‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existenceChapitre 83 sur 125 · CHAPITRE IV Penzance · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Penzance

Circonstances qui amenèrent les Oblats à s'y établir.

Actuellement peuplée de treize mille habitants, la ville de Penzance, située au milieu d'un joli paysage, en comptait, alors, de cinq à six mille. C'est la plus occidentale de la Grande-Bretagne, à quinze kilomètres du promontoire Land's End (Finistère), et aujourd'hui point terminus d'un chemin de fer. Elle est bâtie sur le rivage de la Mount's Baj-, au milieu de laquelle surgit l'île rocheuse de Saint- MichaeVs Moiint, miniature du célèbre Mont Saint-Michel de Normandie. La douceur de son climat la fait surnommer le Montpellier de l'Angleterre.

C'est la patrie de l'illustre chimiste Humphry Davy (1778-1829), dont la mémoire y est perpétuée par une statue érigée au centre de la cité, en face du marché public, ou Market house.

Non loin, un lourd dolmen de treize mètres, appelé le Disque du Géant, témoigne des superstitions druidiques des races primitives.

Ses gisements de cuivre et d'étain, déjà fameux dans l'antiquité, étaient encore en exploitation. Ils donnaient une certaine importance à son port, dans lequel les navires de gros tonnage s'abritaient facilement.

Vers 1840, il n'y avait qu'une douzaine de catholiques, indifférents à la foi de leurs ancêtres, par suite de la privation, trois fois séculaire, de tout secours spirituel.

On rencontrait bien quelques Irlandais, disséminés çà et là. Mais, n'ayant aucun moyen de pratiquer leurs devoirs religieux, et mariés pour la plupart à des femmes protestantes, ils avaient apostasie, si ce n'est par une abjuration positive, du moins en fait. Les enfants embrassaient la religion de leur mère. Le père mort, aucune trace de catholicisme ne subsistait plus dans la famille.

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Les obstacles au retour de cette population aux vraies croyances, paraissaient d'autant plus insurmontables, que les méthodistes, plus hostiles même que les anglicans, régnaient à Penzance, et sy fortifiaient, comme dans un camp retranché. De là ils envoyaient leurs émissaires dans toutes les directions.

Un prêtre irlandais, M. Young, ayant eu l'occasion de traverser ce pays, fut ému à ce triste spectacle.

Espérant en la Providence, il jeta, en 1842, les fondements d'une église aux larges proportions. La simple conception du plan fut taxée de folie. A quoi bon un tel édifice pour une poignée de catholiques non pratiquants ?

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Péniblement il éleva les murs jusqu'à la naissance de la voûte. Mais, comment, seul, mener à fin cette îouble entreprise : le temple matériel et l'évangélisation ?

Soupirant après l'état religieux, il se mit en relation avec le P. Aubert, et lui demanda de l'aider, par le moyen de ses confrères, auxquels il souhaitait de s'adjoindre.

Commencements d'apostolat.

Peu s'en fallut que ce projet ne s'évanouît en fumée comme les autres.

Le vicaire apostolique du district de l'Ouest, Mgr Baines, opposa, d'abord, un veto formel. Pour dissiper ses préventions, le P. Aubert résolut de traiter cette question, de vive voix, avec le prélat qui résidait à Prior Park, près de Bath, à quelques kilomètres de Bristol. Un écrit n'aurait pas suffi. Un voyage s'imposait,

Calmé par une lettre de recommandation extrêmement élogieuse de l'archevêque de Dublin, Mgr Baines découvrit poliment au visiteur les motifs de sa décision. Il avait eu à se plaindre de certaines Congrégations religieuses. Les Rosminiens, par exemple, après s'être fixés dans son district, l'avaient laissé pour entrer dans celui de Mgr Wiseman. Les Oblats ne lui causeraient-ils pas, plus tard, un désagrément de ce genre ? Puis, uae fois introduits à Penzance, ne lui deviendraientils pas une charge, en réclamant des secours de la caisse vicariale?...

Les autres raisons alléguées étaient aussi péremptoires !...

