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L’aliénation

Au point de vue mental, les obsessions semblent ne pas com-

LES COMPLICATIONS

promettre la raison et nous verrons en étudiant les terminaisons de la maladie normale qu’elle n’aboutit pas d’ordinaire à une véritable démence. On en a souvent conclu un peu vite que la maladie des obsessions n’expose pas le sujet à la folie proprement dite.

MM. Pitres et Régis, après avoir rapporté ces opinions remarquent quelles ont été souvent contredites el dans leur rapport, énumèrent un grand nombre d’auteurs étrangers et français qui ont rapporté des cas d’obsessions aboutissant à un délire bien caractérisé, Meynert, Schàfcr, Wille, Emminghaus, Kraepelin, Wernicke, Tuczeck, Morselli, Friedmann, Mickle, Séglas. Ils citent six de leurs malades qui ont présenté des formes de psychose avérée et onze qui sont tombés dans un état intermédiaire entre l’obsession et la folie proprement dite. « Ce bilan, concluent-ils, nous semble assez significatif et nous pouvons en conclure que dans certains cas l’obsession vraie peut verser dans l’aliénation mentale. »

Je partage tout à lait sur ce point l’opinion de ces auteurs : sur mes 3oo observations, je connais 20 malades qui ont versé soit dans l’aliénation mentale proprement dite, soit dans des états très approchants. J’ai même le sentiment que ce chiffre est. tout à fait insulfisant, car beaucoup de ces malades n’ont pas été suivis suffisamment et, s’ils sont tombés dans le délire, ils ont été conduits dans d’autres services. Il ne faut pas être surpris de ce résultat, l’obsession est le signe d’un trouble mental grave. Pourquoi des cerveaux capables de présenter ce premier trouble n’en auraient-ils pas d’autres plus considérables ? Pourquoi l’abaissement de la tension qui fait perdre à nos malades les fonctions supérieures du réel ne pourrait-il pas s’aggraver et troubler des fonctions pins élémentaires. Je suis, au contraire, pour ma part assez surpris de ce petit nombre d’aliénés, il faut que le trouble psychasthénique soit en général bien léger pour qu’il 11’aboutisse pas plus vite et plus souvent à des délires.

Les formes d’aliénation dans lesquelles versent les obsédés sont d’ordinaire rattachées à la mélancolie anxieuse 1 vers laquelle se dirigent ceux qui ont des symptômes surtout émotionnels, des phobies et aux états paranoïaques, aux délires systématisés, particulièrement au délire de persécution vers lequel se dirigeraient,

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