lord Wodehouse, le lord-maire de Dul)lin : sir George Gray, membre du Parlement ; M. Dickins. magistrat de ^lanchester ; M. Henry, président de l'université de la Heine, à Belfast ; ]M. Hill, premier juge de Birmingham ; beaucoup d'autres juges de districts et de hauts tribunaux ; les diplomates de la jolupart des contrées de l'Europe, réunis en diverses circonstances à Dublin, et qui ne voulaient pas se séparer, sans aller passer ensemble vme journée à Glencree, etc., etc.

Tous ces messieurs, avant de partir, laissaient, dans le registre des visiteurs, le témoignage non équivoque de leur admiration sans borne.

Les protestants surtout se faisaient remarquer par leur approbation enthousiaste.

— Je ne doute pas, écrivait le p.rotestant M. Hill, cjue cet établis-

GLENCKEE

sèment ne serve de modèle aux institutions du inênie «fcnre. Ceux (|ui voudront en fonder de semblables, devront, auparavant, veiiir voir comment, à Glencree, d'innombrables difficultés ont été merveilleusement surmontées,

M. Murray, inspecteur général des pénitenciers d'Irlande, écrivait dans son ra})port :

— Le pénitencier de Glencree est dirigé de manière à me donner la satisfaction la plus complète. Le bien accompli dépasse toute expression...

Souvent le Freeman's Journal publia des articles très élogieux sur Glencree, à la suite des visites nouvelles faites par la Municipalité de Dublin, qui emmenait avec elle, chaque fois, des groupes d'amis et de bienfaiteurs de rœu\Te, parfois au nombre de plusieurs centaines.

Les détenus ne manquaient pas, alors, de déployer leurs talents pour distraire cette société d'élite et l'intéresser. Une des plus vastes salles était changée en théâtre, oîi l'on jouait des pièces, tragédies et comédies, fort bien interprétées. Aux entr'actes, comme au début et à la sortie, les musiciens exécutaient avec entrain les meilleurs morceaux de leur répertoire.

Glencree. — Dortoir pour les plus jeunes.

§ 2 Le T. 7{. P. Tabre à Glencree Après sa visite à Philipstown, le T. R. P. Fabre se rendit à Glencree, durant l'été de 1881.

La voiture mit plus de deux heures pour aller de Dublin au sommet

des pentes assez raides des montagnes de Wicklow, qu'il faut gravir, pour

redescendre ensuite dans la haute vallée, où est construit le Rejormatorij.

— Nos chevaux fringants nous emportaient maintenant très vite

sur la déclivité du terrain, écrivait le P. Anger, lorsque, à un brusque

GlcncTcc. — C'IuijR'lle,

détour de la route, nous nous vîmes subitement en ])résence d'une véritable armée. C'était tout le personnel de l'établissement, Pères et Frères convers, plus les trois cents prisonniers, rangés de chaque côté du chemin. Suivant l'usage du pays, de vigoureux hurrahs retentirent aussitôt, et les musiciens, se plaçant devant la voiture, jouèrent une marche, tandis que nous nous avancions doucement, entre les deux files de ces adolescents formant comme une escorte d'honneur. Ceux-ci, après nous avoir accompagnés quelque temps, prirent un sentier de traverse pour nous précéder à la maison. Ils étaient déjà disposés en bon ordre dans la cour princijiale, lorsque nous y entrâmes.

GI.EXCREE

Des drapeaux de toutes sortes llottaient sur la lon<ruc façade ; les jets d'eau laueaient leurs plus belles f^erbes, et les enfants, en <rrande tenue, ne se lassaient pas d'acelanier le Supérieur «réncral, (pii les remercia et les bénit.

C'était la troisième fois que le H. P. Fabre visitait Glencree. Ya\ parcourant les ateliers, les jardins et les bâtiments, il constata avec plaisir les améliorations réalisées. Elles étaient nombreuses et imjiortantes.

Plus encore que Philipstown ([ui est à proximité d'une cité avec laquelle les communications sont faciles, Glencree doit se suffire à soimême. On y est loin, en effet, de tout centre de population, et, parfois, l'hiver, on est bloqué ])ar la nei<,re, pendant plusieurs jours.

Aussi, outre la boulanirerie, y a-t-il une boucherie dans l'établissement. La ferme procure le lait, le Ijcurre, les volailles, les œufs ; l'usine à «raz engendre la lumière ; un moteur hydraulique donne l'impulsion aux diverses machines ; les détenus façonnent eux-mêmes leurs vêtements et leurs chaussures ; les plus jeunes tricotent les bas.

C'est comme une petite ville, où l'on trouve tout ce qui est nécessaire et utile à la vie, grâce à la prévoyance et à l'industrie de ceux qui la irouvernent.

Glencree. — Le réfectoire.

(Autres vues, p. 374,375.)

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