Par son éloquence, le P. Aubert triompha complètement, et Mgr Baines fut tellement conquis, que, non seulement il adhéra au projet, mais confia au négociateur habile tout le comté de Gornouailles, avec faculté d'étendre sa sphère d'action bien au delà de ses limites.

Dès la première quinzaine de janvier i843, le P. Daly arrivait à Penzance pour surveiller les travaux de l'église et s'occuper des âmes, le P. Aubert étant retenu encore au collège d'Youghal, et M. Young devant quêter, en Irlande, auprès de ses amis.

La bâtisse, en effet, était loin d'être achevée. En attendant qu'elle le fût, les offices eurent lieu, les dimanches et fêtes, dans une salle, ou plutôt dans un magasin de bois, transformé, la veille, en chapelle avec autel provisoire, et rendu, le lendemain, à sa destination. Durant la semaine, un novice convers, le Fr. Kelly, groupait les enfants pour leur faire la classe et leur apprendre le catéchisme.

Malgré la pauvreté de cette installation, les exercices, entourés de tout l'éclat possible, furent fréquentés. On y vit, outre les catholiques, beaucoup de protestai: 's, attirés, soit par la curiosité, soit par un vague désir de s'initier aux vérités surnaturelles. A chaque réunion, le P. Daly prêchait. On écoutait avec plaisir et respect sa parole, que la rosée céleste féconda. Au mois de mars i843, il eut la consolation de recevoir plusieurs abjurations publiques.

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Son zèle et son dévouement lui g-agnèrent l'estime et la sympathie de cette population composée de tant d'éléments hétérogènes. On ne formulait qu'une seule réserve :

— Le P. Daly, disait-on, est un excellent homme, instruit, et d'aimable société : un çerj- gentleman ! Quel dommage qu'il ne soit pas marié, et surtout qu'il ne puisse pas l'être !

Ces pauvres égarés ne comprenaient pas la dignité du célibat ecclésiastique. D'aucuns y trouvaient un prétexte d'éviter le prêtre catholique. Accoutumés à voir les ministres de chaque secte inséparables de leurs femmes, ils méprisaient ceux qui ne les imitaient point. Même pour le sacerdoce, le mariage leur semblait une nécessité... une garantie de bonnes mœurs. Un clergyman qui ne se mettait pas en ménage, manquait, selon eux, du sérieux indispensable à la gravité de ses fonctions.

Quand ils connurent de plus près le P. Daly, ce préjugé disparut, comme tant d'autres. Ils aperçurent, dans le célibat ecclésiastique, un sublime idéal.

Grâce à la générosité de Mgr de Mazenod, les travaux furent poussés activement. Le résultat des quêtes de M. Young étant presque nul, le saint Fondateur vint au secours de ses enfants d'Angleterre. Une somme de dix mille francs, prise sur sa fortune personnelle, leur permit d'acheter le bois pour la charpente. Il leur procura d'autres subsides en France, et l'on eut ainsi le ferme espoir d'inaugurer prochainement le nouvel édifice. C'était d'autant plus urgent que, le nombre des fidèles augmentant sans cesse, l'insuffisance de la chapelle provisoire s'accusait de plus en plus.

L'ouverture de l'église fut fixée à Pâques de l'année i843. Heureuse pensée de faire coïncider la restauration solennelle du culte catholique dans le comté de Cornouailles avec le glorieux anniversaire de la Résurrection du Sauveur. En cette mémorable circonstance, on chanterait, à Penzance, un double alléluia.

Délivré de ses engagements avec le supérieur du collège d'Youghal, le P. Aubert arriva le vendredi saint. L'intérieur de l'église n'étant pas encore terminé, les ouvriers y travaillaient encore pour l'arranger convenablement, en vue de la cérémonie. Le P. Aubert lui-même et les novices qu'il amenait, consacrèrent la majeure partie de la dernière nuit à ce labeur. Tout ce qu'on put découvrir de rideaux et de tentures chez les catholiques et chez des protestants charitables, y fut employé très artistement. Le sanctuaire avec un riche tapis, les murs entièrement revêtus de draperies aux couleurs variées, présentait un superbe coup d'œil.

