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Les tics de défense

Dans d’autres cas, le phénomène mental qui accompagne le tic est un peu différent, le malade se sent poussé à accomplir le mouvement, non pour faire mieux quelque chose, mais pour réparer, pour compenser quelque chose de fâcheux, pour se défendre contre une influence nuisible.

M. Meige a rapporté un beau cas de ce genre. Son malade pour arrêter un tic de l’épaule gauche, éprouve le besoin de saisir le bras malade avec la main droite. Bientôt la main droite présente aussi un tic celui de serrer, tirailler, tortiller de toute manière le bras récalcitrant, et finit par déterminer des lésions. Cette bataille absurde des deux mains était pour le malade un besoin extrême et obsédant1.

« Le sourire obsédant » dont parle Bechterew est plutôt un tic du sourire chez un honteux de son corps. Le malade, très timide et très honteux, a imaginé de sourire quand on le regarde, c’est une formule de conjuration. Ce sourire se représente malgré lui, ou plutôt il se croit forcé de sourire dès que quelqu’un a les yeux fixés sur lui ou simplement dès qu’il pense que quelqu’un peut le voir 2.

Un malade de MM. Pitres et Régis a des manies mentales de conjuration « pousse cette pierre du pied deux fois et il ne t’arrivera rien » se dit-il sans cesse. « Les actes deviennent à la longue automatiques, disent les auteurs, mais pendant longtemps ils ont été précédés par une idée3. »

1. Meige, Histoire d’un tiqueur. Journal de médecine et de chirurgie pratiques, a5 août 1901.

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