La forme rémittente
Nous arrivons à la forme rémittente dans laquelle les oscillations existent encore, rapides, lentes ou très espacées comme dans la forme précédente, mais dans laquelle ces oscillations restent petites, relèvent un peu l’état du malade, mais ne le relèvent jamais au niveau normal ‘. Si on était sévère dans l’examen des
1. Legrand du Saulle n entendait, pas le mot « rémission » dans ce sens : pour
LA MARCHE DE LA MALADIE
sujets cl si on voulait examiner à fond leur état prétendu normal, entre les paroxysmes, je crois bien que presque tous se rattacheraient à cette dernière forme. M. J. Falret soutenait que l’obsession ne disparaissait jamais complètement, cela est plus juste qu'on ne le pense généralement. Dans tous les cas, il reste toujours quelque chose de l’aboulie, de l’insuffisance psychologique qui a déterminé la première obession et qui amènera la rechute.
Quoi qu il en soit il y a des malades chez qui ce résidu est beaucoup plus net et plus visible et qui ne paraissent jamais se rétablir suffisamment. Lise a commencé les insuffisances psychologiques vers 1 âge de six ou sept ans, à douze ans, elle avait les grandes ruminations sur les confessions et les interrogations sur la vocation religieuse, sans aucune interruption elle arrive a quinze ans aux doutes sur la religion et à dix-huit ans aux impulsions sacrilèges et aux formules de conjurations. C’est à ce moment que la lamille s’aperçoit de la maladie, car on la surprend à parler seule ; il y a une légère rémission causée par les émotions du mariage vers vingt-trois ans, puis le délire évolue avec les interrogations sur le moyen de sauver l’âme du mari, et les pactes avec le diable ; à vingt-six ans, elle rumine sur les religions dualistes et sur la puissance du démon. Depuis cinq ans la lutte contre la maladie a simplement enrayé le mouvement ascensionnel et ramené pendant de longues périodes les obsessions « à l état implicite ».
Jean était probablement depuis l’enfance un insuffisant psychologique : il prend des habitudes de masturbation à i4 ans, ces habitudes provoquent à l’âge de i5 ans une grande terreur avec chute du niveau mental, qui depuis ce moment jusqu’à l’âge de ’i'j. ans ne s’est jamais relevé. 11 a passé par une série d’obsessions étranges dont nous avons souvent parlé, il a eu pendant cinq ans des algies et des phobies relatives au pénis et au gland, il n’a jamais eu en somme que de légères rémissions.
Gisèle est malade depuis l’âge de i'j ans ; mais, quoiqu’elle n’ait
lui la rémission était un intervalle de santé morale « do meilleur aloi et plus durable que l’intermission. » (Folie du doute, p. 48.) MM. Pitres et Régis admettent (pic dans la variété rémittente « la maladie se traduit par des paroxysmes plus ou moins rapprochés entre lesquels il reste des symptômes encore très sensibles d’émotivité obsédante. » (Op. cil., p. 26 et 80.) Le second sons du mot me parait lo plus naturel.