‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 37 sur 125 · L APPROBATION PONTIFICALE I · texte numérisé non relu

L APPROBATION PONTIFICALE I

l'Eglise, une fois de plus, par un acte authentique, attestait sa croyance au privilège de la Conception Immaculée de Marie, doctrine de tout temps si chère aux âmes pieuses. Elle préludait ainsi à la définition dogmatique qui, vingt-huit ans plus tard, comblerait d'allégresse le monde entier.

Indescriptible fut la joie dans les maisons d'Aix, du Laus, du Calvaire et de Nimes, à la réception de l'heureuse nouvelle.

— Il aurait fallu nous voir ! répondait le P. Tempier au P. de Mazenod. Nous nous embrassions dans le ravissement ! Nous éprouvions je ne sais quoi en nous, nous révélant que nous étions tout autres... Des larmes de gratitude coulaient de nos yeux !

L'approbation formelle du Vicaire de Jésus-Christ affirmait, en ellet, que l'œuvre était divine.

§ 6 Personnalité du "Fondateur à T^ome. Léon XJJ veut le créer cardinal.

La présence du P. de Mazenod avait fait sensation dans les hautes classes ecclésiastiques et même laïques. On sut bientôt de quelle bienveillance le Pape l'honorait. Ceux avec lesquels il eut à traiter, ne dissimulèrent pas leur estime. Partout on parlait de la distinction de ses manières, de l'agrément de son esprit et de son angélique piété. La considération universelle dont on l'entourait, augmentait à mesure qu'on le connaissait davantage. Il fut recherché par les membres de la prélature à tous les degrés et par les hommes officiels, si nombreux, alors, en rapports fréquents avec la cour pontificale.

Nous en avons une preuve dans la lettre adressée au P. Suzanne, le 25 janvier 182G, où il se plaint, d'une façon charmante, de ne pouvoir célébrer, dans le recueillement, la solitude et la prière, le dixième anniversaire de l'entrée en communauté.

— Hélas ! jugez s'il me faut de la résignation, pour supporter patiemment de me voir ici passant d'une invitation à l'autre, du repas de Son Eminence à celui de Son Excellence, des cardinaux aux ambassadeurs, des monsignori aux ministres, des prélats aux ducs... Je ne puis offrir à Dieu que mes ennuis.

Son cœur était avec ses frères prêchant les missions et combattant contre l'enfer. Il eût voulu partager leurs travaux, leurs fatigues, leurs soufl'rances. Uniquement par devoir, il restait dans ce milieu brillant où il réussissait si bien.

Le cardinal Castiglione, qui, trois ans plus tard, succéda à Léon XII, sous le nom de Pie VIII, conçut pour lui une réelle amitié, et devint un

bienveillant protecteur. Il jouissait déjà d'une très grande autorité, même sur les membres du Sacré-Collège. Quoiqu'il ne fût pas de la commission cardinalice pour l'examen des Règles, il voulut s'en occuper officieusement, par sympathie. Il se rendit spontanément chez Mgr Marchetti, et lui recommanda chaleureusement cette alTaire, lui disant de conclure pour l'approbation, sans tenir compte des usages contraires.

Un des hommes les plus influents, alors, était Mgr Capaccini, substitut du cardinal secrétaire d'Etat, et bientôt cardinal lui-même. D'une intelligence très pénétrante et d'une infatigable activité, il prenait la plus large part aux négociations extérieures du Saint-Siège. On le regardait comme un des plus habiles diplomates de l'Europe, réputation cfue ses succès dans des missions délicates, dont divers Papes le chargèrent, ont pleinement justifiée. Il s'attacha au Fondateur, et, jusqu'à sa mort, lui prodigua les témoignages les plus sincères de sa cordiale alïection.

La confiance du cardinal Pacca, en la sagesse du P. de Mazenod, était telle, que. pendant qu'il procédait à l'examen des Règles, comme préfet de la commission, il le pria d'examiner, de son côté, le manuscrit de ses Mémoires sur le règne de Pie VII. Il hésitait à les publier. Le P. de Mazenod, l'ayant lu attentivement, se prononça pour l'impression, mais en signalant deux passages où il avait remarqué des inexactitudes au sujet de la France. Le cardinal le remercia vivement, et, sous ses yeux, modifia ces passages dans le sens indiqué. Quelques années plus tard, il répétait encore qu'il lui était redevable, en grande partie, de la publication de ses Mémoires.

Dans l'audience de congé, le samedi i5 avril, le Pape fît verser la mesure de ses bontés à l'égard du P. de Mazenod. Il se félicitait de l'heureuse solution de l'alTaire qui avait amené celui-ci à Rome. Non seulement il lui accorda, de la meilleure grâce, toutes les faveurs et privilèges sollicités, mais il lui parla avec abandon des choses les plus confidentielles, comme s'il eût tenu à prendre son avis.

Depuis plusieurs mois, il l'avait apprécié de plus en plus, soit par lui-même, soit par ce qu'on lui en rapportait. C'est avec peine qu'il le voyait partir. Il ne le lui cacha pas. Bien plus, il lui manifesta son projet de le garder à Rome, et de le nommer cardinal au prochain consistoire.

Cette ouverture si flatteuse du Chef de l'Eglise jeta l'humble religieux dans la confusion et l'étonnement. 11 s'ignorait lui-même.

Dieu, pour mettre en évidence la vertu de son serviteur, et montrer

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