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L'honneur de la première grand'messe, célébrée avec diacre et sous-diacre, revint au P. Aubert. Après l'évangile, le P. Young donna le sermon. Un navire napolitain, depuis deux jours dans la rade, fournit une chorale puissante et bien exercée. Les marins, capitaine en tête, avaient ollert spontanément le concours de leurs voix sonores. Ces bons Italiens savaient de mémoire les chants liturgiques. Il les exécutèrent avec ensemljle, entrain et maestria, dans l'église absolument comble de catholiques ravis et d'hérétiques stupéfaits. Jamais rien de pareil ne s'était vu à Penzance.

Deux tiers des assistants, accourus de plusieurs lieues à la ronde, appartenaient au schisme. Leur attitude dénotait le respect. Ce spectacle, si extraordinaire pour eux, saisissait leur âme. La majesté des rites, la pompe du culte, l'exposé de nos dogmes sur lesquels on leur avait inculqué des idées si fausses et si bizarres, tout contribuait à les émouvoir.

Les instructions furent nombreuses et toujours écoutées avec recueillement. Au catéchisme, à trois heures, se pressèrent autant de personnes qu'à la grand'messe. Le soir, le P. Daly prêcha, à vêpres. Puis, le P. Aubert qui avait officié, adressa quelques paroles à la foule. L'église ne désemplissait pas. Désireux de ne rien perdre de ces consolants exercices, beaucoup y eussent passé la nuit, si on les y eût laissés.

Durant le temps pascal, on acheva le clocher ; mais, pendant plusieurs jours, un obstacle invincible retarda la mise en place de la croix monumentale en granit qui devait le surmonter. Une tempête d'une violence inouïe rendait périlleuse l'ascension des échafaudages, surtout avec un poids si lourd. Subitement, le 3 mai, fête de l'Invention de la Sainte Croix, le vent cessa totalement, et la cérémonie eut lieu. Bientôt se dressa sur la tour gothique le signe auguste de notre Rédemption. De cette hauteur, il dominait la ville et les campagnes environnantes. On le distinguait de loin, comme le symbole immoi'tel du catholicisme reprenant possession de cette terre infortunée.

Lorsque les ouvriers qui avaient travaillé à élever cette croix pesante, la virent définitivement posée, ils se groupèrent autour d'elle, quoique protestants pour la plupart, et la saluèrent de leurs acclamations. Ces hurrahs enthousiastes, jetés dans les airs et répercutés par les échos du rivage, hymne de triomphe à la Croix qui a sauvé le monde, ne présageaient-ils pas une victoire plus entière de l'éternelle vérité, dans ces contrées souillées jusque-là par tant d'erreurs?

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A l'intérieur de la communauté.

Les Missionnaires avaient commencé par construire une habitation au Souverain Maître, ne reculant pour cela devant aucune liépense, ni aucun sarrilice. La leur n'existait encore qu'en projet. Quelle meilleure base pour un établissement cjue la pauvreté relig^ieuse ?

S'ils s'oubliaient à ce point, Dieu ne les oublia pas. Pour un modique loyer annuel, ils obtinrent, près de l'église, un charmant cottage sur la Vane Terrnce, avec jardin et vue magnifique sur la mer. On n'y était pas au large, mais il y avait un dortoir pour les novices, trois cellules pour les Pères, une salle des exercices, se changeant successivement en réfectoire et salle d'étude. En fallait-il davantage pour un début? On s'en contenta, et l'on y fut même heureux.

— Quand je songe que nous avons une communauté en Angleterre, écrivait le P. Aubert à Mgr de Mazenod, le 28 avril i843; quand je considère que je suis ici, maintenant, dans une vraie communauté, à nous, moi qui ai passé si longtemps en dehors de la famille, je tressaille de bonheur! Plus de six mois, j'ai vécu avec îles étrangers. Quelle pénitence, mon Dieu ! Seules la nécessité et l'assurance du bien qui en résulterait pour notre chère Congrégation, ont pu me persuader de m'y soumettre. Mais elle n'en constituait pas moins une rude mortification. Je ne me plains pas qu'elle soit finie !

