L’ORSESSION ET L’IMPULSION DE LA HONTE DU CORPS
Il est évident que la fonction qui sera le plus facilement atteinte par le scrupule c’est la fonction génitale : j’en ai déjà parlé à propos des idées criminelles. Dans certains cas l’obsession ne portera pas précisément sur la tentation de la masturbation ou l’idée des crimes génitaux, mais sur la honte des parties génitales. L’observation de Vg... que j'ai déjà publiée est tout à fait caractéristique1. À la suite de méditations sur l’adultère il est obsédé par la pensée de ses propres organes; il y ressent des douleurs étranges, il en arrive à penser constamment que ses organes génitaux sont appendus à son corps comme un corps étranger et ne lui appartiennent pas. Voici une autre observation toute comparable. Wyb... (i64), un jeune homme de 22 ans, a commencé par toutes sortes de scrupules religieux, puis il a éprouvé des remords terribles à propos de quelques masturbations. La peur de toucher ses parties lui faisait tenir les mains derrière le dos, dans des positions grotesques. Il est obsédé par l’odeur de ses parties et croit que tout le monde la sent, il se ligure que ses organes par leur grosseur ou leur forme ont quelque chose d’extraordinaire qui 11’existe pas chez les autres.
A cette honte des organes génitaux, il faut naturellement rattacher le mécontentement relatif à leur fonction; le scrupule est l’origine de bien des prétendues impuissances. Qui ne connaît ces jeunes mariés tout honteux de leur sort, qui ne peuvent arriver à accomplir l’acte conjugal et qui sont poursuivis à ce sujet par une obsession de honte et de désespoir? Nous assistions l’année dernière à une scène tragi-comique bien curieuse quand un beaupère courroucé traînait à la Salpétrière son gendre humble et résigné. Le beau-père demandait une attestation médicale qui lui permit de demander le divorce. Le pauvre garçon expliquait qu’autrefois il avait été suffisant, mais que depuis son mariage un sentiment de honte et de gêne avait tout rendu impossible. Nous eûmes bien de la peine à faire comprendre au beau-père combien son intervention était inutile et fâcheuse. Ces cas sont très nombreux: on les rattache souvent à diverses névroses, quand il n’arrive pas, pour le plus grand malheur des patients, qu’on leur parle de maladies de la moelle épinière.
Cette honte des parties génitales prend assez souvent une autre forme qu’il faut signaler. Deb..., femme de 44 ans, est depuis sa