‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 208 sur 352 · THÉORIES PAT IIOGÉNIQUES LES MODIFICATIONS DE LA TENSION PSYCHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

THÉORIES PAT IIOGÉNIQUES LES MODIFICATIONS DE LA TENSION PSYCHOLOGIQUE

Dans l’ignorance oui nous sommes des fonctions essentielles du système nerveux et des causes qui déterminent l’augmentation ou la diminution des opérations cérébrales, les théories pathogéniques des troubles de l’esprit ne peuvent guère être que des classifications aussi naturelles que possible des symptômes observés. Elles doivent se borner h déterminer quel est le groupe de symptômes que l’on considère comme principal et auquel on essaye de rattacher tous les autres et quels sont au contraire les symptômes que l’on considère comme secondaires et que l’on met sous la dépendance des premiers. Comme les symptômes sont ici essentiellement des phénomènes psychologiques, les théories ont pour but de rechercher quels sont, à nos yeux, les phénomènes psychologiques dominateurs et quels sont les phénomènes psychologiques secondaires.

A côté de ces théories qui classent les symptômes les uns par rapport aux autres, il faut placer d’autres théories plus générales qui cherchent les rapports entre cette maladie de 1 obsession et les autres maladies mentales ou même physiques. Ce sont encore des classifications qui établissent les rapports de cette maladie avec les autres. Il ne faut pas confondre ces deux genres de théories : la théorie de Westphal qui rattache tous les symptômes à l’obsession intellectuelle est une théorie psychologique du premier genre, la théorie de M. Magnan qui considère tous ces phénomènes sans exception comme des stigmates de dégénérescence mentale est une théorie médicale du second genre; il ne faudrait pas non plus opposer ces deux théories l’une à l’autre, elles peuvent être vraies ensemble, car elles

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répondent à deux questions différentes. Nous nous occuperons d’abord des premières théories qui essayent d’arriver à une interprétation psychologique, c’est-à-dire à une classification naturelle des symptômes les uns par rapport aux autres et nous réserverons pour les chapitres suivants les études relatives à 1 étiologie et a la classification de la maladie par rapport aux autres névroses.

Ces symptômes, dans l’analyse que nous en avons faite, nous ont paru se répartir en trois groupes d’après leurs analogies :

]° Le groupe constitué par les obsessions proprement dites, c’est-à-dire par des idées contenant une représentation assez nette, ayant pour objet déterminé une conception générale et envahissant la conscience des sujets d’une manière excessive et involontaire. Ces obsessions avaient des caractères spéciaux dont le principal était un défaut de conclusion, d’achèvement, ces idées ne parvenant jamais, ni à l’action, ni à l’hallucination, ni à la certitude.

2° Un groupe très varié de processus, c’est-à-dire d’opérations psychologiques s’effectuant d’une manière plus ou moins irrésistible dans l’esprit des sujets. Ces opérations étaient des mouvements diffus ou systématisés sous forme de tics, des émotions angoissantes, des ruminations mentales, c’est-à-dire des opérations intellectuelles, interminables qui ne formulaient pas des idées précises, mais qui se répétaient indéfiniment sans arriver à des conclusions. Ces diverses opérations excessives, inutiles et d’ordre inférieur constituaient les agitations forcées.

3° Des insuffisances psychologiques, c’est-à-dire des troubles de certaines opérations psychologiques qui ne s’effectuaient plus comme à l’état normal; ces troubles consistaient d’abord en sentiments pathologiques d’irréalité, d’impuissance, d incomplétude, puis en altérations réelles des fonctions qui étaient surtout des phénomènes d’aboulie et d’aprosexie.

Le problème de l’interprétation psychologique de cette maladie consiste à savoir lequel de ces trois groupes doit être considéré comme le plus important et comme le point de départ des deux autres. Il en résulte qu’il y aura théoriquement trois groupes de théories principales suivant que l’on prendra pour point de départ l’on de ces groupes ou l'un des phénomènes appartenant à tel ou tel de ces groupes.

On aura ainsi des théories intellectuelles qui mettront au premier rang l’obsession proprement dite ou l’idée qui tourmente le sujet.

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