Tout n'était pas rose, cependant.

L'étroitesse du logis n'empêchait point les meubles qui le garnissaient de s'y trouver à l'aise. Ce dénûment rappelait celui de la Congrégation à ses origines, en France. Quant au régime, il répondait à ce mobilier réduit au strict indispensable : bacon and potatoes ! lard €t pommes de terre ! On ne s'écartait guère de ce menu quotidien. Pardon ! quelquefois on variait. Alors c'était potatoes and bacon. La bonne humeur et une gaité sans nuage suppléaient.

Sous cet humble toit, intensité de vie surnaturelle. Les promenades des novices, les jours de congé, revêtaient le caractère d'une mission. Le P. Aubert les conduisait de village en village à la recherche des familles irlandaises perdues au milieu des hérétiques.

— Avant le départ, racontait l'un d'eux, il bourrait nos poches de catéchismes et autres opuscules de propagande, afin de les distribuer aux protestants que nous rencontrerions sur notre chemin. Je garde un délicieux souvenir de ces excursions pieuses, et en même temps récréatives.

Ce pays, autrefois retraite préférée de nombreux anachorètes, conservait encore, çà et là, des ruines visibles de leurs cellules, vieux murs couverts de lierre touffu, à côté d'un autel, ou d'antiques croix de pierre de grandes dimensions. Ces débris proclamaient la foi de ceux qui avaient, alors, habité ces parages. Quand elle les apercevait, la petite troupe s'arrêtait, pour réciter une prière ou une partie de l'office divin à l'ombre de ces restes vénérables.

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Le cap Laud's Eiid.

Convoqué au Chapitre général du mois d'août i843, le P. Aubert partit pour Marseille. A son retour, au mois d'octobre, il fut très satisfait de l'état de la communauté, au point de vue de la régularité et des autres vertus religieuses. Le P. Daly, nonobstant ses occupations au dehors, avait suivi de très près les novices et leur avait inspiré d'excellentes dispositions. Ces jeunes gens s'attachaient fort à leur vocation, et ils en donnaient une preuve évidente, en demeurant, à Penzance, dans une situation qui, pour eux, était humainement peu agréable.

Leur chiffre avait heureusement augmenté ; mais il en résultait une gêne sensible, dans un local trop restreint. Au dortoir, leurs lits étaient si rapprochés que l'on circulait difficilement. Quand il pleuvait, (ce qui n'est pas rare dans le comté de Cornouailles), les novices demeuraient enfermés, comme des prisonniers, dans le réfectoire, successivement salle d'étude et de récréation.

Ce provisoire ne pouvait durer. Les santés en eussent souffert.

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Les dettes contractées pour l'église ne permettraient pas de bâtir avant longtemps une maison de communauté aux proportions convenables. Impossible aussi d'en louer une plus grande.

D'autre part, le P. Daly, aidé par un jeune prêtre irlandais du collège d'Youghal, M. Power, qui l'avait rejoint, suffirait, pour un an ou deux, aux exigences du ministère auprès des catholiques et des protestants. Sa manière de prêcher plaisait à chacun. Il attirait beaucoup d'hérétiques à ses sermons, et ne craignait pas la controverse.

Considérant l'établissement de Penzance assez solidement assis pour qu'il n'eût rien à redouter de son éloignement, le P. Aubert, dans l'intérêt des œuvres ultérieures, résolut de reprendre le chemin de la France, en amenant avec lui les novices à Notre-Dame de l'Osier. Là, il les formerait lui-même, et, plus tard, il aurait de précieux auxiliaires pour les futures fondations.

Mis au Courant de ce projet, Mgr de Mazenod y consentit, tout en regrettant que le P. Daly restât seul.

— Ce n'est guère dans l'ordre, écrivait-il, le i*^' lévrier 1844 î il faudra viser à y pourvoir.

