‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 203 sur 352 · De Fleury, op, cil., 20a · texte numérisé non relu

De Fleury, op, cil., 20a

Wo LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

plus ou moins longue, quand sc développent lus grands accidents mentaux. Dans un cas curieux cet arrêt des régies su, -venu a ,3 ans chez Mx a été définitif. U malade a maintenant «O ans et les menstrues n’ont jamais reparu. Chez les malades qu, ont conservé les menstruations, l’époque des régies est d ord.ua, re caractérisée par un redoublement de tous les troubles C est ce qu’on observe chez Claire, chez Ger..., chez chez l.,,d..„

etc. Quelques malades comme Lise ne sont aucunement unpressionnées par leurs menstrues. Par exception quelques sujet sont mieux il ce moment comme pendant la grossesse. Ces derniers phénomènes seront étudiés avec plus d intérêt au moment ou nous examinerons l’évolution de la maladie et les phénomènes qui influent sur son cours.

L’INCOMPLÉTUDE MORALE

QUATRIÈME SECTION

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE l’ÉTAT PSYCHASTHÉNIQUE

Je voudrais comme dans les chapitres précédents dégager les caractères généraux de ces divers troubles psychologiques et physiologiques dont l’ensemble constitue Y état psychasthénique . Je ne cherche pas encore à les interpréter mais simplement aies résumer.

i. — L’incomplétude morale.

Les troubles psychologiques se présentent en majeure partie sous la forme de sentiments qu’éprouvent les malades et qu’ils décrivent avec un grand luxe de comparaisons et de métaphores.

Ces sentiments peuvent être résumés par le tableau suivant:

LES SENTIMENTS d’iNCOMPLÉTL'DE

Sentiments d’incomplétude dans l’ac lion

I Sentiment de difficulté,

— d’inutilité do l’action,

— d’incapacité,

— d’indécision,

— de gène, d’automatisme,

— de domination,

— de mécontentement,

— d’humilité, do honte,

— d’intimidation,

\ — de révolte.

LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

1 Sentiment «le difficulté, d’insuffisance, d’instabilité,

de perception incomplète, de nuage, d’étrange, de jamais vu, de dédoublement, de désorientation, d’isolement,

de fausse reconnaissance, de déjà-vu, de pressentiment, de l’irréel, de l’imaginaire, du rêve,

de disparition du temps, d’inintelligence, d’obscurité, de doute.

Sentiment d’indifférence, d’ennui, d’inquiétude, du besoin d’excitation, de l’ambition.

( Sentiment d’étrangeté du moi.

Sentiments d’incomplétude dans lal — de dédoublement,

perception personnelle j — de dépersonnalisation,

f — de mort.

Si on essaye de retrouver et d’exprimer ce qu'il y a de commun dans tous les sentiments on arrive d’abord à cette notion de 1 inacchèvement, de l’incomplet que les malades expriment de mille façons à propos de tous ces sentiments divers: « le pire de tout, dit Lise, c’est que je n’arrive au bout, au fond de rien, c est une soi te de vertige dès que je dois arriver au bout de quelque chose ».

J’ai désigné ce fait remarquable par le mot sentiment d incomplétude. Les psychasthéniques sont caractérisés par un sentiment plus ou moins général, plus ou moins profond, plus ou moins permanent d’incomplétude psychologique.

Il était dès lors très important de se rendre compte de la valeur, de l’importance de ce sentiment. Une première question se posait : j ce sentiment d’incomplétude est-il faux ou est-il juste? Est-ce une $ idée fausse, une obsession, une manie mentale, ou correspond-il a des caractères réels des opérations psychologiques elles-mêmes ? I Le problème paraît très simple, il est en réalité extrêmement difficile. Des malades intelligents, comme Lise, se le sont posé à euxmêmes et ne sont pas parvenus il répondre d une manière nette. ^

Sentiments d’incomplétude dans les' émotions

Sentiments d’incomplélude dans les^ operations intellectuelles. .

L’INCOMPLÈTUDE MORALE 439

Evidemment il y a de nombreux cas où ce sentiment est devenu exagéré et ridicule. Quand Vor... retourne cinquante fois de suite aux cabinets parce qu’elle a le sentiment d’avoir uriné insuffisamment, il est clair que c’est absurde. Un acte comme celui-là nous semble consister simplement à vider la vessie et ne demande rien de plus, or elle l’a vidée suffisamment puisque la première fois elle a uriné un demi-litre, par conséquent nous pensons qu’elle délire en sentant que l’acte d’uriner est incomplet.

Dans d’autre cas, il est clair aussi que si l’acte est imparfait, c’est le malade qui l’a rendu tel, précisément en le perfectionnant. Certainement Rai... respire d’une manière mauvaise, en crachant et en rotant de tous les côtés ; une pareille respiration est très défectueuse. Mais elle est devenue irrégulière à cause

des procédés employés par le malade et ces procédés ne sont survenus que parce que le malade la jugeait déjà imparfaite. Il est donc probable que cette respiration n’était pas mauvaise au début, en tous cas elle l’était beaucoup moins qu’aujourd’hui.

Mais ces cas exagérés ne résolvent pas le problème. De ce que le malade se trompe évidemment maintenant, il ne s’ensuit pas qu’il ait toujours eu tort. Ne se pourrait-il pas qu’il ait généralisé à tort et à travers, qu’il ait appliqué à un acte insignifiant un sentiment déterminé par une imperfection psychologique réelle? J’avoue que, malgré la difficulté, c’est vers cette opinion que je tendrais et pour moi le problème des scrupuleux consiste à trouver quelle est cette imperfection psychologique qui, comme une épine, les tourmente perpétuellement, qui détermine leurs exagérations et leurs divagations. Ce qui m’incline vers cette opinion, c’est que j’ai retrouvé des sentiments d’incomplétude chez beaucoup de sujets qui n’avaient pas d’obsessions d’humilité ou d’auto-accusation, qui constataient ces sentiments d’une façon très modérée sans y attacher d'importance, sans les transformer en manies ou en obsessions.

La seconde raison de cette opinion, c’est que l’on peut observer chez ces malades un certain nombre de troubles psychologiques réels et indépendants de leur propre appréciation. Tous les auteurs ont constaté chez les obsédés elles phobiques des arrêts ou des retards dans le développement des diverses facultés et surtout un développement inégal, un manque d’harmonie et d’équilibre entre ces facultés. « Ces individus, disait M. Séglas, sont moralement des êtres partiels, incomplets, déséquilibrés, ils

LES STIGMATES l'SYCIIASTHEMQDES

peuvent avoir une mémoire prodigieuse, mais ils ne peuvent arriver ;i fixer leur attention. Mobiles et distraits, leur instabilité mentale est parfois extrême. En même temps ils sont abouliques, apathiques avec des accès de grande excitation et des emballements inexplicables : ce sont des originaux, des excentriques, des rêveurs, d’imagination déréglée à tendances romanesques. Enfin ce sont des émotifs, des timides, sensibles à l’excès, impressionnables et susceptibles, égoïstes et orgueilleux 1 ». J'ai essayé de préciser ces remarques bien souvent faites et d’énumérer, en outre des agitations décrites dans le chapitre précédent, les insulfisances psychologiques que présentent le plus régulièrement les psychasthéniques.

Ces insuffisances peuvent être résumées par le tableau suivant:

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