‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 113 sur 125 · LEITH · texte numérisé non relu

LEITH

rabaissant le coupable au-dessous des juifs, ou des pires mécréants. Au contraire, méconnaître la sainteté du mariage, se rouler dans la fange, se livrer aux désordres les plus révoltants... oh! simples peccadilles ne méritant pas la moindre attention.

En eux survivait la race de ces phaiùsiens hypocrites que Jésus, malgré son infinie douceur, a maudits, en les comparant à ces sépulcres, ornés à l'extérieur, et ne renfermant, au dedans, que pourriture et corruption (i).

§2 T4ne ruse de presbytériens.

Ces artisans de mensonge ne virent pas, de bon oeil, arriver les apôtres de la vérité.

Les Oblats de Marie étaient les premiers religieux reparaissant en Ecosse, après trois siècles de bannissement. Pendant quelque temps, ils furent les seuls. Rien d'étonnant que la haine des hérétiques se soit tournée contre eux, comme avant-coureurs des conquérants évangéliques, qui, de l'Angleterre si profondément entamée déjà, se disposaient à monter vers le nord.

Il ne leur déplaisait que trop de les savoir établis à Galashiels, auprès du château d'Abbotsford, protégés par les héritiers mêmes de Walter Scott. Selon eux, par leur présence dans cet endroit sacré, les papistes profanaient la gloire du célèbre romancier, orgueil de la nation.

— Le Ciel nous châtiera, disaient les fanatiques disciples de John Knox, si nous ne nous opposons pas à cette invasion de moines.

Oui, mais comment ?

Un comité se forme, pour étudier la question. Après bien des tâtonnements, les adeptes élaborent de concert une longue protestation écrite sur parchemin et signée de tous. Ils y condamnent expressément l'outrecuidance du romanisme, cherchant à se fixer sur une terre qui leur appartient, à eux, exclusivement. S'ils ne peuvent l'empêcher par la force, ils veulent, du moins, que les siècles futurs sachent que c'est contre leur gré que l'on a construit, dans la capitale, la demeure de ces ennemis du libre examen.

La protestation rédigée et bravement signée, que va-t-on faire ? La publier dans les journaux? Ce serait incontestablement le moyen le plus sûr d'atteindre le but et de saisir l'opinion. Mais ne s'exposeraiton pas à quelque fâcheuse aventure? Ces diables d'Irlandais, robustes

(i) Matth., xxiii, 27.

626 DANS I.KS II.KS HHirANNKiVKS

i,'aillard.s employés aux docks, eomineul preudraient-ils la chose?... J'jt s'ils songeaient ;» se venger?... Si. t[uelque soir, armés de solides gourdins, ils guettaient, au coin d'une rue, les signataires de cette vigoureuse élucubration, pour leur donner, non moins vigoureusement, à la faveur îles ombres de la nuit, une sérieuse leçon de tolérance et de cliarité ?

De la prudence !.., De la prudence !...

Leur esprit fécond en ressources suggère à ces héros un expédient habile, qui leur permettra de rester courageux, sans qu'ils aient rien à craindre. Ils enfouissent le précieux parchemin dans une boîte en fer-blanc, en compagnie d'une bible protestante et de pamphlets virulents contre le catholicisme. Puis, à prix d'argent, ils gagnent un ouvrier qui se charge d'introduire le terrible paquet dans l'un des murs de la maison en construction, et de l'y dissimuler soigneusement.

Désormais, l'honneur est sauf. Quanti, dans quelques siècles, cette maison tombera en ruines, la postérité apprendra avec une légitime (ierté qu'il y avait, à l'époque de l'invasion monacale, des hommes intrépides à Edimbourg. Le nom de ces vaillants resplendira d'un immortel éclat sur les débris de cet antre de la superstition. Cet édifice qui devait être le triomphe du romanisme, sera leur triomphe, à eux. Il porte dans ses flancs un engin redoutable. Dans quelques siècles. Ion verra... Qu'on ait seulement un peu de patience !...

Les conspirateurs s'applaudissaient de leur si ingénieuse machination. Que voilà un tour bien joué !...

Mais l'Immaculée Mère de Dieu, qui écrase toutes les hérésies, laissera-t-elle subsister ces traces de fourberie satanique dans une maison destinée à ses enfants?

Tandis que le toit seul manquait, l'architecte vint inspecter les travaux. Il trouve que l'un des murs latéraux n'est [)as à sa place et que l'entrepreneur s'est trouipé de près d'un mètre. Sans s'inquiéter du surplus de dépense qu'entraînera sa décision, il ordonne de renverser ce mur, et de le reconstruire suivant les indications du plan.

L'erreur de l'entrepreneur était probablement providentielle, comme celle du cocher de Dublin que nous avons racontée.

Au cours dune visite à leur maison future, le jour même de l'Assomption de la Sainte Vierge, i5 août 1860 (la date est remarquable), les Pères df'ploraient le contretemps qui retardait l'achèveuient de leui* demeure, quand, tout à coup, entre les fentes d'un pan de mur que la pioche n'avait pas fini de démolir, ils aperçurent quelque chose qui luisait.

Ils s'approchent... ils écai'tent les pierx'es...

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