Les crises de marche et les crises de parole
J’hésite à rattacher à des tics ordinaires des phénomènes de mouvement plus complexes et surtout plus prolongés que l’on rencontre souvent chez les mêmes malades dans les mêmes circonstances. Ces malades sont troublés il propos d’un acte ou d’une idée et, au lieu de se livrer à des récriminations mentales, ds éprouvent le besoin plus ou moins irrésistible de marcher.
Leur énervement ne se calme que lorsqu’ils ont marché très longtemps sans se livrer à aucune violence. Nous avons vu que Cha.., a des manies de recherche et d’interrogation : il a rencontré une personne qu’il a eu le malheur de regarder avec attention, immédiatement il se demande à qui cette personne ressemble, quel est le nom et l’adresse de cette personne qui lui ressemble; il faut qu’il recherche indéfiniment ces ressemblances et ses adressés. Cette recherche, si elle n’aboutit pas tout de suite, se transforme en une agitation qui le force a marcher de long en large dans sa chambre, il va tourner comme un animal en cage pendant une nuit entière et le calme ne reviendra que quand il tombera épuisé de fatigue. Car..., une femme de 28 ans, arrête aussi l’angoisse déterminée par l’idée de la lolic en marchant indéfiniment. Cr... (io4), homme de 44 ans, est bouleversé par la moindre émotion et aussitôt il faut qu’il sorte de chez lui
et qu’il fasse des courses énormes.
Un malade de M. Souques se rapproche de ceux-ci : après des crises de dipsomanie ou à la place de ces crises, il éprouve le besoin de marcher pendant plusieurs jours et rentre épuisé '. 11 en est de même dans un cas de M. Magnan. Ce sujet interrompt ses tics par de grands mouvements et par de grandes marches-.
Ic..., âgé de 18 ans, présente tout à fait les mêmes symptômes, c’est un scrupuleux, timide, mécontent de ce qu’il lait. Il se inet à sa table de travail avec l’intention de faire un travail meilleur que les autres, il essaye d’v mettre toute son attention. Mais cet
1 . Souques, Impulsions dipsomaniaques prolongées sous forme ambulatoire. Ai ch.
de neurologie, 1892, II, 61.