LES MODIFICATIONS DE LA CIRCULATION
moindre prétexte. Je note chez Claire une disposition curieuse aux œdèmes qui se produisent le plus souvent aux paupières, aux levres et quelquefois a la vulve. Chez quelques malades ces œdèmes se reproduisent d’une manière expérimentale, il suffît d’exercer une pression sur la peau pour les voir apparaître. C’est le phénomène de la peau dermographique que j’ai observé cinq fois chez des obsédés ou des phobiques et en particulier d’une manière remarquable chez Du... (49), chez Qi... (188), qui a cette curieuse obsession de vouloir être une enfant, il y a constamment des poussées d urticaire. Chez cette dernière malade Qi... quand elle porte un paquet sous le bras, quand un objet dur appuie sur une partie de la peau, il apparaît rapidement à cet endroit une plaque d œdème dur, blanchâtre. Si elle coud, il y a de l’œdème au bout des doigts, si elle se Irotte les paupières celles-ci restent enflées toute une journée, son bras reste enflé, si elle s’appuie sur le rebord d une fenêtre, les cuisses enflent si elles restent quelque temps assise, etc. J’insiste sur ces troubles vaso-moteurs, car ils ont joué un rôle dans la théorie émotionnelle des obsessions. Mais il ne faudrait pas croire que tous les psychasthéniques présentent ces réactions anormales. Beaucoup n’ont aucune trace de dermographisme et leurs vaisseaux semblent réagir aux diverses excitations de la façon la plus normale.
On peut rapprocher des phénomènes précédents certaines maladies de la peau dans lesquelles les troubles nerveux jouent certainement un rôle; j’ai été frappé de la fréquence de l’eczéma chez ces malades ; je le retrouve dans une vingtaine de cas, l’eczéma de la face est particulièrement tenace chez Lise. L’eczéma périnéal a été le point de départ de la manie urinaire de Vor (ï37).
Enfin il faut signaler les troubles secrétoires, la sécheresse de la peau est un phénomène banal qui s’aggrave pendant les mauvaises périodes de la maladie mentale. La sécheresse du nez, l’absence des larmes s’observent fréquemment. Beaucoup d’agoraphobes, comme R..., se plaignent « que leur nez
est sec, comme durci en dedans » soit d’un seul côté, soit des deux.
Par opposition il y a des crises de sécrétions exagérées, dans la photophobie de Bry..., il y a oedème des paupières, larmoiement invraisemblable « à tremper quarante mouchoirs » eu