LE SEXE ET L’AGE
Mais il est certain aussi que dans l’enfance et l’extrême jeunesse les cas que l’on présente au médecin sont fort rares, de même à partir de 5o ans on note dans les deux tableaux une décroissance très rapide. Les cas d’obsession dans l’enfance ou dans la vieillesse sont toujours signalés comme des raretés cliniques La période la plus favorable au développement de cette maladie semble être entre 20 et 00 ans, c’est-à-dire dans l’âge adulte. Enfin par une coïncidence qui ne peut pas être fortuite, les deux tableaux nous montrent le maximum au même âge entre 26 et 3o ans, il semble bien que ce soit là la période la plus active de la maladie si on veut bien admettre que la gravité de la maladie est en rapport avec 1 activité que mettent les malades a rechercher les soins du médecin.
Une statistique qui serait beaucoup plus intéressante nousdonncrait non plus I age où les malades se présentent chez le médecin, mais I age où la maladie a débuté ; malheureusement celte statistique est presque impossible à établir. La maladie des obsessions procède souvent par rechutes successives séparées par des périodes d’amélioration relative. Les malades sont trop portés à donner comme le début de leur maladie la date du début de leur dernière rechute grave et laissent de côté la date du début véritable quelquefois très éloignée. Par exemple Vor..., femme de 58 ans, vous dira volontiers que sa maladie actuelle, le scrupule urinaire, a commencé il y a deux ans ; ce 11’est qu’incidcmment qu’elle raconte avoir été soignée par Charcot à l’âge de 18 ans, pour une crainte bizarre de dire des mensonges en confession. Elle est toute surprise quand on lui fait reconnaître que c’est toujours la même maladie. On commet ainsi, en prenant la date d’une rechute pour la date du début, de grossières erreurs.
Ma is une deuxième difficulté est plus grave encore ; qu’est-ce qu’on appelle le début véritable d’une maladie semblable ? Est-ce le début de l’obsession proprement dite ? Mais il peut y avoir auparavant des crises de rumination, des phobies, des tics qui sont, comme on l’a vu, la préparation de l’obsession ; admettra-
1. II. Berger, Obsession et impulsion chez un enfant de io ans. Arch. f. Psychiatrie, XVIII, 3, 1890. .1. Séglas, Neurasthénie tardive avec idées obsédantes et folie du doute chez un homme de 5G ans. Société médico-psych., aü mai 1891.
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t-on ccs crises comme début '/ Mais il y a auparavant des sentiments pathologiques d’irréel, des inquiétudes, des aboulies qui sont ii notre avis la maladie elle-même. Or, ces phénomènes ont pu commencer des années avant l’éclosion de l’obsession. Choisir la date entre ces deux extrêmes est tout a lait arbitiaiie.
11 en résulte une conséquence singulière : plus l'observation d’un malade est étudiée, plus on reconnaît que les troubles sont anciens et plus on est disposé à prendre comme date du début un âge très jeune, plus l’observation est sommaire, plus on accepte d’après les dires du malade un âge avancé. Il résulte de ces difficultés qu’une statistique de l'âge du début est presque impossible ou du moins qu'il faut la considérer comme une indication vague sans pouvoir y attacher une grande précision.
MM. Pitres et Régis ont essayé une statistique de ce genre dont voici les résultats 1 :