PREMIÈRE SECTION LES ALGIES
Les neurasthéniques présentent très souvent un symptôme qui embarrasse beaucoup les médecins : ce sont des douleurs qu’ils prétendent ressentir dans un organe du corps. Ces douleurs sembent d’après leur description et leur attitude tout à fait énormes ; elles provoquent de grandes manifestations extérieures, le malade a des troubles de respiration et de la circulation, il est couvert de sueur, il sc eontorsionnc et ne cesse de pousser des cris comme
LES PHOBIES
s’il endurait le martyre, aussi plus que jamais il réclame un soulagement et un traitement. Le médecin rencontre d’abord une première difficulté quand il s’agit d’examiner 1 organe douloureux que presque toujours le malade laisse à peine toucher; quand à force de précautions il est parvenu à faire à peu près cet examen, il éprouve alors un second embarras, c’est qu’il trouve l’organe absolument sain ou ne présentant que des troubles légers incapables d’amener ces désordres. Ces grandes douleurs des psvchasthéniques, rattachées à un organe du corps, ont été appelées des algies ou des topoalgies ainsi que les désignait Blocq. Elles nous semblent assez faciles à interpréter après ce que nous savons déjà des angoisses et des agitations.
Observation 5o. — Algies. — Topoalgies de l’œsophage, de l’utérus, du dos, de la face, neurasthénie, sensibilité dans les algies, angoisse.
Cette femme de 35 ans, Ja... est très riche en algies diverses, elle en a éprouvé de tous les genres depuis sa jeunesse. Vers l’âge de 17 ans, elle commença à présenter des troubles respiratoires à propos de la plus légère émotion ; elle avait des étouffements, des suffocations extrêmement pénibles et elle conserva pendant des années une douleur à la poitrine vers le milieu du sternum, douleur extrêmement vive et angoissante.
Plus tard, la douleur fut dans l’œsophage, il y avait une constriction qui ne rendait pas dillïcile mais extrêmement douloureux le passage des aliments ; à 20 ans, la douleur était dans l'estomac, celui-ci surtout au moment des digestions devenait le point de départ d’atroces douleurs qui 11e diminuaient qu’après le vomissement de quelques glaires blanchâtres. A 23 ans, l'algie fut dans l’utérus; nous vous signalons à ce propos des énormes pertes d’eau qui avaient lieu par le vagin. Ces grandes pertes sont comparables à l’hydrorrhée nasale, elles existent souvent chez les nerveuses et ne doivent pas être confondues avec les véritables métrites. A3oans, les douleurs furent dans le dos, et maintenant les douleurs sont dans la figure.
La malade nous dit « qu elle a une inflammation derrière la peau du visage, qu’il doit y avoir une circulation de sang bourbeux, rempli de matières rouges et que cela cause dans le nez,