‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 64 sur 201 · II · texte numérisé non relu

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LES PHOHI LS

C’est là ce que l’on fait bien souvent quand on explique directement les phobies par les objets qui semblent les provoquer, en particulier quand on rattache sans intermédiaire et sans autre explication l’éreutophobie à la rougeur du visage.

S’il en était ainsi, nos deux malades seraient très différents l’un de l’autre, car il n’y a pas de rapport entre un appareil télégraphique et un rasoir. Nous prétendons cependant que ces deux malades sont tout à fait identiques, non seulement dans leurs angoisses, mais encore dans la cause de leurs angoisses. Il y a donc une ressemblance plus profonde qu il faut rechercher.

En nous décrivant leurs phobies ils ont oublié de nous dire quelque chose : le premier ne vous a pas dit qu’il est garçon coiffeur ; le second ne vous a pas avertis qu’il est employé des postes. Ce petit détail peut paraître insignifiant et l’on peut dire que c’est par une coïncidence fortuite qu’un coiffeur a peur du rasoir et un employé des postes du télégraphe. Ce n’est pas du tout notre avis.

Ces deux individus n’ont pas commencé immédiatement par ces phobies : le garçon coiffeur, fils d’un père acoolique, déjà alcoolique lui-même, est foncièrement paresseux; il a une peine énorme à travailler et il y a un travail qui lui répugne plus que tous les autres, c’est son propre métier : ce n’est pas là un caractère bien exceptionnel. Tl paraît que les clients de ce pauvre garçon ont des barbes particulièrement dures, très pénibles à couper. Déjà depuis longtemps il s’inquiétait des clients à barbe dure et il lui fallait bien du courage pour commencer à les raser. Il y a quelques semaines, après une série d’indigestions où l’alcool a peut-être sa part, il n’eut plus le même courage, c’était décidément trop pénible. Quand il voulut surmonter cette faiblesse, il se mit à trembler, à suffoquer, l’idée lui vint bien vite que son rasoir pouvait blesser le client. Cette idée était si simple, si commode pour expliquer et aussi pour excuser le défaut de courage au travail. Elle fut accueillie avec empressement et maintenant elle se représente chaque fois qu’il s’agit de travailler.

Voyons l’autre malade, Lch...: son père était déjà obsédé et sa mère hystérique. Tl arriva cependant, avec bien des efforts, à se faire une petite carrière comme employé télégraphiste ; mais depuis longtemps il était dégoûté de son métier et il lui fallait un

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