Développement et multiplication des œuvres de zèle.

L'église de Penzance était complètement terminée au dedans, comme au dehors. De nombreuses et lourdes caisses envoyées de Marseille par le P. Tempier, l'avaient enrichie d'ornements sacerdotaux, linges d'autel, ostensoirs, calices, tableaux, etc. A certains jours, on s'y serait cru dans une cathédrale.

Les ministres ne prêchant pas, leurs temples se vidèrent, tandis que l'église se remplissait toutes les fois qu'une cérémonie avait lieu, même par les plus mauvais temps. Ceux qui cédaient à la curiosité, sortaient, du moins, toujours édifiés, mieux instruits des choses du salut, et contents.

La fête de la Noël de l'année i843 avait été magnifique. Depuis trois siècles, la première fois, on célébrait la messe de minuit. Aussi le concours du peuple fut immense. Tout, cependant, se passa dans le plus grand calme. Les anglicans ne cachaient point leur admiration. La pompe du culte les impressionnait, et leur cœur s'ouvrait aux influences surnaturelles.

Bientôt, il fallut créer deux autres missions : l'une dans la ville de Saint-Just, à une douzaine de kilomètres à l'ouest de Penzance, sur les bords de l'Atlantique ; l'autre, à Goldsithney, à cinq ou six à l'est, près de Marazion.

Celle de Saint-Just date du 9 juillet i8'î4- Le P. Daly visita, le matin, les habitants, de rue en rue, leur annonçant pour le soir, à six heures, un sermon au domicile d'une famille catholique qu'il leur désigna. Pendant qu'il parcourait la ville, une troupe d'enfants, de plus en plus grossissante, l'accompagnait, le regardant avec étonnement, car jamais ils n'avaient vu de prêtre catholique.

Une heure avant le sermon, la maison indiquée était déjà comble. De tous côtés, on portait des chaises et des bancs ; mais l'espace manquait. Il fut décidé que le sermon serait donné en plein air. La foule se massa sur la place principale, et le P. Tialy prêcha du haut d'une fenêtre, à un millier de personnes. Quand il eut fini, beaucoup vinrent lui dire qu'ils étaient catholiques de cœur. Une vieille femme de quatre-vingt-dix ans reçut le baptême, et, le dimanche suivant, deux familles firent leur abjuration.

Quelques semaines après, le P. Perron, puis les Pères Bradslia^v et Naghten rejoignaient le P. Daly. Il fut alors possible, dès le commencement de l'année 1840, d'ouvrir une troisième mission à Helston, à une vingtaine de kilomètres, vers l'extrémité occidentale de la Moiint's Bq,)'; puis, une quatrième à Prussiacove. Celle de Helston, ville de plusieurs milliers d'âmes, progressa rapidement.

Les conversions ne cessant de se multiplier, les sectes dissidentes poussèrent des cris d'alarme. Leur colère se traduisit par des invectives et des calomnies contre les prêtres catholiques : la tenue irréprochable de ceux-ci fut la meilleure réponse à tant d'outrages.

Ils se préoccupèrent de fonder une école qui insj)irât confiance même aux protestants. Dès le début, une soixantaine d'enfants y accoururent. Les élèves dépassèrent bientôt la centaine.

L'année suivante, une colonie de Sœurs Oblates de Notre-Dame de l'Osier prit la direction de l'école des filles.

Ainsi, en trois ans, la mission de Penzance était devenue l'une des plus florissantes de tout le district occidental de l'Angleterre : belle église bâtie, ornée et entièment payée ; écoles ; quatre centres d'évangélisation ; amélioration très sensible des anciens catholiques ; nombreuses conversions : tel était le bilan glorieux du travail poursuivi avec tant de zèle et de désintéressement. Maintenant que la petite armée d'apôtres élargissait ses cadres, que ne pouvait-on espérer ?

A son retour, le 6 août 1846, le P. Aubert, qui de loin, comme de près, avait tout conduit, s'écriait :

— Comment ne pas remercier Dieu du bien accompli !...

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